Star Wars - Andor Saison 2 : La critique des épisodes 7 à 9
STAR WARS - ANDOR
– Date de diffusion : 07/05/2025
– Plateforme de diffusion : Disney+
– Épisodes : 2.07 Un Messager 2.08 Mais t’es qui toi ? 2.09 Bienvenue dans la rébellion
– Réalisateur : Janus Metz
– Créateurs : Tony Gilroy, Dan Gilroy, Stephen Schiff, Beau Willimon
– Scénariste : Dan Gilroy
– Musique : Nicolas Britell
– Interprètes : Diego Luna, Genevieve O’Reilly, Stella Skarsgard, Adria Arjona, Fiona Shaw, Denise Gough, Kyle Soller
LA CRITIQUE
Comment avoir douté alors qu’il nous avait déjà fait coup lors de la première saison d’Andor ? Tony Gilroy, en installant des bribes narratives consciencieusement et amenant à des épisodes mémorables visuellement et émotionnellement.
Le braquage sur Aldhani pendant l’œil, l’évasion de Narkina 5 avec le discours d’Andy Serkis, autant d’instant suspendu qu’aucune autre création de l’ère Disney n’a jamais réussi à égaler (et de loin). Il faudra ajouter à cette liste Ghornam et la Place de Palmo.
Ce nouveau triptyque, construit classiquement sous la forme installation-apogée-rupture, vient confirmer son statut d’œuvre centrale de la saga, tout en s’appuyant sur un message d’une force essentielle.
Le Rebellion, A Star Wars Story
Andor, par son écriture, s’inscrit dans la droite lignée de la trilogie originelle. Cette série a pour vocation d’illustrer deux choses : comment une structure étatique bascule grâce l’autoritarisme au totalitarisme et comment s’y opposer.
En reprenant également la même structure, l’histoire part d’un héros banalement criminel qui tente de s’en sortir dans une planète ouvrière, à l’un des meilleurs agents de la résistance. Cassian se révèle comme un personnage fascinant dans son évolution. Il est désormais convaincu de la nécessité de se battre et de faire tomber les têtes les plus importantes de l’Empire. Les événements de la Place est le point de bascule logique vers la possibilité de devenir un martyr. Comme une obligation vers un non-retour.
Pourtant, malgré cette construction très basique, cette œuvre arrive tout de même à pousser les curseurs beaucoup plus hauts. Là où Un Nouvel Espoir illustrait la brutalité de Dark Vador avec des séances de tortures et des étranglements, ici on illustre les grandes œuvres horribles de l’Empire. Le peuple Ghor va être exterminé pour des raisons stratégiques - finir la construction de l’Etoile Noire - en se servant des opposants qu’il a lui-même créé.
Tout en montrant clairement à quel point il est dur de s’opposer et le courage nécessaire, encore plus lorsque l’on est dans une situation privilégiée. Mon Mothma consent enfin à confronter le Sénat et à appeler d’autres nations que la sienne à se dresser contre Palpatine (enfin nommé !). Elle comprend lors de son évasion qu’elle est passée dans une réalité qu’elle ignorait, celle du combat frontal contre les membres des impériaux.
Les attaques de l’Empire
Voilà l’orchestration parfaite de comment monter en épingle un ennemi du pouvoir et comment légitimer un génocide. Tony Gilroy a l’intelligence de donner corps au quotidien des anonymes de l’Empire.
Pour la première fois, au-delà du Sénat, on voit la propagande impériale en marche et comment elle est reçue par les citoyens, expliquant au reste de la Galaxie pourquoi ce peuple est dangereux pour la stabilité politique, alors que tout de même, ce n’est pas compliqué de suivre les nouvelles règles en place voyons ! Le destin funeste de Syril illustre parfaitement cette déshumanisation des pions de l’Empire.
Lui qui a toujours eu en haute estime l’Empire, son administration et ses « valeurs », qui pensait être un acteur important, n’est en réalité qu’un agent comme un autre, qui ne savait pas ce qui se tramait et dont même son pire ennemi ignorait l’existence. Sa mort est dramatique, prouvant bien que ce régime brise tout le monde, alliés comme opposés et qu’il ne reste que les larmes finalement, comme celle de sa mère (fichue poussière dans l’œil). Ou comment réussir grâce à sa plume et au jeu de Kyle Seller d’avoir de l’empathie pour un soldat perdu devant tant d’atrocités.
La qualité d’écriture de l’ensemble est d’une parfaite maitrise. Que ce soit dans l’installation des différentes intrigues, la caractérisation de chaque personnage, l’imbrication avec d’autres programmes SW – RDV dans Rebels pour avoir la suite directe de la fuite de Mothma – Tony Gilroy connait indéniablement son art.
Le tout emballé dans un écrin sublime. La direction artistique, plus particulièrement sur le son, est remarquable. Au cœur du massacre, les choix de prises de vue, avec devant la caméra les différentes victimes, le tout sans musique, marque immédiatement. La photographie saturant les nuances des gris fait ressortir toute la rigidité et l’obscurantisme de l’Empire.
Ces trois épisodes sont la pierre angulaire de cette ultime saison, la transition idéale vers Rogue One, tout en étant signifiant.
BANDE ANNONCE - EXTRAITS
Les films et séries TV sont est Copyright © Lucasfilm Tous droits réservés. Les films, les séries TV, leurs personnages et photos de production sont la propriété de Lucasfilm.
















