Soundtrack to a Coup d’État : La critique
SOUNDTRACK TO A COUP D’ÉTAT
– Date de sortie : 01/10/2025
– Titre original : Soundtrack to a Coup d’État
– Durée du film : 2 h 30
– Réalisateur : Johan Grimonprez
– Scénaristes : Johan Grimonprez, Pirouz Nemati, Ila Firouzabadi
– Interprètes : Patrice Lumumba, Louis Armstrong, Dizzy Gillespie, Abbey Lincoln, Max Roach, Nina Simone, John Coltrane, Duke Ellington
LA CRITIQUE
Soundtrack to a Coup d’État est un excellent documentaire revenant sur l’histoire de l’indépendance du Congo et l’assassinat de celui qui a joué un rôle majeur dans ce domaine, Patrice Lumumba.
Le film de Johan Grimonprez montre la manière dont les États-Unis, et l’Occident, ont monté un coup d’état qui a déstabilisé ce nouveau pays africain indépendant ayant pour objectif d’aider les autres pays du continent à sortir du colonialisme.
C’est en utilisant des artistes afro-américains célèbres, notamment Louis Armstrong, que les USA ont essayé d’augmenter leur pouvoir au niveau international, tout en désamorce certaines situations liées à la guerre froide qui battait son plein dans les années 60 entre les États-Unis d’Amérique et l’URSS communiste.
Le long métrage est extrêmement documenté, ce qui a dû nécessiter un temps considérable de recherche pour trouver les nombreuses citations qui parsèment l’œuvre et qui proviennent aussi bien de livres, que de rapports et de documents plus ou moins secrets.
De plus, un très grand nombre d’images d’archives illustrent d’une manière chronologique la façon dont la chute d’un gouvernement indépendant du Congo nouvellement libre a été orchestrée.
La bande-annonce est absolument remarquable. Elle est d’ailleurs disponible et saura ravir les amateurs de jazz. Elle est constituée de titres d’artistes célèbres qui ont eu un impact plus ou moins grand, tant local qu’international, dans ces années troubles. Les multiples extraits utilisés, montrant parfois même les artistes en train d’interpréter leurs titres, sont au cœur du récit. Et les paroles, parfois explicites, montrent parfaitement l’engagement de certains artistes soutenant l’émancipation de l’Afrique et la lutte pour les droits des Afro-américains, la ségrégation étant toujours tristement d’actualité dans les années 60 aux USA.
Si le long métrage est passionnant à suivre, la somme d’information impressionnante qui s’y trouve donne vraiment envie de le revoir afin d’appréhender au mieux tout ce qui est montré. Car les intervenants sont extrêmement nombreux, aussi bien politiciens qu’artistes, en passant par des individus ayant vécu à cette époque et ayant eu un rôle à jouer dans les événements qui sont narrés.
Cette histoire d’une manipulation grandeur nature, parfaitement détaillée et argumentée, est vraiment captivante, tout en étant horrifiante. Sans compter que le silence de certains protagonistes interrogés sur certaines choses est bien plus parlant que leurs aveux et permettent de reconstituer certaines situations qui ne sont pas étayées par des documents retrouvés.
L’œuvre est donc aussi bien un document historique d’une grande force, que l’étude minutieuse des influences locales et des jeux de tractation et de pouvoir où les enjeux sont avant tout la richesse des ressources naturelles d’un pays que les états étrangers veulent se partager. De plus, l’instabilité provoquée a entraîné la terrible dictature du général Mobutu, avant que la République démocratique du Congo ne retrouve son nom. Un pays qui est, malheureusement, en guerre larvée depuis plus de 20 ans, bien que celle-ci soit officiellement finie depuis 2003. Un conflit terrible qui arrange ceux voulant acquérir des ressources naturelles peu chères, et qui se moquent du sang que cela coûte et du prix payé par les populations locales.
Soundtrack to a Coup d’État est un excellent documentaire présentant d’une manière remarquable un coup d’état minutieusement agencé qui a toujours un impact délétère jusqu’à l’heure actuelle. Avec ses innombrables archives, ses références pointues et sa BO enthousiasmante, l’œuvre est une véritable leçon d’histoire et une plongée vertigineuse aussi bien dans le monde politique qu’une incursion sociologique et psychologique dans la manipulation de masse dont l’œuvre propose un traité terrible.
Impressionnant et très instructif.
SYNOPSIS
Jazz, politique et décolonisation s’entremêlent dans ce grand huit historique qui révèle un incroyable épisode de la guerre froide. En 1961, la chanteuse Abbey Lincoln et le batteur Max Roach, militants des droits civiques et figures du jazz, interrompent une session du Conseil de sécurité de l’ONU pour protester contre l’assassinat de Patrice Lumumba, Premier ministre du Congo nouvellement indépendant. Dans ce pays en proie à la guerre civile, les sous-sols, riches en uranium, attisent les ingérences occidentales. L’ONU devient alors l’arène d’un bras de fer géopolitique majeur et Louis Armstrong, nommé “Ambassadeur du Jazz", est envoyé en mission au Congo par les États-Unis, pour détourner l’attention du coup d’État soutenu par la CIA...
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Photographie : Jonathan Wannyn
– Montage : Rik Chaubet
– Producteurs : Rémi Grellety, Daan Milius pour Baldr Film
– Distributeur : Les Valseurs
LIENS
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