Les poings contre les murs : La critique
SYNOPSIS
Eric est un jeune délinquant violent prématurément jeté dans le monde sinistre d’une prison pour adultes. Alors qu’il lutte pour s’affirmer face aux surveillants et aux autres détenus, il doit également se mesurer à son propre père, Nev, un homme qui a passé la majeure partie de sa vie derrière les barreaux. Eric, avec d’autres prisonniers, apprend à vaincre sa rage et découvre de nouvelles règles de survie, mais certaines forces sont à l’œuvre et menacent de le détruire.
NOTRE AVIS
Les poings contre les murs est un film qui parle de prison. Mais d’une façon qui est moins classiquement traitée. On ne trouve pas de scène de viol dans les douches, ni de trafic détaillé de substances illicites et encore moins de plan d’évasion. Certes on voit les petits trafics et les sphères d’influence que l’on retrouve dans un lieu clos, mais le principe du film est de nous décrire une prison réaliste. On nous montre ainsi un lieu fermé dont la principale activité des prisonniers est d’attendre : la douche, le repas, la sortie…
Jack O’Connell interprète avec beaucoup de crédibilité le jeune personnage principal de l’histoire. Ses crises de violence sont très impressionnantes, ainsi que ses affrontements avec d’autres prisonniers ou des gardiens. L’acteur s’est impliqué très physiquement dans son rôle au point de s’éclater la main. L’autre acteur principal interprète son père qui après avoir passé de nombreuses années en prison décide d’intervenir, parfois maladroitement, dans la vie de cet enfant qu’il découvre et aime.
Le troisième personnage principal est le thérapeute responsable du groupe de gestion de la violence. Ce dernier est très réaliste. Il est d’ailleurs conseillé par le scénariste Jonathan Asser qui a passé des années en prison à occuper ce rôle.
Le scénario est très finement écrit. La vraisemblance des situations et les relations entre individus sont très réalistes. Jonathan Asser s’est beaucoup inspiré de sa vie et de ce qu’il a vécu en prison pour écrire son histoire. Il a d’ailleurs été présent pendant toute la durée du tournage comme consultant. Les parties du film concernant la gestion de la colère des prisonniers sont très bien faites et interprétées. Elles font prendre conscience d’un certain nombre de facteurs que l’enfermement rend encore plus présents. Ces hommes ont parfois du mal à accepter leurs faiblesses et fragilités et transforment le moindre évènement en pic de violence.
Cette démarche est celle qui apporte de l’espoir dans un environnement très dur dans lequel les prisonniers ne sont finalement plus vraiment responsables de leur vie. C’est aussi la lueur positive du film.
L’histoire est prenante. On s’attache à ce jeune en manque de repères qui ne sait s’exprimer que par violence. La dernière partie du film nous laisse accroché à notre fauteuil d’autant qu’on ne sait pas vraiment la direction que peut prendre l’histoire.
Le film est bien réalisé. L’univers clos est parfaitement rendu et filmé, nous mettant au cœur de l’intrigue sans que la musique ne nous détourne de l’histoire.
Au final Les poings contre les murs est un très beau film. Sa dureté et sa violence pourraient en rebuter certains, mais il serait dommage de passer à côté d’un film réaliste et intéressant. Le groupe de gestion de la colère semble être une bonne idée pour aider des hommes qui finalement veulent se sortir du cercle vicieux de la violence.
Un film peu drôle mais emprunt d’une certaine beauté qui ne peut laisser indifférent.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 45
– Titre original : Starred up
– Date de sortie : 04/06/2014
– Réalisateur : David Mackenzie
– Scénariste : Jonathan Asser
– Interprètes : Jack O’Connell, Ben Mendelsohn, Rupert Friend, David Ajala
– Photographie : Michael McDonough
– Montage : Jake Roberts, Nick Emerson
– Costumes : Susan Scott
– Décors : Tom McCullagh
– Producteur : David Mackenzie, Gillian Berrie pour Sigma Films
– Distributeur : Wild Side Films / Le Pacte
LIENS
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PORTFOLIO
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