Moi, Olga : La critique

Date : 05 / 07 / 2016 à 10h14
Sources :

Unification


Moi, Olga est basée sur la vie d’Olga Hepnarova, homosexuelle ayant vécue dans la Tchécoslovaquie des années 70. Il y a deux façons d’appréhender le film : soit en ayant pleine connaissance de l’issue tragique dont est tiré le récit, ou bien en ne sachant pas du tout ce qu’allait être le dénouement. En me basant sur le synopsis du film, je pensais que j’allais voir un film de vengeance, or le film est davantage une biographie historique qu’un film de genre. La volonté de vengeance du personnage, bien qu’évoquée très tôt dans le film ne s’accomplit finalement que très tardivement et par contre ceux qu’on attendait.

Le choix d’utiliser le noir et blanc donne en effet un cachet intemporel et pesant qui sert au film. Par contre, les réalisateurs ont choisi d’utiliser une photographie des plus ternes, à laquelle s’ajoute une mise en scène constituée en grande partie de longs plans-séquences avec le moins possible de mouvement de caméra. Cela aurait dû être contre-balancé par un récit dynamique, mais, d’une part il n’y a pas de bande originale et d’autre part la chronologie est volontairement brouillonne avec de nombreuses ellipses. Les scènes de vie d’Olga se succèdent donc, sans qu’on arrive réellement à s’intéresser pleinement à ce qui lui arrive. La jeune femme a effectivement eu une vie bien triste, faite de nombreuses frustrations et humiliations et les réalisateurs ont sans doute voulu la retranscrire de façon la plus factuelle possible. Ainsi, l’amitié comme le sexe sont montrés de façon morne et désabusée. J’ai trouvé que le film manquait de passion et l’accomplissement de la vengeance d’Olga, brutale et gratuite, a fini par tuer le peu d’empathie que j’avais pour cette héroïne à la destinée pourtant si tragique.

La thèse du film est de montrer que la société est responsable des monstres qu’elle engendre, car elle n’a pas su s’occuper d’eux quand ils en avaient besoin. Il est pourtant difficile d’adhérer à cela, tant les réalisateurs ne font rien pour qu’on ait de l’empathie pour Olga, aussi bien victime que coupable. Il n’y a cependant rien à dire quant à la qualité de la prestation de Michalina Olzanska, dont la ressemblance avec Natalie Portman troublera plus d’un spectateur. L’homosexualité de l’héroïne qu’elle interprète est aussi montré intelligemment, car il constitue l’une des facettes du personnage sans pour autant être le moteur de ses difficultés.

Au final, Moi Olga ressemble plus à un exercice de style qu’à un film mu par une volonté de partager avec le spectateur une thèse provocante, qui aurait put susciter des débats nourris et interressants. L’austérité du film m’a empêché d’apprécier la dimension sociologique du film et j’aurai définitivement aimé quelque chose de peut-être moins stylisé, mais plus généreux dans sa manière d’impliquer le spectateur.


SYNOPSIS

Olga est solitaire. Homosexuelle dans la Tchécoslovaquie des années 1970, elle quitte sa famille rigide et glaciale mais ne trouve pas sa place dans une société qui la rejette. À 22 ans, elle décide de se venger.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Durée du film : 1h45
 Date de sortie : 06/07/2016
 Réalisateurs : Petr Kazda, Tomás Weinreb
 Scénaristes : Petr Kazda, Tomás Weinreb
 Interprètes : Michalina Olszanska, Martin Pechlát, Klára Melísková, Marika Soposka, Ondřej Malý, Juraj Nvota, Marta Mazurek, Zuzana Stavná
 Photographie : Adam Sikora
 Montage : Vojtech Fric
 Décors : Alexandr Kozak
 Costumes : Jean Pocobene
 Chorégraphie : Nasser Martin-Pinsky
 Producteur : FAMU, Filmové Studio Barrandov
 Distributeur : Arizona Films

LIENS

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PORTFOLIO

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