Ready Player One : La critique
Ready Player One est un excellent film, adapté du livre d’Ernest Cline, de Steven Spielberg qui revient avec une grande aisance vers les grands films d’aventures spectaculaires dont il a le secret.
Le futur n’est pas très brillant, et pour se changer les idées, la plus grande partie de la population se connecte à un monde virtuel "Oasis". Ils peuvent y mener la vie qu’ils veulent, se déplacer dans de multiples lieux et gagner des pièces pour acheter des objets. Néanmoins, le décès de leur avatar leur fait perdre tous leurs points et possessions, les obligeant à recommencer leur quête de départ s’ils se connectent dans un but ludique.
Le créateur du jeu a décidé de cacher 3 épreuves dans son jeu et la première personne ayant réussi ces tests aura la fortune du milliardaire et la mainmise sur le jeu.
L’histoire tourne autour d’un jeune geek qui va se lancer dans cette aventure, où il va être rejoint pas 4 amis, hors clan comme lui. Mais le monde réel s’invite vite dans cette quête, alors que l’entreprise de jeu concurrente essaye de mettre la main sur le pactole, et n’hésite pas à employer des méthodes violentes dans la vie réelle.
Ainsi, le jeune homme va devoir se battre pour sauver le jeu qu’il aime, mais aussi sa propre vie.
Le film se passe en grande partie dans un monde virtuel bluffant visuellement. Ce dernier fait appel à la pop culture, surtout des années 80 et d’innombrables références sont glissées dans le récit.
C’est d’ailleurs le petit bémol que l’on peut trouver au long métrage. Si on n’a pas beaucoup de connaissances dans ce domaine, on peut ne pas rentrer complètement dans l’intrigue et avoir une impression de passer à côté de beaucoup d’éléments et de private joke.
De plus, si on n’a pas vu le film de Stanley Kubrick, Shining, on peut aussi avoir un sentiment de frustration. Par contre cette longue séquence va ravir les connaisseurs de l’œuvre, tant elle est formidable.
Il faut aussi saluer l’exceptionnelle épreuve de course de voitures que met en scène Spielberg. Cette dernière est une merveille de réalisation, de rythme et d’action et en met plein les yeux. Sans aucun doute, une future scène culte.
Les acteurs sont bien trouvés et le visuel joue avec les avatars cachant la véritable personne, ce qui réserve évidemment des surprises.
Tye Sheridan est très juste en homme rattrapé par la vie réelle. Olivia Cooke campe un personnage n’ayant pas froid aux yeux. Et Ben Mendelsohn fait un méchant un peu caricatural, mais ne tombant pas complètement dans les clichés. On retrouve aussi Mark Rylance en geek génial très années 80, enfermé dans sa vie virtuelle.
Steven Spielberg montre qu’il est un immense réalisateur en proposant un film coloré et dantesque, truffé de scènes épiques et pleines d’imagination et de références parfois pointues, comme l’easter egg (bonus caché) du jeu Adventure. Bien que ce dernier ait quelques longueurs, on en prend plein les yeux pendant plus de 2 heures.
Ready Player One est un long métrage d’aventure enthousiasmant et plaisant permettant de trouver de très nombreuses références à la pop culture de ces dernières années. Ainsi jeux vidéo, séries d’animation japonaises, films, comics, etc... fleurissent à tous les coins de vue et donnent envie de revoir très rapidement le film une seconde fois.
Avec un casting bien trouvé, une morale intelligente, une histoire laissant une grande part aux séquences spectaculaires et imagées, une mise en scène remarquable et des effets spéciaux splendides, ce film est incontestablement une œuvre de référence pour la pop culture.
Épique et grandiose.
IA
Cher Steven,
Cela fait au moins 25 ans que nous nous connaissons et tu es aujourd’hui un fringant jeune homme de 71 ans. Avec ton dernier film Ready Player One, tu viens encore de nous prouver à quel point tu seras toujours l’éternel surdoué de l’entertainment cinématographique.
Ta principale force a toujours été cette capacité à trouver le meilleur angle pour nous immerger dans les coulisses d’un groupe d’individus. Que ce soit la Presse dans Pentagon Papers, ou le Sénat Américain dans Lincoln, tu arrives à faire naître de l’émotion là où on ne s’y attend pas forcément. En fin connaisseur de l’univers des jeux vidéo, tu as su ici, choisir les règles de gameplay à intégrer dans l’intrigue de ton film pour refléter le mode de fonctionnement d’une communauté de joueurs de plus en plus importante. De même, quiconque a déjà eu la chance d’essayer un casque de réalité virtuelle sait que l’impression de se retrouver instantanément téléporté dans un autre monde est une expérience incroyablement grisante, et tu as parfaitement réussi à retranscrire cette sensation.
Tu as articulé ta carrière en alternant blockbusters grand public et films d’auteur destinés à un public plus adulte. Je ne vais pas te mentir en te disant que j’ai aimé tous tes films et que je les trouve tous très réussis, mais on ne pourra pas leur enlever le fait que tu as toujours su y insuffler ta marque de fabrique. Dans Ready Player One, on retrouve bien entendu tes fameux plans où tes protagonistes se retrouvent face caméra, émerveillés par ce que le spectateur ne peut pas voir. Comme toujours des enfants, ou des adolescents, doivent faire face à de méchants adultes qui placent tantôt leurs profit, tantôt leurs intérêts par-dessus leur humanité. Une humanité que tu ne cesses de valoriser tout au long de ta filmographie au risque de passer pour un grand naïf. Ton message sur l’importance à accorder au réel par rapport au virtuel, aussi merveilleux que puisse être l’apparence de ce dernier, fait mouche, mais les plus cyniques ne sauront sans doute pas l’apprécier à sa juste valeur.
Je remarque que tu as décidé de rendre hommage à ton mentor et ami Stanley Kubrick dans une scène mémorable qui restera sans aucun doute dans les annales du 7ème Art. C’était sans doute une manière facétieuse pour toi de faire un joli pied de nez à tous ceux qui n’avaient pas apprécié A.I, ta collaboration avec maître K.
Ready Player One comporte un nombre incalculable de clins d’œil et d’hommages à une culture, celle des années 80, à laquelle tu as énormément contribué, mais cela n’en fait pas un film testament ou mégalo. En effet, la modernité de ta mise en scène, sublimée par des effets spéciaux bluffants, te permet de dépasser d’un seul coup, tout ce qui a pu être fait dans les blockbusters de ces quinze dernières années. C’est bien simple, l’impact que ton film aura sur les films grands public à venir est du niveau d’Avatar ou du Retour du Roi.
Par un snobisme que j’ai du mal à expliquer, je n’avais jamais placé un de tes films parmi mes préférés, pourtant, je n’ai jamais raté la sortie d’une d’entre eux et il m’arrive d’en revoir certains régulièrement avec un plaisir sans cesse renouvelé. Parce qu’il a su me procurer un plaisir rare et des émotions intenses Ready Player One va rejoindre mon panthéon cinématographique, et il était important pour moi de te le dire. Cependant, ton film n’est pas parfait : il y a quelques petites longueurs et Alan Silvestri, pourtant grand spécialiste du genre, ne parvient pas à offrir un thème musical immédiatement reconnaissable. Ce ne sont toutefois que des défauts vraiment mineurs, très vite noyés par les innombrables qualités de ton film, dont les images me hantent plusieurs jours encore après la projection. Je n’ai qu’une envie maintenant, c’est de le revoir encore et de dire à mon entourage tout le bien que je pense de ton film.
Le cinéphile, le gamer et l’enfant qui a grandi dans les années 80 ne te remercieront jamais assez, mon cher Steven, pour ce Moment.
J’attends la suite de ton œuvre avec impatience.
Sincères salutations
AR
SYNOPSIS
2045. Le monde est au bord du chaos. Les êtres humains se réfugient dans l’OASIS, univers virtuel mis au point par le brillant et excentrique James Halliday. Avant de disparaître, celui-ci a décidé de léguer son immense fortune à quiconque découvrira l’œuf de Pâques numérique qu’il a pris soin de dissimuler dans l’OASIS. L’appât du gain provoque une compétition planétaire. Mais lorsqu’un jeune garçon, Wade Watts, qui n’a pourtant pas le profil d’un héros, décide de participer à la chasse au trésor, il est plongé dans un monde parallèle à la fois mystérieux et inquiétant…
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 2 h 20
– Titre original : Ready Player One
– Date de sortie : 28/03/2018
– Réalisateur : Steven Spielberg
– Scénariste : Ernest Cline, Zak Penn d’après l’œuvre de Ernest Cline
– Interprètes : Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn, T.J. Miller, Simon Pegg, Mark Rylance, Hannah John-Kamen, Ralph Ineson
– Photographie : Janusz Kaminski
– Montage : Sarah Broshar, Michael Kahn
– Musique : Alan Silvestri
– Costumes : Kasia Walicka-Maimone
– Décors : Adam Stockhausen
– Producteur : Kristie Macosko Krieger, Donald De Line, Dan Farah, Steven Spielberg pour Productrice, Warner Bros., De Line Pictures, Village Roadshow Productions, Farah Films & Management, Random House Films, RatPac-Dune Entertainment, Reliance Entertainment
– Distributeur : Warner Bros. France
LIENS
– SITE OFFICIEL
– ALLOCINÉ
– IMDB
PORTFOLIO
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.














