Palestine 36 : La critique
PALESTINE 36
– Date de sortie : 14/01/2026
– Titre original : Palestine 36
– Durée du film : 1 h 59
– Réalisateur : Annemarie Jacir
– Scénariste : Annemarie Jacir
– Interprètes : Hiam Abbass, Kamel El Basha, Yasmine Al Massri, Karim Daoud Anaya, Yafa Bakri, Ward Helou, Dhafer L’Abidine, Billy Howle, Jalal Altawil, Robert Aramayo, Saleh Bakri, Liam Cunningham, Jeremy Irons
LA CRITIQUE
Palestine 36 est un très bon film palestinien revenant sur la révolte qui s’est déroulée en 1936 dans le pays.
Le scénario de la réalisatrice Annemarie Jacir s’inspire de la réalité pour proposer une histoire collégiale permettant de découvrir un événement important étant passé dans le pays en 1936, qui a vu la sanglante répression d’un peuple ayant la volonté d’obtenir son propre pays.
En effet, suite à la chute de l’Empire ottoman après la Première Guerre mondiale, le pays est passé sous mandat britannique, qu’ils ont administré pendant des années. Toutefois, l’arrivée d’Israéliens voulant retourner sur la terre de leurs ancêtres et la décision d’une commission anglaise actant qu’une partie du pays devait leur revenir, ont poussé les habitants locaux à se soulever.
Le film d’Annemarie Jacir possède une grande puissance. Il intègre régulièrement des images d’archives de l’époque, qui ont été colorisés, permettant de découvrir l’atmosphère des années 30 et les événements qui y ont eu lieu. Tandis que l’œuvre se déroule en grande partie dans les campagnes, où de nombreux villages ont été cibles d’exactions anglaises, et où les paysans se sont aussi soulevés contre l’obligation de donner une partie de leurs terres aux nouveaux venus.
Karim Daoud Anaya est formidable en jeune homme voulant se battre pour son village et son pays. Yafa Bakri est très bonne en habitante de celui-ci, dont la mère est formidablement incarnée par Hiam Abbass. Billy Howle est impeccable en jeune homme anglais prenant cause pour la Palestine. Yasmine Al Massri et Dhafer L’Abidine sont très intéressants en couple travaillant dans le milieu journalistique. Robert Aramayo est superbe en capitaine anglais n’ayant aucune pitié. Et Ward Helou est remarquable en jeune villageois voyant son monde disparaître autour de lui.
L’œuvre a mis trois ans avant de pouvoir être filmée, les événements du 7 novembre, et le conflit qui a suivi, ayant empêché le tournage sur le sol palestinien. Ce sont d’ailleurs principalement des comédiens, et une équipe technique palestinienne, qui ont œuvré sur ce long métrage minutieusement documenté.
Le soin porté aux décors par Nael Kanj et aux costumes par Hamada Atallah est formidable. En effet, il a fallu entièrement reconstituer les années 30, notamment les véhicules d’époque qui ont bien évolués depuis. Le village, qui a aussi une grande importance, a été l’objet d’un très beau travail, tout comme les cultures environnantes de l’époque, qui ont dû être replantées, car elles ont évolué ces dernières décennies.
Tandis que la très belle photographie de Sarah Blum, Tim Fleming et Hélène Louvart donne vraiment l’impression de se retrouver plongé au siècle précédent et de voir une terrible histoire de révolte réprimée qui mérite vraiment d’être redécouverte aujourd’hui.
La musique de Ben Frost est aussi fort belle et agrémente bien les images montrées. Il faut d’ailleurs rester pendant le générique final pour assister à une ultime scène. Tandis que celui-ci s’achève sur une chanson traditionnelle palestinienne de toute beauté interprétée a capella par Aya Khalaf.
Palestine 36 est un très bon film donnant l’occasion de se plonger dans une occupation occidentale du début du XXe siècle qui a toujours un impact considérable aujourd’hui. Avec son histoire permettant de voir un conflit avec des angles différents grâce à des personnages variés, une très belle réalisation, une utilisation remarquable des images d’archives et une interprétation solide, l’œuvre est vraiment à voir pour comprendre beaucoup de choses aujourd’hui et découvrir la manière dont un peuple a essayé, en vain, de gagner sa liberté, dans les années 30.
Puissant et passionnant.
SYNOPSIS
Palestine, 1936. La grande révolte arabe, destinée à faire émerger un État indépendant, se prépare alors que le territoire est sous mandat britannique.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Photographie : Sarah Blum, Tim Fleming, Hélène Louvart
– Montage : Tania Reddin
– Musique : Ben Frost
– Costumes : Hamada Atallah
– Décors : Nael Kanj
– Producteur : Ossama Bawardi pour Philistine Films, BBC Film, BFI Films, Cocoon Films, Doha Film Institute, Film i Väst
– Distributeur : Haut et Court
LIENS
– SITE OFFICIEL
– ALLOCINÉ
– IMDB
GALERIE PHOTOS
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.
















