Instinct de survie : La critique
Instinct de survie est un très bon film de requin, anxiogène et redoutable qui met en face-à-face mortel une jeune surfeuse et un grand requin blanc.
Il sera faux de ne rien attendre a priori d’un scénario basique. En effet, ce dernier exploite magnifiquement des rebondissements plutôt crédibles (à part une fin spectaculaire mais peu réaliste). De plus, il réussit à renouveler un genre dévoyé par de multiple ersatz de Les dents de la mer dont de nombreux films tiennent plus du nanar (on peut donc s’y amuser) ou du navet (franchement indigeste).
Car, c’est la grande force du film, un huis clos implacable en pleine nature entre un personnage unique qui se retrouve à 200 mètres d’un bord de plage salvateur et un grand requin blanc qui chasse tout ce qui l’empêche de consommer tranquillement sa proie, une baleine morte.
Et si l’on peut se demander si l’action ne va pas faiblir, et le film devenir inconsistant ne réussissant pas à tenir sa durée d’1h30, ce serait mésestimer l’impact d’un grand prédateur armé de ses rangées de dents effilées et de l’angoisse apporté par un très intelligent compte à rebours lié à la marée. Cette dernière faisant disparaître progressivement le rocher émergent sur lequel la surfeuse a trouvé refuge.
La mise en scène est vraiment efficace et je n’en attendais pas moins du réalisateur espagnol spécialiste des films d’action Jaume Collet-Serra. Il réussit à parfaitement retranscrire le lieu paradisiaque de l’action et à le transformer en véritable enfer. Que ce soit à l’air libre où sous l’eau, sa mise en scène met très bien en valeur Blake Lively, et n’en oublie pas moins un squale teigneux, mais pas intrinsèquement méchant.
C’est d’ailleurs plus du côté écologique qu’il faut se tourner pour trouver l’explication du comportement du requin axé vers son territoire de chasse plutôt que sur une explication portant sur une espère mutante ou un tueur impitoyable. Un message intéressant qui permet de montrer une opposition mortelle entre deux individus dont le seul objectif final est la survie de sa propre personne.
Si de par sa nature même, l’œuvre présente peu de personnages, il faut reconnaître que Blake Lively est formidable dans son rôle de jeune femme débrouillarde et courageuse qui met toute son intelligence et sa volonté à retourner sur la terre ferme. L’actrice capte l’attention du début à la fin et malgré un bikini indéchirable qui lui reste collé au corps quelques soient les péripéties qu’elle subit, elle ne donne jamais l’impression d’être une pin-up tombée au Tartare.
Il faut aussi donner une mention spéciale à la sterne qui tient compagnie à la comédienne et dont les mésaventures devraient intéresser les amateurs d’animaux.
Quant au grand requin blanc, il a été entièrement réalisé en images de synthèse et les plans que l’on peut découvrir du poisson prédateur sont bien efficaces.
Instinct de survie est un très bon film qui fait passer un excellent moment de divertissement. Sans prétention autre qu’une confrontation originale et mortelle, et un impact anxiogène complètement maîtrisé, il réussit parfaitement sa vocation d’œuvre estivale plaisante. Avec une actrice plus que convaincante et un message écologique sous-jacent, le long métrage montre qu’en utilisant un nombre de protagonistes limité et un lieu paradisiaque, on peut faire monter l’angoisse de façon efficace.
Passionnant et efficient.
SYNOPSIS
Nancy surfe en solitaire sur une plage isolée lorsqu’elle est attaquée par un grand requin blanc. Elle se réfugie sur un rocher, hors de portée du squale. Elle a moins de 200 mètres à parcourir à la nage pour être sauvée, mais regagner la terre ferme sera le plus mortel des combats…
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 27
– Titre original : The Shallows
– Date de sortie : 17/08/2016
– Réalisateur : Jaume Collet-Serra
– Scénariste : Anthony Jaswinski
– Interprètes : Blake Lively, Angelo Lozano Corzo, Jose Manuel Trujillo Salas, Sedona Legge, Óscar Jaenada, Brett Cullen
– Photographie : Flavio Martínez Labiano
– Montage : Joel Negron
– Musique : Marco Beltrami
– Costumes : Kym Barrett
– Décors : Hugh Bateup
– Producteur : Lynn Harris, Matti Leshem pour Columbia Pictures, Ombra Films, Weimaraner Republic Pictures
– Distributeur : Sony Pictures Releasing France
LIENS
– SITE OFFICIEL
– ALLOCINÉ
– IMDB
PORTFOLIO
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.
















