Programmé pour tuer : Il fallait bien payer les factures
Programmé pour tuer en 1995, vous vous en souvenez ?
Un lieutenant de police (Denzel Washington) traumatisé de ne pas avoir réussi à sauver sa femme et sa fille d’un terroriste - mais qui fait un véritable carnage en essayant - est recruté par le gouvernement pour tester un nouveau dispositif d’entrainement de la police : un système de réalité virtuelle dans laquelle il doit appréhender un personnage nommé SID (Sadique, Intelligent, Dangereux). Mais le programmeur du système utilise la puce contenant le programme SID sur un organisme synthétique nanotechnologique (Russell Crowe) : SID, dont le programme est agrémenté des personnalités de centaines de tueurs en série - fallait bien le rendre crédible en tant qu’Intelligence Artificielle dédiée à l’entrainement des policiers, rejoint alors le monde réel.
Si la carrière d’action de Washington a véritablement commencé en 1991 avec Ricochet, il est très vite apparu qu’il était exactement ce qu’il fallait aux films d’action de ces années-là. Après des films comme Malcolm X et Philadelphia, ce fut une surprise de voir Washington jouer dans une Série B cyberpunk truffée de séquences d’action à la John Woo. Le film n’a d’ailleurs pas connu le succès qui avait été placé en lui, ne rapportant la modique somme de 62 millions de dollars (après ajustement de l’inflation), pour un budget estimé à 78 millions. Pourtant, plus de 30 ans après, Washington admet volontiers qu’il a joué dans Programmé pour tuer uniquement pour le salaire qui lui avait été proposé (mais il y en avait d’autre).
"Surtout Programmé pour tuer. J’avais des factures à payer. Ricochet, c’était plutôt comme s’aventurer sur cette voie pour la première fois. La voie du film d’action, que je ne connaissais pas vraiment. Programmé pour tuer avait certainement un rapport avec le [fait de devoir payer] les frais de scolarité [de mes enfants] ! J’en suis sûr !"
Dans cette même conversation, Denzel souligne que techniquement, tout ce qu’il a gagné l’a été pour l’argent, puisqu’il n’a jamais remboursé ses cachets aux producteurs. Pour mettre les choses en contexte, Washington a également détaillé la part de ses revenus qui revient à d’autres personnes (agents, managers, etc.).
Mais Washington a quand même apporté sa touche personnelle au film. Sa co-star Kelly Lynch a précédemment confié : "Et quand les acteurs ont l’impression qu’il n’y a pas de véritable capitaine dans le vaisseau [le réalisateur Brett Leonard], ils peuvent se dire qu’il faut prendre les choses en mains, car personne ne s’en occupe. C’est ce qu’a ressenti Denzel, je crois. Il a donc repris le scénario, l’a réécrit et a décidé que mon personnage n’était pas vraiment une experte, mais qu’elle travaillait dans une entreprise et avait un enfant, et qu’elle avait une bombe accrochée dans le dos. Mon personnage est donc devenu une sorte d’otage, comme une enfant en danger – ce que je déteste – et il n’y aurait pas de relation amoureuse entre ces deux personnes."
Lynch a également déclaré que si le film s’est finalement cassé la figure au box office, ce serait à cause de ces changements, et "...l’avait complètement transformé en un film de merde".
Programmé pour tuer est un produit typique des années 90 : film d’action à budget moyen et à concept élevé, avec des scènes captivantes, un casting de qualité et une telle rapidité qu’il passe sous silence la plupart de ses problèmes. Il peut également vu comme une parodie de Terminator, le SID de Crowe prenant littéralement son pied à tourmenter le personnage de Washington.
L’acteur a également avoué qu’une fois devenu célèbre, il a accepté plusieurs projets, à la fois pour subvenir aux besoins de sa famille et pour prouver aux studios qu’il était un acteur principal viable : "Après Malcolm X, j’ai fait de véritables ratés. Cherchez-les – je ne dirai pas leurs titres… Ils datent tous des années 1990. Mais je gagnais ma vie. J’avais des responsabilités."
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