Palombella Rossa : La critique
PALOMBELLA ROSSA
– Date de sortie : 03/09/2025
– Titre original : Palombella Rossa
– Durée du film : 1 h 29
– Réalisateur : Nanni Moretti
– Scénariste : Nanni Moretti
– Interprètes : Nanni Moretti, Silvio Orlando, Mariella Valentini, Alfonso Santagata, Eugenio Masciari, Mario Patanè, Claudio Morganti, Asia Argento
LA CRITIQUE
Palombella Rossa est un très bon film de Nanni Moretti gardant toute sa fraîcheur et son inventivité visuelle, 36 années après être sorti en salle.
Le scénario du réalisateur Nanni Moretti se concentre sur l’alter ego qu’il s’est créé à l’époque et dont c’est l’ultime apparition. On découvre un député communiste qui a perdu la mémoire et se retrouve au cœur d’un match de water-polo, alors que différents individus, dont il ne se rappelle pas, ne cessent de le harceler.
Le film de Nanni Moretti porte en lui toute la légèreté et le militantisme du cinéma de celui-ci. On y découvre ainsi son obsession pour les gâteaux et les chaussures, son interrogation sur la politique et les questions existentielles auxquels il adjoint le water-polo qu’il connaît très bien pour avoir fait partie de l’équipe junior Italienne en 1970, avant de préférer faire une carrière cinématographique plutôt que sportive.
Nanni Moretti est donc extrêmement à l’aise dans un rôle qui est une sorte de projection décalée de sa propre personnalité. On voit ainsi le protagoniste évoluer au fur et à mesure des nombreux flashbacks qui lui reviennent et lui permettent d’appréhender sa vie, dont il ignore tout du passé.
D’ailleurs, certains flashbacks sont des extraits en 8 mm du premier court métrage réalisé par Nanni Moretti en 1973, La défaite. Une œuvre tournant autour de deux militants communistes qui trouve un écho particulier avec son personnage de député communiste d’un parti en pleine déliquescence qui disparaît progressivement du paysage politique italien.
Silvio Orlando est formidable en entraîneur n’ayant pas sa langue dans la poche et essayant de tirer toute son équipe vers le haut et de remporter le championnat. Les divers personnages qui y apparaissent, tant au niveau de l’équipe, avec un redoutable adversaire hongrois, qu’au niveau des divers individus qui apparaissent plus ou moins brièvement. D’ailleurs, certains d’entre eux reviennent régulièrement avec des gâteaux différents, créant ainsi un comique de situation.
De plus, de nombreux extraits du film Le Docteur Jivago apparaissant sur la télévision de la gargote de la piscine ont aussi un impact sur la narration, notamment lors d’un passage final complètement décalé.
La mise en scène est statique, centrée quasiment exclusivement sur la piscine où se déroule le match. Celui-ci s’étire en longueur, alors que les flashbacks apportent du dynamisme au récit. Tandis que les déambulations du personnage principal le font croiser dans les gradins, aux abords de la piscine ou dans les vestiaires, divers intervenants dont certains des échanges qu’il a avec eux sont déclencheurs de souvenirs.
Il faut d’ailleurs souligner la prestation du jeune garçon qui interprète le personnage principal lorsqu’il était jeune et qui permet d’éclairer l’attitude et le comportement de celui qu’il va devenir plus tard.
La très belle photographie de Giuseppe Lanci apporte aussi bien du réalisme qu’une certaine poésie à quelques séquences magnifique dont on se rappelle longtemps, tels les publicités dans l’eau ou encore le magnifique travelling sur les mères séchant les cheveux de leurs gamins après leur session de piscine. De plus, le bruit, les cris des spectateurs et des entraîneurs et celui des joueurs participent pleinement à l’immersion que l’on a de se plonger au cœur d’un match aux enjeux de plus en plus importants.
Palombella Rossa est un très bon film qui est aussi une immersion fort intéressante dans une époque pas si lointaine où on ne savait pas encore ce que deviendrait le Parti communiste qui avait eu tant de force en Europe au XXe siècle. Avec son histoire déstructurée, dans laquelle le spectateur ne se perd jamais, sa mise en scène brillante et pleine d’inventivité et ses acteurs vivants, l’œuvre est fascinante et offre une belle découverte de l’univers de Nanni Moretti, si on ne le connaît pas déjà.
Surprenant et imaginatif.
SYNOPSIS
À la suite d’un accident de voiture, un jeune député communiste, Michele Apicella, est brutalement frappé d’amnésie. Des amis d’une équipe de waterpolo viennent inopinément le chercher pour un match. Au cours de la rencontre, les souvenirs et réminiscences ressurgissent, notamment sur son enfance et ses débuts au PCI, faisant naître chez lui des réflexions sur la politique, les médias, le cinéma, sa vie... Mais plus le match avance, plus la tension monte : avec son entourage, dans sa tête et aussi… dans la piscine.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Photographie : Giuseppe Lanci
– Montage : Mirco Garrone
– Musique : Nicola Piovani
– Costumes : Maria Rita Barbera
– Décors : Giancarlo Basili, Leonardo Scarpa
– Producteurs : Nanni Moretti, Nella Banfi, Angelo Barbagallo pour La Sept Cinéma, Rai Uno Radiotelevisione Italiana, Banfilm, Sacher Distribuzione
– Distributeur : Malavida Films, Malavida Films
LIENS
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