Volta à Terra : La critique
Volta à Terra est un bon documentaire portugais qui porte bien son nom : retour à la terre. Le réalisateur a voulu filmer le petit village d’Uz duquel sa mère est originaire, et ses habitants. Le spectateur se retrouve alors en plein cœur d’un lieu entièrement orienté vers la vie paysanne. Travail des champs, soins des animaux, repas communautaires, et bien sûr, la fête du village sont au menu de cette tranche de vie de la paysannerie.
Attention, certaines images risquent de choquer les protecteurs des animaux, car c’est un mode de vie quasiment autarcique semblant issu parfois d’un autre monde et d’une autre époque qui est présentée dans le film.
Le documentaire permet aussi de montrer la désertification des campagnes portugaises dans lesquelles les jeunes partent en ville ou à l’étranger pour trouver un travail. Le taux de chômage très élevé de ces dernières années a entraîné un certain retour à la terre, le paysan ayant toujours à manger, mais il est difficile pour les familles de garder leurs enfants sur leurs terres.
Qui dit documentaire, dit protagonistes réels. Volta à Terra a bénéficié de la participation de tout un village dont certaines personnalités ont été filmées de plus prêt. On y découvre aussi bien les anciens, que les mères ainsi que quelques jeunes qui sont devenus paysans par vocation. C’est d’ailleurs l’un d’entre eux, Daniel, qui sert de fil rouge à l’histoire.
Le jeune homme est touchant, notamment dans ses rêves d’âme sœur, et apporte un peu de temps présent (la scène du téléphone portable en est emblématique) à un village qui semble figé dans le temps.
La fête du village est un autre moment fort de l’histoire. Ce temps festif permet aux familles de se retrouver. En effet, les membres partis en ville où à l’étranger reviennent à cette occasion, ce qui permet d’heureuses retrouvailles en plein cœur d’une fête mêlant repas, concert, jeux, voir feu d’artifice.
Si personne ne se plaint de cette existence rude, la vie n’est pas facile entre inquiétudes pour les récoltes et les bêtes et travail physique parfois éreintant pour un revenu très faible. Les différents intervenants permettent aussi de découvrir la parole d’homme et de femme oublieux de la caméra qui parlent des sujets leur tenant à cœur comme ce passage à la télévision numérique bien perturbant pour des gens isolés.
Le réalisateur, João Pedro Plácido, filme avec délicatesse ce petit village et ses habitants. En leur rendant hommage, c’est une ode à une autre vie et à la nature qu’il fait. Les habitants d’Uz ont d’ailleurs pu avec plaisir découvrir le film en avant-première lors d’une projection exceptionnelle dans leur village.
Volta à Terra est un bon documentaire, émouvant et poignant à la fois, sur des individus dédiés à la terre qui vivent la collectivité comme on l’a oublié dans nos grandes agglomérations. Avec des moments parfois passionnants, des personnages attachants et une photographie qui donne envie de découvrir le nord du Portugal, c’est un retour à la terre réussi auquel nous sommes conviés. Un document fort qui permet de se souvenir que les aliments que nous retrouvons dans notre assiette ne sont pas créés par génération spontanée et que notre mode de vie doit beaucoup à la sueur d’hommes et de femmes peu souvent remerciés.
Apaisant et instructif, un beau témoignage de la vie rurale.
Le film a eu les prix du Meilleur Documentaire au Festival de Chicago et du Meilleur Film au Festival du Documentaire de Lisbonne.
SYNOPSIS
A Uz, hameau montagnard du nord du Portugal vidé par l’immigration, subsistent quelques dizaines de paysans. Alors que la communauté se rassemble autour des traditionnelles fêtes d’août, le jeune berger Daniel rêve d’amour. Mais l’immuable cycle des 4 saisons et les travaux des champs reprennent vite le dessus…
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 18
– Titre original : Volta à Terra
– Date de sortie : 30/03/2016
– Réalisateur : João Pedro Plácido
– Scénariste : Laurence Ferreira Barbosa, João Pedro Plácido
– Interprètes : Daniel Xavier Pereira, Antonio Guimarães, Daniela Barroso et les habitants d’Uz
– Photographie : João Pedro Plácido
– Montage : Pedro Marques
– Producteur : Luis Urbano, Sandro Aguilar pour Close Up Films, Les Films de l’Air, O Som e a Fúria
– Distributeur : UFO Distribution
LIENS
– SITE OFFICIEL
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PORTFOLIO
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