Elser un héros ordinaire : La critique
Elser a mis des décennies avant d’être reconnu par l’Allemagne comme résistant. C’est cette histoire étonnante d’un homme seul qui, prenant conscience de la paupérisation grandissante des ouvriers allemands après l’élection d’Hitler en 1933, ainsi que du traitement de plus en plus dur des juifs, a décidé d’éliminer le chef de l’État allemand dans un attentat à la bombe.
Un attentat qu’il a planifié et exécuté seul. Et malgré les efforts fournis par la Gestapo pour lui faire avouer le nom de ses complices, il répond que s’il avait approché des gens avec cette idée, personne ne l’aurait suivi. Et c’est un fait, car en Allemagne, dans les années 30, Hitler apparaissait comme le sauveur du peuple allemand et personne n’imaginait les années noires qui allaient suivre son ascension au pouvoir.
Après une ouverture sur les dernières mises au point de l’attentat à la bombe et son arrestation, c’est une alternance de flash-backs et de moments présents qui s’enchaînent. On en apprend ainsi plus sur Elser, un homme loin d’être irréprochable, le petit village dans lequel il revient pour aider sa famille et la femme qu’il aime. Cette progression dans les années 30 permet de comprendre la prise de décision qui l’anime de commettre un attentat terroriste pour éliminer un homme dont il redoute que les actions n’entraînent l’Allemagne vers la guerre et le chaos.
Et pour atteindre Hitler, c’est vers une bombe artisanale qu’il réalise de ses mains qu’il se tourne. Une bombe qui tuera 8 personnes dont des civils, mais épargnera son destinataire qui avait quitté la salle 13 minutes plus tôt.
Le film ne fait pas d’extrapolation sur un futur sans Hitler. Il se contente de narrer sobrement le destin étonnant d’un homme quelque peu visionnaire qui a voulu employer la force pour éviter à son pays un avenir sombre et qui dans d’autres circonstances, n’aurait pas été reconnu a posteriori résistant, mais simple terroriste.
Si Elser dévoile dès le début que le rôle-titre se fait arrêter pour l’attentat qu’il vient de perpétrer, il se laisse néanmoins voir comme un film à suspense dont on attend les rebondissements, d’autant que ces derniers ont réellement eu lieu. Ce qui permet d’ailleurs de découvrir certaines méthodes d’interrogatoire de la Gestapo.
Bien réalisé, avec une Allemagne des années 30 qui semble fidèle à l’originale, c’est l’interprétation de Christian Friedel dans le rôle d’Elser qui permet au film de se démarquer d’autres œuvres historiques. Ce dernier campe un personnage ambigu mais dévoué à la cause qu’il croit juste. Il porte avec conviction les habits d’un homme ayant réellement existé, exercice de style toujours délicat.
Elser est un film fort intéressant sur un événement peu connu de l’avant seconde guerre mondiale. Si l’ambiguïté de réaliser un film autour d’un personnage ayant causé la mort d’innocents pour attendre une unique personne peut se poser, l’œuvre ne présente jamais le personnage comme un homme irréprochable.
C’est aussi la force du cinéma de faire découvrir l’histoire de façon moins rebutante que certains livres.
Instructif.
SYNOPSIS
Allemagne, 8 Novembre 1939. Adolf Hitler prononce une allocution devant les dirigeants du parti nazi dans la brasserie Bürgerbräu à Munich. Une bombe explose, mais Hitler ainsi que Joseph Goebbels, Heinrich Himmler, Martin Bormann et d’autres ont quitté les lieux quelques minutes plus tôt. L’attentat est un échec. Rattrapé à la frontière suisse alors qu’il tentait de s’enfuir, Georg Elser est arrêté puis transféré à Munich pour être interrogé. Pour les Nazis, il s’agit d’un complot et on le soupçonne d’être un pion entre les mains d’une puissance étrangère. Rien ne prédestinait Georg Elser, modeste menuisier, à commettre cet acte insensé ; mais son indignation face à la brutalité croissante du régime aura réveillé en lui un héros ordinaire…
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 54
– Titre original : Elset
– Date de sortie : 21/10/2015
– Réalisateur : Oliver Hirschbiegel
– Scénariste : Fred Breinersdorfer, Léonie-Claire Breinersdorfer
– Interprètes : Christian Friedel, Katharina Schüttler, Burghart Klaußner, Johann von Bülow, David Zimmerschied, Rüdiger Klink, Cornelia Köndgen, Michael Kranz
– Photographie : Judith Kaufmann
– Montage : Alexander Dittner
– Musique : David Holmes
– Costumes : Bettina Marx
– Décors : Benedikt Herforth, Thomas Stammer
– Producteur : Oliver Schündler, Boris Ausserer, Fred Breinersdorfer pour Lucky Bird Pictures
– Distributeur : Sophie Dulac Distribution
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