Pattaya : La critique
Fort du succès de son premier film Les Kaïra, Frank Gastambide revient à la réalisation avec Pattaya, qu’on pourrait presque considérer comme un spin-off du premier tant il en reprend l’univers et les codes qui en faisaient toute la saveur. Si le premier film se moquait surtout du mode de vie de certains jeunes de banlieue, dans Pattaya, la critique s’étend aussi à la télé-réalité et aux réseaux sociaux, notamment cette envie de plus en plus présente chez certains d’entre eux de faire le buzz afin de devenir célèbre. Le talent indéniable de Gastambide est d’arriver à exploiter le langage, les codes et les stéréotypes de la banlieue pour en tirer les meilleures situations de comédie possibles. Du coup pas de censure ou de retenue, tout le monde en prend pour son grade.
Les acteurs sont au diapason dans des rôles à la description improbable. Gad Elmaleh, qui veut sans doute faire oublier au public qu’il rêvait d’une certaine banque, y va à fond dans le rôle d’un gourou marocain adepte d’un bouddhisme radical, et qui entraîne des nains pour des combats de free-fights. On a rarement vu l’humoriste-acteur aussi drôle et le rôle qui lui a été attribué lui sied parfaitement. De même Ramzy est parfait et touchant, en racaille exilée à Pattaya et attiré par des Ladyboys.
Les références très bien intégrées à KickBoxer feront plaisir aux cinéphiles, et les scènes avec l’orang-outan ne manqueront pas de vous arracher de nombreux sourires. Le film est dépaysant même s’il ne donne pas forcément une image valorisante de la Thaïlande. L’humour est quand même assez segmentant et plaira majoritairement à un public jeune. Tout n’est pas forcément d’une finesse exemplaire, mais il y a quand même des scènes qui vous feront rire aux éclats. Ainsi, les vannes, les quiproquos et les situations rocambolesques s’enchaînent à un rythme suffisamment élevé pour que chacun y trouve son compte. Au final, si la majorité des scènes sont plutôt trash, il y a quand même un message de tolérance plutôt bien trouvé.
Même si Pattaya est beaucoup plus ambitieux que ce soit visuellement ou dans les thèmes brassés, j’ai préféré Les Kaïra, peut être parce que l’effet de surprise n’est plus là, mais aussi parce qu’à vouloir trop en faire, j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs et des chutes assez notables de l’efficacité comique. De même la fin m’a semblé quelque peu précipitée et pas totalement aboutie. Pattaya reste néanmoins une séance de cinéma obligatoire pour les aficionados de l’esprit Kaïra et les amateurs d’humour corrosif.
SYNOPSIS
Franky et Krimo rêvent de quitter la grisaille de leur quartier pour partir en voyage dans la célèbre et sulfureuse station balnéaire thaïlandaise de Pattaya. Pour pouvoir s’y rendre à moindre coût, les deux amis ont la folle idée d’inscrire à son insu le nain de leur quartier au championnat du monde de Boxe Thaï des Nains. Mais ce qui devait être pour eux des vacances de rêves va se transformer en l’aventure la plus dingue et périlleuse de leur vie.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1h37
– Date de sortie : 24/02/2016
– Réalisateur : Franck Gastambide
– Scénariste : Franck Gastambide, Stéphane Kazandjian
– Interprètes : Franck Gastambide, Malik Bentahla, Anouar Toubali, Ramzi Bedia, Gad Elmaleh
– Photographie : Renaud Chassaing
– Montage : Laure Gardette
– Musique : Eric Neveux, Kore
– Costumes : Emmanuelle Yopuchnovski
– Décors : Arthur Deleu
– Producteurs : Mandarin Cinéma, Gaumont, D8 Films
– Distributeur : Gaumont Distribution
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