Ça - Bienvenue à Derry : Analyse complète de la saison 1

Date : 20 / 12 / 2025 à 16h00
Sources :

Unification


ÇA - BIENVENUE À DERRY

- Diffusion : du 27/10 au 15/12/2025
- Plateforme : HBO Max
- Épisodes : 1.01 à 1.08
- Créée par : Andy Muschietti, Barbara Muschietti, Jason Fuchs
- Interprètes : Jovan Adepo, Taylour Paige, Chris Chalk, James Remar, Stephen Rider, Madeleine Stowe, Rudy Mancuso et Bill Skarsgård.

Note préliminaire : Cette analyse complète est conçue pour être lue après visionnage de tous les épisodes de la saison 1 et comporte donc de très nombreux spoilers.
Elle vous fournira beaucoup d’explications sur ce qui s’y passe vraiment, avec un classement par thèmes.

Vous pouvez retrouver les critiques et analyses des épisodes ici :

- Avis critique sans spoilers des 5 premiers épisodes (avec podcast d’ambiance)
- Avis critique sans spoilers 1.01 Pilote
- Analyse critique détaillée avec spoilers 1.01 Pilote
- Avis critique sans spoilers 1.02 La Chose dans le noir
- Analyse critique détaillée avec spoilers 1.02 La Chose dans le noir
- Avis critique sans spoilers 1.03 Viens donc voir ça
- Analyse critique détaillée avec spoilers 1.03 Viens donc voir ça
- Avis critique sans spoilers 1.04 La vaste et tourbillonnante mécanique qui anime notre planète
- Analyse critique détaillée avec spoilers 1.04 La vaste et tourbillonnante mécanique qui anime notre planète
- Avis critique sans spoilers 1.05 29 Neibolt Street
- Analyse critique détaillée avec spoilers 1.05 29 Neibolt Street
- Avis critique sans spoilers 1.06 Au nom du père
- Analyse critique détaillée avec spoilers 1.06 Au nom du père
- Avis critique sans spoilers 1.07 Le Black Spot
- Analyse critique détaillée avec spoilers 1.07 Au nom du père
- Avis critique sans spoilers 1.08 Feu d’hiver FINAL
- Analyse critique détaillée avec spoilers 1.08 Feu d’hiver FINAL

L’ANALYSE COMPLÈTE AVEC SPOILERS

Andy Muschietti et Barbara Muschietti, à qui l’on doit déjà les films Ça et Ça : Chapitre 2, se sont donc associés au scénariste Jason Fuchs (L’Âge de glace 4 : La Dérive des continents, Pan, I Still See You, Argylle, Minecraft - le film) pour nous proposer une série préquelle de ces deux opus, pleine de surprises.
Le public fut au rendez-vous dès le premier épisode puisque celui-ci signa un record d’audience. Seules House of the Dragon et The Last of Us, deux autres séries HBO, ont enregistré une audience supérieure pour leur lancement. Le succès ne se démentit jamais par la suite.

Maintenant que la totalité de la première saison a été diffusée, analysons, à chaud, l’ensemble de ce qu’elle a fait de mieux et de ce qu’elle a moins bien fait.

LE MEILLEUR

Les scènes chocs :

En partant d’une scène particulièrement impressionnante, dans la voiture avec le jeune Matty, la série reproduisait la scène d’entrée du premier film quand Georgie se faisait arracher le bras. Le but est de produire un électrochoc qui scotchera le public et lui fera attendre à tout moment ce qui n’était pas possible dans les films qui adaptaient un roman au déroulement déjà très connu. Encore plus fort, et à la fin de ce même premier épisode, le groupe est totalement décimé, voire déchiqueté, laissant comme seule spectatrice la pauvre Lilly qui commence alors une longue descente aux enfers de la folie. Ainsi, presque toujours dans un même épisode, deux scènes chocs font s’activer la menace grandissante de Pennyswise sur Derry. Citons, dans le désordre, la scène de l’abat-jour en peau humaine, la renaissance sanglante de Ronnie, la poursuite de Lilly dans le labyrinthe mental du supermarché, les yeux parasités de Marge...

Le faux premier groupe d’enfant :

Il faut bien avouer que c’est terriblement bien fait. Même dans l’annonce du casting et des visuels publicitaires, tout portait à croire que le premier groupe d’enfants soutiendrait l’entièreté de la première saison. La façon même où on fouillait leur personnalité par de petites scènes de soutiens narratifs (comme dans la scène de voyeurisme) poussait à cette croyance. Le danger est partout. Le réveil de Lilly après ce qui semble être un rêve, au début du deuxième épisode, nous procure un ascenseur émotionnel en nous faisant croire un instant que rien de tout ça n’est arrivé. Ce genre de détail montre bien à quel point les créateurs savent jouer avec les connaissances (et les attentes) du public.

Les années 60 :

Cela pourrait paraître être un détail, mais l’utilisation des années 60 comme cadre de cette première saison est particulièrement réussit. Outre les décors et les costumes (ah... le look des Pattynettes), c’est surtout les aspects historiques de l’époque (la menace de l’attaque nucléaire soviétique en parallèle à celle de Ça, le projet MK Ultra à travers l’exploitation des pouvoirs d’Hallorann, le racisme encore présent...) qui collent parfaitement au propos général (et cela même si la chronologie des films et de la série est décalée par rapport à celle du roman).

La vie de Stephen King :

Dans toutes les œuvres de l’auteur, sa vie personnelle transparaît par des anecdotes de son enfance, des ambiances, ou de ses lubies.
La série, pour lui faire honneur, utilise le même procédé. On y voit les harceleurs à l’école, les violences familiales, les cinémas de centre-ville, les vieux ponts mal entretenus, les friches (le même endroit que dans les films, qui mène aux égouts), et les bibliothèques (un lieu de savoir pour fuir la médiocrité). Les "petites pilules du bonheur", ces drogues dont il fera tant usage, sont aussi mises en avant.

Les allusions à Maturin :

Dans les adaptations du roman, personne n’a vraiment su quoi faire du personnage de Maturin, que l’auteur Stephen King semble avoir placé là lors de ces fameux moments de délires dûs à sa dépendance aux drogues médicamenteuses. Issu de la cosmologie que l’on retrouve essentiellement dans La Tour Sombre, Maturin serait un défenseur, "frère" opposé à Ça, qui prend la forme d’une tortue. Dans le téléfilm, la seule allusion demeure dans le surnom que donne Bill à Bev. Dans la scène de la baignade du film Ça, les enfants effleurent du pied une tortue. Dans le temps long alloué par la série, il apparaît plusieurs fois sous forme de clin d’œil, sur le bracelet de Lilly (la figurine lui a été offerte par Matty), dans le personnage qui promeut le programme Duck and Cover, et dans le fait, plus prononcé, que les piliers qui constituent la cage de Pennywise sont enfermés dans des carapaces de tortues (appuyant sur la plus grande connaissance des Indiens des légendes locales, voir du monde des esprits). Vu la tournure mystique de la série (à travers les visions d’Hallorann essentiellement), il ne serait pas étonnant de voir la créature en personne dans une des deux prochaines saisons.

L’origine de Ça :

On savait déjà, dès le roman, l’origine extra-terrestre de Ça, arrivé sur notre bonne vieille planète, dans un vaisseau qui s’écrase comme une comète, près de Derry. Il est en fait banni du Macroverse, un plan créé par Gan, le "père" de Ça et Maturin à partir duquel ce dernier à "vomi" l’univers que nous connaissons.

La série comble le long moment entre les dernières apparitions sous forme de Pennywise dans ce monde et son arrivée de façon intelligente. Il prend des forces petit à petit et est connu sous différentes formes, comme le galloo par les Indiens, une sorte de Wendigo que l’on pourrait rapprocher de la créature sévissant dans Simetierre. Il est vaincu et enfermé dans la forêt par une cage constituée de 13 piliers (des morceaux de son "vaisseau" sans doute créé spécialement lui aussi pour retenir ses forces en tant que banni. Les saisons à venir devraient expliquer cela un peu plus en détail.

Bob Gray :

Il faut dire que la série est aussi centrée sur l’origine de Pennywise, de l’humain Bob Gray, qui, une fois tué, donne à Ça sa forme préférée, celle du clown. Cela fournit à Bill Skarsgård, l’acteur qui l’incarne aussi, l’occasion d’en présenter une autre version, habilement confondue jusque-là. Dans le roman et dans les films, l’allusion à ce surnom permis d’en développer, dans la série, un biais très intéressant. C’est l’occasion de rebondir sur un ajout des films, la photo et les indications de Mme Kersh.
L’autre ajout étant la modification du Rituel de Chüd, dans le film Ça : Chapitre 2, les créateurs expliquent plutôt bien ces deux éléments dans la série.

Les clins d’œil au cinéma :

Grogan et sa fille représentent la famille des créateurs, les Muschietti, grands dévoreurs de films de cinéma. Quand, à la fin de la saison 1, ils quittent Derry, cela représente leur départ d’Argentine pour les USA, où ils réaliseront et produiront les films Ça, entre autres. Ils ont dissimulé, un peu partout des œuvres qu’ils chérissent. Par exemple, les scènes de fouilles de l’armée américaine sont toujours fortement inspirées par Jurassic Park et Indiana Jones (Les Aventuriers de l’arche perdue plus précisément), à travers des "remakes" des plans de Steven Spielberg, mais aussi des musiques de John Williams. De plus, que ce soit au cinéma ou dans les chambres des enfants, de nombreux posters au mur évoquent l’histoire d’autres films pour rappeler les origines extra-terrestres de Ça. Enfin, particulièrement friands de films d’horreur, ils feront des allusions à Sinners, Get Out, Us, Scream, Let Me in, entre autres.

Les clins d’œil aux autres œuvres de Stephen King :

Si le personnage d’Hallorann est directement emprunté à Shining, de nombreux autres allusions émaillent la série, des passages de Skeleton Crew par exemple. C’est vraiment agréable à suivre pour les connaisseurs.

La montée en puissance :

Beaucoup ne l’ont pas compris au début, car tout le monde attendait vite la créature sous les traits du clown, mais le choix de le montrer d’abord sous d’autres formes était ingénieux pour faire monter la pression de l’horreur. Le rythme de l’horreur permet ainsi d’être toujours soutenu sans user jusqu’à la corde notre bon vieux Pennywise, qui comme un xénomorphe pour Alien, doit rester rare à l’écran pour garder son impact. C’est d’ailleurs ce que permet aussi le personnage de Pervenche, un autre très bon ajout, mais assez mal compris par le spectateur lambda.

La structure en double poupée russe :

Les adeptes de Ça ne pouvaient que l’espérer, mais la structure des saisons qui remonte le temps et donnent des explications à rebours est un élément fondateur et parfaitement bien pensé qui utilise la structure pré écrite des mini-séries dont la finalité est pensée dès le début de l’écriture. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela n’est pas si courant que cela dans le milieu, tant l’assurance de se voir renouveler pour une nouvelle saison est aléatoire. L’aperçu général de "là où l’on va", au mieux, est donc remplacé par une véritable voie qui coulera tout au long de la série, prévue donc sur 3 saisons, remontant les époques de 1962, à 1908, en passant par 1935, en suivant les réveils de Ça tous les 27 ans, jusqu’à Pennywise / Bob Gray. Pour s’en convaincre, il suffit de visionner le générique qui représente l’attaque du gang et l’incendie de l’usine de feux d’artifices, qui constitueront donc les climax des saisons 2 et 3, comme l’attaque du Black Spot celui de la saison 1.

L’autre couche de la narration en poupée russe est constituée des révélations du dernier épisode dont nous parlons plus bas, et constitue la plus grande interrogation jusque-là.

UN PEU MOINS BON

Les plans de l’Armée et L’Opération Precept :

Si le parallèle avec le programme US de recherche psychique MkUltra est intéressant, le plan machiavélique du Général Shaw paraît tiré par les cheveux, voir invraisemblable. On a l’impression que l’on aurait pu totalement s’en passer, et inventer une autre façon d’engager la famille Hanlon dans l’action. Ces passages, sont les plus faibles narrativement.

La première apparition de Pennywise :

L’idée de faire d’un personnage principal une forme dissimulée de Ça vient d’une mouture du scénario du Chapitre 2 qui prévoyait que Mike Hanlon précipite le Club des Ratés dans un piège. C’était une idée géniale qui aurait énormément surpris le spectateur (et changé l’histoire originale, mais de très belle façon). Dans la série, c’est Matty qui tient donc ce rôle, mais le procédé est trop prévisible, au moment même où il sort de la tente. Pour ne pas comprendre immédiatement que la créature se cachait sous ses traits, il aurait fallu laisser plus le doute sur sa mort dans la voiture, en coupant l’attaque finale et l’impact qui précipita sa sucette à travers la vitre du véhicule.
C’est un manqué importé, qui aurait pu apporter beaucoup au moment tant attendu, la première apparition du clown cabriolant dans la série.

Episme final :

Visuellement splendide, le dernier épisode utilise un peu trop les ralentis, et les grosses ficelles pour une finalité que l’on connaît à l’avance, lors de la scène pour sceller le 13ème pilier dans l’arbre. Tant de choses sont habilement montrées dans la série que ce moment épique aurait certainement dû être mieux traité. Il rappelle un peu ce moment vraiment ridicule de la défaite finale de Ça dans le Chapitre 2, montrant que les créateurs de la série et des films ont du mal avec ce moment ultime.

La diffusion lente de la véritable identité des personnages :

Que Leroy et Will soient les pères et grand-père de Mike Hanlon est logique, la chose est même mise en avant dans le synopsis. Comprendre que Teddy est l’oncle de Stan Uris, futur membre du Club des Ratés, que l’un des membres de la famille Bowers est le chef de la Police locale et que le silencieux soldat est en fait Hallorann sont de bonnes surprises, mais quand ces choses s’accumulent avec Marge (future Mme Tozier) et certainement Lilly (future Mme Marsh), cela devient pour le moins étrange, voire insensé. Cette redondance maladroite peut toutefois être expliquée en partie par la révélation finale du but de Ça, agir, à travers le temps, sur les vies des ancêtres de ceux qui sont amenés à le battre. Potentiellement, nous pourrons apprendre plus tard qu’il a poussé Lilly, la mère de Bev au suicide.

AU FINAL

Reste donc une interrogation majeure. L’explication de l’implication de Ça sur plusieurs points du temps est tellement risquée que le concept pourrait tout gâcher.
Tout ceci, nous le découvrirons dans les deux prochaines saisons qui, sans aucun doute, nous proposerons autant de bonnes surprises et de révélations choc.


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