Un sort pour éloigner les ténèbres : La critique
On fait des films pour plusieurs raisons, qui vont du divertissement pur, au film militant en passant par la romance, le film historique, le documentaire, le film expérimental, etc…
Je suis une amatrice éclairée, surtout en ce qui concerne le film de genre et ai des goûts très éclectiques. Je peux aussi bien m’émouvoir devant un court métrage expérimental que rester de marbre devant un blockbuster déjà vu 100 fois.
Cette introduction sert à montrer qu’évidemment dans une critique une forte part du ressenti est personnel, et qu’une critique est par définition liée à la personne qui l’émets.
Disons tout que suite que je n’ai pas aimé Un sort pour éloigner les ténèbres. Du tout.
Quant au titre, ne cherchez pas, il ne se rapporte à rien dans le film.
Le film peut se décrire en 3 segments :
– Le premier concerne une communauté libertaire dans une petite île d’Estonie. On y découvre les personnes y vivant à travers leurs interactions et les taches qu’ils font dans une partie très documentaire.
– Le deuxième se focalise sur un homme, qui a fait un passage dans la communauté, et sa vie en ermite dans la nature pour une partie très contemplative.
– Le troisième est un concert de black-métal néo-païen dans un bar norvégien dans lequel l’homme du segment précédent est un guitariste.
En ce qui concerne le scénario, il faut être réaliste, il n’y en a pas. Du tout. Et un film sans même un semblant de scénario ne marque pas beaucoup de points chez moi.
Si on veut se pencher sur les acteurs, il n’y en a pas. Des musiciens plutôt bons dans les 40 dernières minutes, on en trouve, mais de véritable comédiens, que nenni.
La mise en scène, le cadrage et la photographie… Il y a quelques belles images de nature. Cela fait franchement maigre. Mais on a droit à une caméra à l’épaule qui tressaute, des plans fixes interminables ou avec un travelling circulaire qui qui fait plusieurs fois un panorama à 360°, comme dans la longue introduction qui permet de montrer les abords d’un lac en boucle, en silence, pour bien entrer dans le film. Sans compter les zooms flous et les gros plans dans lesquels on ne voit plus grand-chose. Il n’y a peu à dire au niveau du montage si ce n’est que coller des séquences filmées les unes à la suite des autres sans recherche et réflexion ne correspond pas à ma définition du métier. J’aime le cinéma expérimental, mais j’ai aussi mes limites.
En voyant le nombre personnes qui ont participé à la technique, j’en ai été plus qu’étonnée… Tant de gens pour ça…
Quant au son, soit il n’y en a pas, soit une prise son naturelle qui a un rendu plus ou moins amateur, soit une musique qui explose les tympans. C’est d’ailleurs à mon avis le seul point positif du film. Cette musique de métal dont je ne suis pas une connaisseuse qui a l’air plus que correcte. Evidemment, avec des bouchons d’oreille (il faut toujours être prévoyant) enfoncés jusqu’au cerveau, cela ne permet pas trop d’apprécier la subtilité d’un air.
Je ne peux pas honnêtement conseiller Un sort pour éloigner les ténèbres.
Si vous avez envie de le voir, je vous dirais d’y aller car après tout je ne me permettrais pas de dire que mon avis est d’évangile. Sinon, franchement passez votre chemin.
J’émets aussi un avis concernant les amateurs de métal. Ces derniers devraient apprécier les 40 minutes de concert qui terminent le film. Reste à savoir si pour l’amour de la musique ils sont prêts à se voir 1 h 00 d’images pénibles à supporter.
Le film a reçu le Prix du meilleur documentaire étranger à l’International Film Festival de Turin et le New vision Award au CPH:DOX, le Festival international du film documentaire de Copenhague. Comme quoi certains l’ont aimé…
SYNOPSIS
Un homme intègre une communauté libertaire dans une petite île d’Estonie. Il s’isole ensuite en pleine Finlande septentrionale où il décide de vivre en ermite. Et devient enfin le chanteur d’un groupe de black-métal néo-païen en Norvège. Une expérience utopique, sonique et transcendante sur les trois moments de la vie d’un homme.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 38
– Titre original : A Spell to Ward Off the Darkness
– Date de sortie : 18/03/2015
– Réalisateur : Ben Rivers, Ben Russell
– Scénariste : Ben Rivers, Ben Russell
– Interprètes : Robert A.A. Lowe, Hunter Hunthendrix, Marten Kaevats, Iti Kaevats, Merit Kask, Kadri Kontus, Taraka Larson, Nimai Larson
– Photographie : Ben Russell
– Montage : Ben Rivers, Ben Russell
– Musique : Veldo Tormis, Lichens, Queequeg
– Producteur : Julie Gayet, Nadia Turincev, Indrek Kasela pour Rouge international, Black Hand
– Distributeur : Zootrope Films
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