American Hero : La critique
Si vous aviez des pouvoirs télékinétiques depuis tout petit et que vous n’en faisiez rien, quelle pourrait être votre vie ? C’est cette thématique qu’exploite American Hero. Car ce jeune homme américain est noceur, buveur, bagarreur et utilise ses pouvoirs pour s’amuser et se simplifier la vie.
Mais comme le disent certains super-héros, avoir des pouvoirs entraîne des devoirs et le « héros » du film va se rendre compte qu’il pourrait utiliser ses capacités pour aider les autres.
Néanmoins, le film est loin des autres œuvres de super-héros qui fleurissent régulièrement sur nos écrans depuis ces dernières années. Les amateurs risquent d’être déçus : pas de villes détruites, de combats dantesques contre une Némésis surarmée, de Terre à sauver, de fin du monde à éviter et de chaton à aller descendre de son arbre.
Si les effets spéciaux sont bien faits, ils restent en retrait et hors une scène impressionnante, restent se font plutôt discrets. On pourrait arguer du fait que le film n’a pas un budget conséquent, mais cette économie visuelle permet à l’originalité d’éclore et d’offrir un long métrage sortant des sentiers battus et posant des questions existentielles et pertinentes.
Car plus qu’un scénario pas très novateur, c’est le traitement des personnages qui retient l’attention.
Le « héros » est une tête à claques et sa vie sans intérêt entraîne les quelques longueurs du film. Stephen Dorff est très bon dans ce rôle de looser qui va décider de prendre sa vie en charge. Il est crédible en homme costaud qui est capable de plus d’intelligence que de prime abord.
Mais c’est vraiment son partenaire qui est la grande trouvaille du film. Eddie Griffin est surprenant dans l’interprétation de cet ancien soldat qui est cloué dans un fauteuil roulant et sert à la fois de conscience et de moteur décisionnel à son meilleur ami. Le comédien est excellent et éclipse souvent son partenaire. Et s’il apporte régulièrement du comique aux situations mises en scène, sa présence est très forte et l’alchimie qui le lie à Stephen Dorff très puissante.
Ce duo souvent bancal, mais complémentaire permet d’aborder des sujets forts comme l’amitié, la famille et le handicap. Des éléments importants qui permettent de brosser un certain portrait d’une vision de l’Amérique pas souvent montrée, et encore moins de cette façon originale.
La réalisation de Nick Love est efficace et permet de suivre les tribulations du personnage principal à travers une sorte de documentaire que l’on fait sur lui. Mais il ne s’agit pas d’une œuvre en found footage et la mise en scène permet de mettre en valeur d’étranges lieux comme une casse de voitures ou un vieil immeuble désaffecté, endroits emblématiques du film.
American Hero est un film étonnant et d’un certain point de vue rafraichissant. Plutôt que sur les supers-pouvoirs, c’est sur l’homme qu’il se focalise. Mais sans jamais laisser l’histoire être supplantée par les effets spéciaux. Le traitement du récit et le personnage principal parfois fort irritant pourrait surprendre, mais l’étude sociologique et psychologique du super-héros est fort intéressante et le film est divertissant.
À découvrir même si on n’est pas adepte des super-héros. Et à fuir si seules des scènes d’action ininterrompues vous attirent.
Un bien beau duo de personnages dans un film de genre offrant une alternative intéressante à ce que l’on voit ces dernières années.
SYNOPSIS
Melvin est super-héros malgré lui. La trentaine bien entamée, il habite encore chez sa mère et ne vit que pour la fête, les femmes et la drogue. Jusqu’au jour où il réalise que la seule façon pour lui de revoir son fils, que la justice lui interdit d’approcher, c’est d’accepter son destin, et d’exploiter ses super pouvoirs pour lutter contre le crime.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 26
– Titre original : American Hero
– Date de sortie : 08/06/2016
– Réalisateur : Nick Love
– Scénariste : Nick Love
– Interprètes : Stephen Dorff, Eddie Griffin, Luis Da Silva Jr., Christopher Berry, Yohance Myles, Andrea Cohen, Raeden Greer, King Orba
– Photographie : Simon Dennis
– Montage : Richard Graham
– Musique : Lorne Balfe
– Costumes : Jessica Flaherty
– Décors : Forest Fagan
– Producteur : Allan Niblo, James Richardson, Nick Love pour Vertigo Films
– Distributeur : Chrysalis Films
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