
Grève des acteurs : L’accord entre les syndicats adopté de justesse
Ce n’était sans doute pas le moment de déclancher une grande grève alors que la situation économique d’Hollywood subit les délocalisations des tournages et la baisse des commandes des grands networks américains. Voici le communiqué AFP qui détaille l’accord entre le SAG (syndicat des acteurs) et l’AMPTP (Le syndicat des producteurs) :
LOS ANGELES, 19 avr 2009 (AFP) - La nouvelle convention collective
régissant l’activité des acteurs à Hollywood a été adoptée de justesse
dimanche par la direction de leur principal syndicat, et doit désormais
être soumise au vote des adhérents pour entrer en vigueur, a annoncé
l’organisation.
Nouvelle étape dans la résolution d’un conflit de plus de neuf mois, la
direction collégiale du Screen Actors Guild (SAG) a adopté par 53,38%
des voix contre 46,62% le projet de convention négocié avec l’Alliance des
producteurs de cinéma et de télévision (AMPTP), a précisé le SAG dans un communiqué.
Les quelque 120.000 membres du syndicat d’acteurs de cinéma et de
télévision américains vont devoir à leur tour ratifier par vote ce nouveau
texte, qui succède à la convention triennale ayant expiré le 30 juin
2008. Les opérations de vote vont s’étaler sur tout le mois de mai, selon le SAG.
Les négociations entre le SAG et l’AMPTP étaient longtemps restées
infructueuses et en l’absence de nouvel accord, les comédiens
continuaient à travailler depuis neuf mois selon les termes du précédent contrat.
Après des semaines de négociations secrètes, les deux organisations
avaient annoncé vendredi être parvenues à un accord, dont les grandes lignes ont été communiquées dimanche.
Victoire apparente pour le SAG, le texte mentionne une expiration du
nouveau contrat en juin 2011 et non 2012 comme le voulaient les studios, ce
qui permettra au syndicat de peser sur les négociations entre le
patronat et d’autres corporations de Hollywood (scénaristes, réalisateurs...) dont les contrats doivent expirer dans deux ans.
La nouvelle convention prévoit une augmentation de salaire de 3% la
première année et de 3,5% l’année suivante, et assure des dividendes plus
importants pour l’exploitation du travail des acteurs sur les nouveaux
médias numériques (internet, vidéo à la demande...) que ceux venus des DVD.
Mais ces augmentations sont similaires à celles arrachées après une
longue grève par les scénaristes en 2008, montrant que le SAG a dû lâcher du
lest sur ses prétentions, qui étaient supérieures. En outre, les augmentations de salaire ne seront pas rétroactives.
L’étroitesse de la majorité du vote de la direction du SAG semble
signaler que les instances du syndicat restent très divisées sur l’attitude à
adopter face au patronat, dissensions internes qui avaient déjà fait échouer en
janvier le lancement d’un référendum interne sur une autorisation de grève.
Certains acteurs de premier plan comme George Clooney, Sally Field
et Tom Hanks avaient alors fait valoir que la situation économique actuelle
n’était pas propice à des revendications sociales, et pressé la direction du
syndicat de ne pas lancer de procédure de cessation de travail.
Le directeur et négociateur en chef du SAG, considéré comme un
partisan de la ligne dure face au patronat, avait même été remercié.
Cette menace d’un mouvement social intervenait alors que Hollywood se
remettait de la grève des scénaristes qui avait paralysé l’audiovisuel
américain pendant l’hiver 2007-2008. Ce conflit de 100 jours avait
provoqué un manque à gagner de deux milliards de dollars, selon des estimations indépendantes.
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