Le Maître du Kabuki : La critique
LE MAÎTRE DU KABUKI
– Date de sortie : 24/12/2025
– Titre original : Kokuho
– Durée du film : 2 h 54
– Réalisateur : Sang-il Lee
– Scénariste : Satoko Okudera d’après l’œuvre de Shuischi Yoshida
– Interprètes : Ryô Yoshizawa, Ryusei Yokohama, Ken Watanabe, Soya Kurokawa, Keitatsu Koshiyama, Mitsuki Takahata, Nana Mori, Shinobu Terajima, Min Tanaka
LA CRITIQUE
Le Maître du Kabuki est une somptueuse fresque cinématographique qui est le plus gros succès japonais d’un film japonais tourné en images réelles.
Le scénario de Satoko Okudera raconte, sur plusieurs décennies, l’histoire du fils d’un Yakuza qui devient l’apprenti d’un grand comédien de Kabuki, une forme de théâtre japonais, dans laquelle tous les personnages, y compris les femmes, sont interprétés par des hommes.
Le réalisateur Sang-il Lee adapte l’œuvre de Shuischi Yoshida, après s’y être intéressé pendant de nombreuses années et s’être beaucoup documenté sur le Kabuki.
On va découvrir la formation du personnage principal, et voir ses haut et ses bas, ainsi que ses relations, parfois tumultueuses avec le fils de son mentor, lui aussi comédien, dans un milieu où le sang a parfois plus d’importance que le talent.
Le film de Sang-il Lee est magnifique visuellement et extrêmement impressionnant narrativement. À travers ce théâtre bien particulier, sponsorisé par de riches mécènes, il retrace aussi l’évolution du Japon sur pratiquement 50 ans.
Il offre aussi des personnages particulièrement intéressants et brillamment interprétés dont les relations sont au cœur du récit et offrent à celui-ci des rebondissements, des retournements de situation, des trahisons et des retrouvailles remarquables.
Ryô Yoshizawa est époustouflant en jeune homme voulant devenir le meilleur comédien de Kabuki du Japon et entrer dans l’histoire en tant que trésor national vivant, Kokuho, qui donne au long métrage son titre original. C’est le comédien lui-même qui interprète tous les passages dansés et chantés et il est absolument brillant dans ce domaine. Il est d’ailleurs tellement à l’aise, qu’il pourrait bien se reconvertir et monter sur les planches.
Ryusei Yokohama est extraordinaire en fils de son mentor qui est à la fois son meilleur ami et son pire ennemi. Le comédien interprète lui aussi ses différentes partitions sur scène et il est tout autant fascinant. Les deux acteurs offrent des numéros incroyables, qui donnent une très grande envie d’assister à de véritables pièces de Kabuki.
D’ailleurs, la mise en scène de ces moments est magnifique et un petit rappel indiquant de quoi parle la pièce que l’on regarde est toujours indiquée avant de voir les morceaux les plus emblématiques de cette dernière.
Le travail fait sur les décors par Yohei Taneda et sur les costumes par Kumiko Ogawa est remarquable. On a vraiment l’impression de se plonger au cœur de cet art théâtral où tout est millimétré et codifié et où un travail acharné permet d’interpréter les plus grands rôles.
Ken Watanabe est magnifique en grand acteur célèbre qui s’occupe des deux jeunes gens, voulant faire d’eux les meilleurs en ce domaine. Shinobu Terajima est superbe en épouse de celui-ci s’occupant de toute la logistique. Mitsuki Takahata est très sympathique en petite-amie du personnage principal. Et le grand artiste Min Tanaka est impressionnant en trésor vivant, comédien d’exception interprétant les plus grands rôles.
L’impressionnante photographie de Sofian El Fani capte aussi bien les déambulations des protagonistes au cœur d’un Japon qui change au fil des ans, que sur scène où ces derniers offrent des moments sortant parfois du temps.
Une grande poésie imprègne d’ailleurs le récit, le rendant intemporel et montrant d’une manière remarquable la passion et le dévouement à leur art d’artistes investis. Tout en n’oubliant jamais les défauts et les qualités humaines qui peuvent pousser ces derniers dans leurs derniers retranchements.
En dehors des extraits des différentes pièces, la musique de Marihiko Hara aussi splendide et enjolive parfaitement cette fresque dantesque à la fois intimiste et extravertie qui culmine au cœur de quelques scènes inoubliables, d’une beauté presque éthérée et d’un impact émotionnel immense.
D’autant que le montage de Tsuyoshi Imai est d’une précision redoutable et qu’il accompagne parfaitement les ellipses permettant de retrouver les divers protagonistes à divers moments de leur vie.
Le Maître du Kabuki est une œuvre remarquable et époustouflante qui livre une grande fresque humaine et artistique absolument passionnante à découvrir et magnifique à visionner. Avec son histoire captivante, sa réalisation brillante, son travail sur le visuel splendide et son interprétation époustouflante, que l’on connaisse ou pas cette forme de théâtre japonais, on ne peut que se réjouir devant une telle proposition cinématographique.
Somptueux et flamboyant.
SYNOPSIS
Nagasaki, 1964 - A la mort de son père, chef d’un gang de yakuzas, Kikuo, 14 ans, est confié à un célèbre acteur de kabuki. Aux côtés de Shunsuke, le fils unique de ce dernier, il décide de se consacrer à ce théâtre traditionnel. Durant des décennies, les deux jeunes hommes évoluent côte à côte, de l’école du jeu aux plus belles salles de spectacle, entre scandales et gloire, fraternité et trahisons... L’un des deux deviendra le plus grand maître japonais de l’art du kabuki.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Photographie : Sofian El Fani
– Montage : Tsuyoshi Imai
– Musique : Marihiko Hara
– Costumes : Kumiko Ogawa
– Décors : Yohei Taneda
– Producteurs : Hiroyuki Araki, Minami Ichikawa, Akihito Watanabe, Shinzô Matsuhashi pour Aniplex
– Distributeur : Pyramide Distribution
LIENS
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©SHUICHI YOSHIDA/ASP ©2025 "KOKUHO" Film Partners
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