Pupille : La critique

Date : 01 / 12 / 2018 à 09h05
Sources :

Unification


Pupille est un titre à double sens pour l’auteure, Jeanne Herry qui nous livre un film plein de "sens" (là aussi, dans sa double signification, qui va de la sensation à la réflexion).

De la pupille du regard à la pupille de l’État elle joue de la portée multiple du mot en nous invitant à porter nous même un regard personnel sur cette, somme toute, belle histoire.

Remarquablement documenté, le scénario comporte la juste dose de sensibilité sans jamais user de sensiblerie. Pas de pathos, pas de pleurnicherie. Du concret, de la réalité, parfois brutale mais jamais violente. Hormis dans l’expression d’une certaine détresse.

C’est très bien écrit.
Et par là-même, admirablement interprété, par des acteurs investis, au naturel confondant. On s’y croirait.

Un véritable essai, dans le sens littéraire du terme, qui nous entraîne à la réflexion et pour beaucoup à la découverte. Car le sujet, rarement porté à l’écran comme le souligne la réalisatrice a de quoi "chatouiller l’âme" : Le destin d’un tout petit remis à l’adoption, croisé avec celui de celle qui deviendra sa mère... avec tout ce que cela comporte de physique et de mental.

Le relationnel est au coeur du propos. Entre les différents acteurs de cet accord à venir, plein d’espoir, entre deux êtres démunis.

J’admire la façon d’évoquer la terrible difficulté que représente la mission des travailleurs sociaux (que Jeanne Herry a rencontré) : "trouver des parents pour un bébé, pas trouver un enfant pour des parents en manque".
Un enjeu humain complexe et plein d’émotion.

Le tout est filmé avec talent.
De très jolies images. La vie à sa source, les bébés. Qui ne masquent en rien la difficulté du parcours de l’adoption, ni la souffrance. De nourrissons abandonnés. De parents "orphelins d’enfant". Qui expriment, chacun à sa manière, un mal-être.

L’utilisation des décors et des cadrages est très pertinente. Gros plans sur les personnes, les visages, ouverture sur les paysages, lumière et son sont savamment équilibrés. On se rapproche, on est dans l’intime et pourtant tout se passe aussi au dehors de la relation mère-enfant. Là où l’administration intervient. Heureusement, il y a l’humain, magnifiquement représenté par un assistant familial aux qualités extraordinaires campé avec une belle sincérité par Gilles Lellouche. Tellement irrésistible qu’il met en émoi sa collègue et touchera c’est sûr, toutes les mamans dans la salle.

C’est un beau film tendre et généreux. Qui fait honneur à l’altruisme de gens dont le métier dépasse de loin la technique et les protocoles.
La dimension sociale et éthique de leur fonction leur impose un rythme de vie exténuant au plan des sentiments. Et pourtant ils prennent en charge, un temps, la vie des autres...
Un bel hommage.

Un beau message.

A voir.


SYNOPSIS


Théo est remis à l’adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. C’est un accouchement sous X. La mère a 2 mois pour revenir sur sa décision… ou pas. Les Services de l’Aide Sociale à l’Enfance et le Service adoption se mettent en mouvement… Les uns doivent s’occuper du bébé, le porter (au sens plein du terme) dans ce temps suspendu, cette phase d’incertitude. Les autres doivent trouver celle qui deviendra sa mère adoptante. Elle s’appelle Alice et cela fait dix ans qu’elle se bat pour avoir un enfant. « Les Champs de Fleurs » est l’histoire de la rencontre entre Alice, 41 ans et Théo, 3 mois…

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE


 Durée du film : 1 h 55
 Titre original : Pupille
 Date de sortie : 5 Décembre 2018
 Réalisateur, Scénariste : Jeanne Herry
 Interprètes : Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche, Elodie Bouchez, Miou-Miou, Clotilde Mollet, Olivia Côte
 Photographie : Sofian El Fani
 Montage : Francis Vesin
 Musique : Pascal Sangla
 Costumes : Marie Legarrec
 Décors : Johann George
 Producteurs : Trésor Films, Chi-Fou-Mi Productions
 Distributeur : Studio Canal

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