Big Eyes : La critique

Date : 16 / 03 / 2015 à 15h30
Sources :

Unification


Avec Big Eyes, le réalisateur Tim Burton signe son deuxième biopic. Il n’a pas tout de suite été intégré au projet, les scénaristes, Scott Alexander et Larry Karaszewski, désiraient le réaliser eux-mêmes. Après quelques difficultés dans la mise en œuvre du film, ils ont proposé à Burton la réalisation, recréant ainsi la même équipe que sur Ed Wood.

De premier abord, le dernier film de Tim Burton ne ressemble en rien à un film de Tim Burton. Pas d’esthétique particulière, d’ambiance particulière mais des gros plans, des décors réalistes.

Ce que l’on retient de ce film c’est sa sobriété : dans les images, le montage, le scénario même : pas d’effet de style, pas d’effet de suspense. L’histoire se déroule d’une manière assez linéaire se concentrant certes sur les moments clés de la vie de Margaret Keane en tant que peintre. Il n’y a jamais d’exagération, de surenchère. Il faut dire que l’histoire se suffit à elle-même, mais justement sa richesse aurait pu donner un film très dynamique.
Tim Burton est lui-même un admirateur de la peintre à qui il a fait plusieurs commandes par le passé. Les scénaristes ont aussi côtoyé l’artiste pendant l’écriture. Cela a certainement joué dans le fait qu’il n’y ait pas de scène "spectaculaire", que le film ait gardé une certaine pudeur. Il s’agit là de raconter une vie pas d’en faire un spectacle à tout prix.

Le film est bien interprété et Amy Adams offre une belle performance dans son rôle de Margaret Keane. Côté musique, la bande-son de Dany Elfman est sans originalité, en dessous de ce que nous propose le compositeur en général.

L’intérêt du film réside avant tout dans l’histoire vraie qui est racontée : une des plus grandes supercheries du marché de l’art, la prise de conscience d’une femme et la mise en place du marketing grand public en matière d’art.

G

Big Eyes est l’histoire vraie d’une imposture dans le monde de l’art. En effet à la suite d’un quiproquo, le mari de l’artiste s’attribue les peintures, et le talent, de sa femme.
Outre le fait que l’histoire a défrayé la chronique dans les années 90, c’est surtout l’occasion de se pencher sur le processus créatif et la condition de la femme dans les années 50-60 aux États-Unis.

Si le spectateur compte voir le dernier Tim Burton, il risque d’être surpris car la réalisation est classique, voire sage. Seule deux scènes permettent de retrouver le Burton fantasmagorique que l’on connait plus. Pour autant le film, s’il est moins bon que le précédent biopic du réalisateur sur Ed Wood, n’en est pas moins réussi.
Serait-ce aussi une tentative de Tim Burton de s’essayer à un autre style de mise en scène, avec moins de moyens, que ses précédentes œuvres jamais complètement réussies ? L’avenir nous le dira. Toujours est-il qu’il offre un beau portrait de femme et une réflexion intéressante sur l’art et le merchandising à travers les deux Kaene qui ont inspiré le scénario.

L’histoire, écrite par Scott Alexander et Larry Karaszewski, a mis des années avant d’être finalisée et d’avoir l’aval de la véritable Margaret Keane. Il aura encore fallut attendre une poignée d’années supplémentaire avant que cette dernière trouve enfin le chemin des grands écrans.

Les acteurs sont impeccables. Amy Adams est plus que convaincante dans cette femme avant-gardiste qui décide de quitter son mari, comme le dit le prologue du film, à une époque où ce n’était pas encore la mode. Mais ce n’est que pour retomber sur un nouveau mari qui ne sera pas l’homme qu’elle cherche vraiment. Amy Adams donne une véritable luminosité à son personnage, entre la passion de la peinture qui l’anime, et celle, indéfectible, qu’elle porte à sa fille. Il faut toutefois avouer que son rôle n’aurait pas eu une telle puissance si son partenaire masculin n’avait pas été à la hauteur. Christoph Waltz en homme ambitieux aimant l’argent est superbe. C’est d’ailleurs le Walter Keane qu’il interprète avec brio qui réussit, à travers des articles dans des journaux, des événements publicitaires et la mise à disposition à petit prix de l’art pour les masses populaires, à porter les tableaux de sa femme sur le devant de la scène. L’acteur excelle dans le rôle de cet homme tantôt charmant, tantôt tyrannique.
L’alchimie entre les deux acteurs est réelle et permet au film de faire passer un bon moment au spectateur.
Il faut aussi noter le très bon Terence Stamp dans le rôle du critique d’art détestant les Keane.

Le film n’a eu qu’un budget de 10 millions de dollars, mais la reconstitution des années 50 et 60 est plutôt convaincante. Le film a d’ailleurs été tourné dans plusieurs endroits dont Hawaï qui nous offre de très beaux paysages.

Big Eyes est un film qui m’a beaucoup plu, tant pour l’atmosphère des années 60 aux États-Unis que pour le propos dont il nous parle. Si l’histoire des tableaux des Keane à fait grand bruit, il n’en reste pas moins que ces œuvres ont un charme certain et que leur créatrice est une femme attachante. Le film de Burton ne jette d’ailleurs pas la pierre au mari de Margaret en restant fidèle à la pensée de cette dernière, qui estime qu’elle n’aurait jamais eu ni succès, ni argent sans le génie commercial de son mari Walter.
Un biopic intéressant, parfois charmant et légèrement suranné qui parle d’une époque révolue, mais reste d’actualité en ce qui concerne l’art, la création et la condition de la femme dans un milieu très difficile.

A voir sans hésiter pour voyager dans le temps et discuter pendant des heures sur ce qu’est véritablement l’art.

IA

SYNOPSIS

BIG EYES raconte la scandaleuse histoire vraie de l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art. À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret. L’extraordinaire mensonge des Keane a réussi à duper le monde entier. Le film se concentre sur l’éveil artistique de Margaret, le succès phénoménal de ses tableaux et sa relation tumultueuse avec son mari, qui a connu la gloire en s’attribuant tout le mérite de son travail.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Durée du film : 1 h 45
 Titre original : Big Eyes
 Date de sortie : 18/03/2015
 Réalisateur : Tim Burton
 Scénariste : Scott Alexander, Larry Karaszewski
 Interprètes : Amy Adams, Christoph Waltz, Danny Huston, Krysten Ritter, Jason Schwartzman, Terence Stamp, Jon Polito, James Saito
 Photographie : Bruno Delbonnel
 Montage : Joseph C. Bond
 Musique : Danny Elfman
 Costumes : Colleen Atwood
 Décors : Rick Heinrichs
 Producteur : Scott Alexander, Larry Karaszewski, Lynette Howell, Tim Burton pour Silverwood Films, Electric City Entertainment, Tim Burton Productions, The Weinstein Company, Moving Pictures
 Distributeur : StudioCanal

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