Invincible : La critique

Date : 04 / 01 / 2015 à 14h10
Sources :

Unification


Invincible est le film remarquable d’une histoire incroyable et d’une vie qui sort de l’ordinaire. Que ce soit au niveau de la réalisation, de l’interprétation, des décors, des costumes ou des lieux de tournage choisis, aucune fausse note n’est à relever.

L’histoire parait invraisemblable et pourtant elle est vraie. "Louie" Zamperini a été un champion américain de course à pieds, un « mileur » (spécialiste du mile, soit 1 609 mètres) avant de se retrouver sous-lieutenant dans un bombardier puis prisonnier par les japonais pendant 2 ans et demi après avoir erré en mer pendant 47 jours sur un canot pneumatique.
Le scénario reprend des moments marquant de la vie de Zamperini, couvrant une vingtaine année de sa vie, soit de la fin de son enfance à sa délivrance par les américains.
Le script adapte très bien le livre de Laura Hillenbrand dont est tiré l’histoire.
Et pour ceux qui se poseraient la question, la scène de la poutre, chronométrée en douce par un ami de Zamperini a durée 37 minutes. Ca parait invraisemblable, mais c’est bien vrai !

Ce livre est d’ailleurs passionnant et apporte un complément plus qu’intéressant au film. En effet si l’histoire de Zamperini est montrée dans Invincible, il ne s’agit que d’une partie de sa vie. Ses épreuves ont été plus nombreuses et son traitement dans les camps japonais plus horrible encore que ce qui nous est montré.
Laura Hillenbrand brosse en plus un portrait passionnant du milieu des coureurs des années 20 et 30, de la vie de l’armée de l’air américaine et de celle dans les camps de prisonniers japonais. Le tout avec une multitude de détails passionnants et de chiffres parfois incroyables. Ce grand travail documentaire extrêmement minutieux et parfaitement retranscrit ajoute une grande valeur historique à la vie d’un homme qui a eu la chance, ou la malchance, de vivre une vie hors du commun.
La dernière partie du livre, qui n’est pas vraiment traité dans le film, est consacrée au retour, très difficile, de Zamperini dans un monde d’après-guerre et montre aussi les séquelles que les anciens prisonniers de guerre ont eues à vie.

Angelina Jolie montre qu’avec ce film ambitieux, à gros budget et très compliqué à réaliser, elle est une grande réalisatrice sur laquelle il faudra compter dans les années à venir. Cette dernière maitrise parfaitement les scènes dantesques comme celles plus intimistes et nous offre un film splendide.

Les acteurs sont tous justes et excellents. Ils n’en font jamais trop et rendent parfaitement hommage aux hommes dont ils incarnent la vie, et parfois la mort. Ceux qui étaient dans les camps de prisonniers se sont d’ailleurs astreints à un régime draconien afin de perdre jusqu’à 15 kilos pour montrer la maigreur et l’état d’émaciation qui était la norme dans les camps. Le grand travail fait sur les costumes, coupés plus larges permet encore de renforcer cette impression visuelle. Les personnages sont alors encore plus véridiques et frappants, cet ensemble rendant les scènes parfois très dures.

C’est aussi un grand plaisir de retrouver dans le rôle titre Jack O’Connell qui après avoir été bluffant et impressionnant dans Les poings contre les murs et ’71 incarne encore avec un grand brio un personnage formidable. Jack O’Connell est Louis Zamperini et si ce dernier est décédé il y a quelques mois seulement à l’âge de 94 ans, il n’aurait pas renié son représentant cinématographique, d’autant qu’il l’avait rencontré lors de la préparation de son rôle.

Quant au tortionnaire de Zamperini, il est parfaitement interprété par Miyavi, le guitariste et auteur-compositeur, dont c’est le premier rôle d’acteur dans un film en anglais. Il réussi à rendre le personnage aussi attractif tout en étant monstrueux que les rapports des différents prisonniers le décrive. Il réussi aussi à parfaitement rendre la solitude et les ambitions déçues de cet homme très cultivé, maitrisant parfaitement le français dont il est un spécialiste de la littérature, et ses problèmes psychiatriques.

La photographie de Roger Deakins est superbe. Que ce soit au niveau de Torrance, la ville de Zamperini, aux jeux olympique de Berlin en 1936, à bord du bombardier, ou de la base militaire, en pleine mer ou dans les camps de prisonniers, on croit sans hésiter à toutes les images qui nous sont montrées sans que ces dernières nous paraissent artificielles.

Les décors de Jon Hutman et les costumes de Louise Frogley sont à l’échelle du reste du film : grandioses, réalistes et véridiques.

Invincible est un film incroyable et magnifique qui nous conte l’histoire d’une vie fantastique et de la résilience humaine. On ne peut qu’être hypnotisé et ému par toutes ces vies sacrifiées. C’est d’ailleurs la grande force du film que de nous montrer une époque révolue, des actes innommables sans jamais donner une leçon de morale ni critiquer les actions des uns et des autres. Car à l’époque le soldat japonais faisant preuve de compassion était au mieux battu par les siens dans cette société si différente des sociétés occidentales.

Un film merveilleux à aller voir sans hésiter. C’est presque dommage qu’il ne dure que 2h17.
Un véritable chef d’œuvre.

SYNOPSIS

L’incroyable destin du coureur olympique et héros de la Seconde Guerre mondiale Louis "Louie" Zamperini dont l’avion s’est écrasé en mer en 1942, tuant huit membres de l’équipage et laissant les trois rescapés sur un canot de sauvetage où deux d’entre eux survécurent 47 jours durant, avant d’être capturés par la marine japonaise et envoyés dans un camp de prisonniers de guerre.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Durée du film : 2 h 17
 Titre original : Unbroken
 Date de sortie : 07/01/2015
 Réalisateur : Angelina Jolie
 Scénariste : William Nicholson, Richard LaGravenese, Joel Coen, Ethan Coen
 Interprètes : Jack O’Connell, Domhnall Gleeson, Garrett Hedlund, Jai Courtney, Miyavi, Finn Wittrock, Maddalena Ischiale, Vincenzo Amato
 Photographie : Roger Deakins
 Montage : Tim Squyres
 Musique : Alexandre Desplat
 Costumes : Louise Frogley
 Décors : Jon Hutman
 Producteur : Matthew Baer, Angelina Jolie, Erwin Stoff, Clayton Townsend pour Universal Pictures, 3 Arts Entertainment, Legendary Pictures, Jolie Pas
 Distributeur : Universal Pictures International France

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