Le Charme discret de la bourgeoisie : La critique

Date : 30 / 07 / 2017 à 10h30
Sources :

Unification


Le Charme discret de la bourgeoisie est un truculent film à sketches de Luis Buñuel qui n’hésite pas à pointer du doigt la bourgeoisie aisée dans son comportement et dans une certaine hypocrisie de ses relations.

6 amis, dont deux couples se retrouvent régulièrement autour d’un repas chez les uns et les autres, mais leur dernier repas ne cesse de se retrouver empêché par une succession d’évènements parfois invraisemblables.

Buñuel utilise à merveille dans son long métrage le fantasme, le rêve et le cauchemar comme moteurs de son récit. En effet, il n’est pas rare que l’on se demande si la séquence n’a pas basculé, sans qu’on s’en rende compte, dans l’onirisme, tant le mélange de situations improbables mais réelles, et de circonstances illusoires s’entremêlent avec élégance.

C’est d’ailleurs cela qui donne tout son sel au long métrage et en fait une œuvre différente à apprécier sans modération. D’autant qu’à ces trois hommes et femmes vient s’ajouter un monseigneur jardinier, lui aussi haut en couleur, et toute une galerie de personnages qui retiennent l’attention.

Le casting est très bon et permet de retrouver un certain nombre d’acteurs qu’apprécie le réalisateur comme Fernando Rey, Paul Frankeur et Delphine Seyrig en riches amis, Julien Bertheau en Monseigneur et Milena Vukotic et Michel Piccoli dans des rôles plus petits, mais marquants. Il faut leur ajouter Bulle Ogier, Stéphane Audran, Jean-Pierre Cassel qui incarnent les trois autres protagonistes principaux.

C’est vraiment un plaisir de les regarder évoluer, parfois comme dans un ballet codifié, et d’assister à leurs relations pas toujours si limpides que de prime abord.

Le scénario de Luis Buñuel et Jean-Claude Carrière est vraiment bien construit et livre quelques répliques savoureuses. La mise en scène du premier est d’ailleurs à la hauteur du texte et le spectateur se retrouve parfois en plein cœur d’un repas qui semble ne jamais pouvoir se dérouler tranquillement, alors qu’une intrigue policière se déroule en parallèle.

Le Charme discret de la bourgeoisie est un très bon film, amusant et acerbe qui écorne sans fards les travers d’une société aisée jouant sur les apparences. Les portraits brossés sont plaisants à découvrir et les histoires arrivant aux différents personnages montrent tout le talent de conteur d’un Buñuel vraiment inspiré.

Attrayant et cynique.

SYNOPSIS

Don Rafael Acosta et ses amis M. et Mme Thévenot, accompagnés de Florence, la sœur de madame, se rendent à dîner chez M. et Mme Sénéchal. À leur arrivée, ils s’étonnent de l’absence de feu dans la cheminée et constatent que la table n’est pas mise. C’est que les Sénéchal n’avaient pas noté la bonne date sur leur agenda. Ils décident quand même de se rendre dans un restaurant du coin mais son propriétaire vient de passer l’arme à gauche et repose dans la pièce d’à côté. Chaque fois que les six amis décident de se retrouver, une circonstance imprévue va interrompre leur repas…

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Durée du film : 1 h 40
 Titre original : Le Charme discret de la bourgeoisie
 Date de sortie : 02/08/2017
 Réalisateur : Luis Buñuel
 Scénariste : Luis Buñuel, Jean-Claude Carrière
 Interprètes : Fernando Rey, Paul Frankeur, Delphine Seyrig, Bulle Ogier, Stéphane Audran, Jean-Pierre Cassel, Julien Bertheau, Milena Vukotic, Michel Piccoli
 Photographie : Edmond Richard
 Montage : Hélène Plemiannikov
 Costumes : Jacqueline Guyot, Jean Patou
 Décors : Pierre Guffroy
 Producteur : Serge Silberman pour Dean Film, Greenwich Film Productions, Jet Films
 Distributeur : Carlotta Films

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Le Charme discret de la bourgeoisie

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