Fille ou garçon, mon sexe n’est pas mon genre : La critique

Date : 29 / 02 / 2016 à 10h12
Sources :

Unification


Fille ou garçon, mon sexe n’est pas mon genre, se veut "un pavé dans la mare face aux obscurantismes anti-genre."
Et "éclairer la question du masculin/féminin d’une lumière émancipatrice."

"Car se libérer du carcan du genre bénéficie à tout le monde." déclare Valérie Mitteaux.

Au travers du parcours de 4 personnes trans FtoM (Female to Male - Ils sont nés femmes mais vivent aujourd’hui comme des hommes), ce documentaire dessine les portraits croisés de quatre "transboys" :

"Kaleb a une trentaine d’années. Après avoir fait le choix de "transitionner" (passer du féminin au masculin), il participe à des ateliers pour s’approprier sa masculinité. Lynn, lui, n’a jamais suivi de traitement hormonal. Il s’est autoproclamé "homme" et le revendique dans un one-man-show. Miguel, qui a collé des photos du temps où il s’appelait encore Maria sur tout un mur de son appartement, participe à des manifestations transgenres en regrettant que la société l’oblige à se définir en tant qu’homme ou femme, sans nuance possible. Quant à Rocco, il vit une relation avec Katie, une lesbienne que les passants prennent souvent pour un trans’…"

"À Paris, New York, San Francisco et Barcelone," la réalisatrice explique "être allée à leur rencontre pour décrypter cette "expérience particulière de la masculinité" et les difficultés qui lui sont liées : comment concilier masculinité et convictions féministes ? Comment faire face à la violence, à l’incompréhension, et au besoin, profondément ancré dans la société, de catégoriser les personnes et les comportements ? Et comment dompter son désir d’enfant quand la législation française impose d’être stérilisé pour changer d’état civil ?"

"La sensation profonde de n’être moi-même ni féminine ni masculine. D’être à un autre endroit de genre. Cela ne veut pas dire forcément changer d’aspect physique, comme certaines des personnes dans le film.
Dans mon cas, cela signifie que je ne me sens aucune obligation à “correspondre” à une idée du féminin. Pourquoi devrais-je me comporter d’une façon particulière parce que je suis née de sexe féminin. Pour qui ? Pour quoi faire ?" s’interroge Valérie Mitteaux, qui explique ainsi ce qui lui a donné envie de réaliser ce film.

Un film moins interrogatif que militant pourtant, qui pose la question dans un sens bien particulier. Et pointe la difficulté de naître, "n’être" qu’une femme dans un monde d’hommes. Une singularité dans une époque qui voudrait définir des modes de vie pluriels. Et permettre à chacun de vivre à sa façon, sans se soucier du regard des autres.
Pas si facile.
Sans le point de vue inverse, celui d’un homme devenu femme, il est difficile de synthétiser l’idée du transgenre. Et le film reste un pamphlet contre les sociétés patriarcales et limite misogynes qui couvrent quasi majoritairement la planète. Sans vraiment poser la question d’un "troisième sexe".

Néanmoins intéressant.

DB

Fille ou garçon, mon sexe n’est pas mon genre est un intéressant documentaire sur le genre et la perception qu’on en a. Il se focalise sur 4 personnes qui sont nées dans le corps d’une fille et se sont toujours sentis étrangers à leur apparence. Trois d’entre eux ont subi une opération de réattribution de sexe tandis que le dernier vit sa vie en assumant pleinement sa masculinité.

Que ce soit New-York, Paris ou Barcelone, les ressentis et les mots des différents protagonistes sont similaires et s’ils ont pour la plupart choisi de changer de sexe, c’est bien parce que la société ne les autorise pas à être ce qu’ils sont.

En effet, les sociétés se sont toujours développées sur le genre de ses populations, ne serait-ce que pour se fonder sur la domination d’un sexe sur l’autre (patriarcal quand il s’agit des hommes, matriarcal pour les femmes). Ainsi, et c’est malheureusement toujours le cas, certaines activités, métiers et comportements sont interdits (parfois sous peine de prison ou de morts) au sexe qui ne doit pas les pratiquer.

La première opération de transsexualisme qui a fait parler d’elle est celle de Lily Elbe en 1930. Depuis la pratique s’est améliorée mais reste douloureuse et coûteuse. Le traitement de ce changement de sexe est aussi très compliqué, notamment administratif. Et les spectateurs pourront découvrir avec incrédibilité, qu’en France, il faut fournir des papiers de stérilisation pour avoir le droit de voir son sexe changer sur ses documents administratifs.

C’est d’ailleurs un véritable chemin de croix qui suivent les personnes souhaitant changer de sexe. Ces derniers doivent subir tout une série de tests et de rencontres avec des psychiatres, médecins… avant d’avoir l’autorisation d’être opéré. Quand on sait qu’en Iran, les personnes souhaitant changer de sexe sont aidées financièrement par l’état ou que dans certains pays, les personnes du « troisième » sexe sont considérées comme respectables et bénies, cela laisse un goût amer.

Toujours est-il que le documentaire permet d’entendre les paroles des personnes principalement concernées et qui ne désirent qu’une seule chose, qu’on les traite comme n’importe quel humain ordinaire.

Si on peut reprocher au documentaire de ne faire qu’aborder la question du genre, c’est une belle rencontre qu’il nous propose avec des personnes volontaires qui ne sont pas différentes de nous.

C’est toujours étonnant de découvrir que les sociétés changent, se veulent modernes et restent malgré tout campées sur des valeurs obsolètes. Après tout, le monde est surpeuplé, alors se préoccuper de quelques personnes qui ne participent pas directement à cet aggravement de la situation semblent non pertinent.

Mais sous-jacent, il s’agit bien de continuer à cataloguer les personnes, et comme le dit avec justesse un protagoniste, tout change, mais le sexe est immuable. Remettre en question cela pose de gros problèmes car on ne sait plus à quoi se raccrocher.

Fille ou garçon, mon sexe n’est pas mon genre permet de découvrir un transsexualisme dont on parle moins souvent, celui des filles vers les garçons. Les protagonistes choisis ont des histoires intéressantes à partager et on peut s’offusquer ou rire avec eux. Le documentaire a le mérite de parler d’une minorité qui continue de focaliser une certaine violence à leur encontre et qui sont parfois obligés de cacher une partie de leur vie pour exister en toute tranquillité.

Intéressant et source de méditation sur l’humanité.

IA

SYNOPSIS

Naître femme, se sentir homme et dépasser la frontière entre masculin et féminin. A San Francisco, New-York, Paris et Barcelone, Lynn, Rocco, Kaleb et Miguel incarnent et explorent cette fluidité de genre. Ce voyage les oblige à inventer de nouveaux repères dans un univers sexiste que leur point de vue rend plus criant. Un documentaire qui éclaire la question du masculin / féminin d’une lumière nouvelle et émancipatrice.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Durée du film : 1 h 01
 Titre original : Fille ou garçon, mon sexe n’est pas mon genre
 Date de sortie : 02/03/2016
 Réalisateur : Valérie Mitteaux
 Photographie : Isabelle Razavet - Valérie Mitteaux
 Montage : Sophie Reiter
 Musique : Déborah Degouts
 Producteur : Virginie Bonneau et Elisabeth Perez pour Ostinato Production, CHAZ Productions
 Distributeur : Cinéma Saint-André des Arts

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Fille ou garçon, mon sexe n'est pas mon genre


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