Steve Jobs : La critique

Date : 31 / 01 / 2016 à 14h10
Sources :

Unification


Fort intéressant triptyque que ce Steve Jobs, pas vraiment un biopic, pas vraiment un film... presque théâtral.
Ce long métrage en trois actes, ressemble plus à une tragédie grecque.

Unité de lieu : essentiellement sur scène et un peu en coulisses.
Unité de temps : trois périodes choisies avec soin.
Unité d’action : la présentation des produits qui ont révolutionné la vie des accrocs à l’informatique au cours de ces dernières décennies.
Avec en filigrane, la vie compliquée de ce monsieur, qui du coup, apparaît tout aussi détestable envers sa famille et ses amis que génial envers le public.

Un film qui lève le voile sur un caractère plus que sur une carrière.
Le protagoniste en prend une dimension nouvelle. Différente. Plus que le simple personnage dont on raconte l’histoire, il devient icône, statue de sel, colosse aux pieds d’argile, qui se fissure au fil du temps. De tout puissant, génie, inventeur, il se reconnaît lui-même plus "chef d’orchestre", apte à user du talent d’autrui. En cela, leader, patron, boss, directeur, capitaine d’industrie.. et surtout manipulateur... marionnettiste, illusionniste, magicien, quasi gourou...

Mais ici il n’est nullement question de juger. Le récit est factuel. On assiste à un numéro sur scène et à des règlements de compte "backstage". Le scénario est bien écrit et la mise en scène tient bien la route. Les flashbacks sont bien utilisés, et retracent un parcours éminemment complexe, jalonné de péripéties humaines et sociétales qui parleront à toute une génération.

L’interprétation est irréprochable. Fassbender est charismatique à souhait et toute la distribution le suit avec virtuosité.
Une belle photo, de la profondeur de champs, des ambiances... une reconstitution des différentes époques de qualité, on s’y croirait !
Un cinéma qui allie grand spectacle et intimité des personnages, avec une fluidité incomparable.
Deux heures qui passent à la vitesse de l’éclair. On ne s’ennuie pas une minute. Et en sortant on a envie d’en savoir plus. D’aller plonger dans tous les documentaires, les films produits sur l’homme.
Du cinéma qui en met plein les yeux et rend curieux.
A voir !

DB

Steve Jobs retrace le lancement des trois produits emblématiques de l’homme co-fondateur d’Apple dans les années 80 et 90.

La grande force du film est la qualité du scénario et l’originalité de la trame qui utilise le même lieu pour raconter l’histoire d’un homme dont la vision a révolutionné l’informatique et la façon de percevoir cette dernière.

C’est donc un huis-clos qui se déroule au cœur du lieu des lancements de produits. D’ailleurs le lancement lui-même n’apparaît jamais à l’écran. L’impact des produits lancés ne sont qu’évoqués dans les quelques minutes suivant l’apex de chaque shows.

Et si évidemment le film est focalisé sur Steve Jobs lui-même, c’est par le biais de ses interactions avec les autres personnages que l’on apprend à mieux connaître un homme, visionnaire de génie certes, mais finalement bien peu sympathique. En effet, le scénariste Aaron Sorkin respecte l’œuvre de Walter Isaacson en dépeignant un homme imaginatif et perfectionniste mais ayant une personnalité agressive et un comportement parfois à la limite de la correction.

L’autre grande force du film est de transformer des évènements, qu’une simple recherche sur Internet permet de retrouver, en véritable thriller. Car la tension du compte à rebours de chaque lancement se fait de plus en plus pesante au fur et à mesure que l’heure fatidique arrive. Et les problèmes techniques, jeux de pouvoir tordus, conflits personnels et machinations tissent une trame dense et intense qui capte l’attention tout du long du film.

C’est d’ailleurs un véritable tour de force que d’avoir transformé le lancement d’ordinateur en champs de bataille permettant de dévoiler un Steve Jobs méconnu par le grand public. Un général menant se propres batailles, se coupant parfois de sa base en ayant trop confiance en lui et en ses idées, et faisant peu de compromissions vis-à-vis de ceux qui l’entourent et se donnent sans compter pour lui.

Le film se focalise aussi sur la relation bien étrange que le créateur a avec sa première fille et la mère de cette dernière. Là encore, l’homme ne ressort pas grandit, bien que son humanité finisse par s’exprimer.

La mise en scène est très propre et le spectateur se retrouve projeté dans les coulisses d’un immense show. Décors, lumières et costumes sont très crédibles et donnent l’impression de se retrouver au siècle précédent.

Mais c’est l’interprétation des différents personnages qui est remarquable.

Michael Fassbender réussit à incarner un Steve Jobs plus vrai que nature. Il réussit à dégager à l’écran le même charisme que l’homme qu’il interprète. Ses passes d’armes avec les très bons Seth Rogenen en Steve Wozniak et Jeff Daniels en John Sculley sont parfois anthologiques. Les piques entre les trois protagonistes sont incisives et les échanges souvent vigoureux.

Mais c’est l’excellente Kate Winslet qui apporte la touche de douceur et délicatesse du film. Elle incarne une femme intelligente, brillante et suffisamment proche de Steve Jobs pour lui répondre franchement. Son personnage a une grande profondeur et une éthique bien appréciable dans un milieu sans beaucoup de concession.

Steve Jobs est un très bon film qui n’hésite pas à écorner l’image publique d’un homme qui a révolutionné la façon d’utiliser un ordinateur, le rendant plus humain et intéressant. Avec un casting de haute volée, un scénario remarquablement écrit et interprété et un rythme passionnant, le long métrage se laisse découvrir avec grand plaisir. Si l’homme derrière le mythe ne m’a pas plus attiré que cela, l’œuvre qu’il laisse derrière lui est formidable et découvrir les coulisses des shows de ses lancements est plus que captivant.

Une très belle adaptation d’un véritable tour de force scénaristique.

IA

SYNOPSIS

Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Durée du film : 2 h 02
 Titre original : Steve Jobs
 Date de sortie : 03/02/2016
 Réalisateur : Danny Boyle
 Scénariste : Aaron Sorkin d’après l’œuvre de Walter Isaacson
 Interprètes : Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen, Jeff Daniels, Michael Stuhlbarg, Katherine Waterston, Perla Haney-Jardine, Ripley Sobo
 Photographie : Alwin H. Kuchler
 Montage : Elliot Graham
 Musique : Daniel Pemberton
 Costumes : Suttirat Anne Larlarb
 Décors : Guy Hendrix Dyas
 Producteur : Mark Gordon, Scott Rudin, Guymon Casady, Christian Colson, Danny Boyle pour Management 360, The Mark Gordon Company, Scott Rudin Productions, Universal Pictures, Legendary Pictures, Cloud Eight Films, Decibel Films
 Distributeur : Universal Pictures International France

LIENS

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