A Most Violent Year : La critique
Nouveau coup de poing dans la figure. Après la violence des éléments dans All is lost, JC Chandor revient vers celle du capitalisme si bien décrite dans Margin Call ; mais cette fois avec une touche "film de gangsters" du meilleur effet.
En amoureux de New-York, le réalisateur nous offre une peinture de la ville qui n’est pas sans rappeler les plus belles productions filmées dans ces décors superbes et à la fois angoissants.
Sous la neige, qui a donné au grand bonheur du cinéaste un ton spécial au film en dépit des difficultés de tournage, et grâce à une parfaite reconstitution, on se croirait véritablement revenu dans les années quatre-vingt ! Comme si le film avait été tourné à ce moment là.
Sur le fond comme sur la forme, ce long métrage de plus de deux heures, qui passe comme un éclair, n’a rien à envier aux fleurons du genre. Dont l’inspiration baigne l’atmosphère... comment ne pas penser à French Connection de William Friedkin, pendant la scène de poursuite, même si elle possède sa propre identité. Elle se suit avec le même bonheur.
Evidemment le film en évoque quelques autres, et on s’attendrait presque à croiser un De Niro ou un Pacino au coin de la rue. Mais Oscar Isaac n’a pas à rougir de son talent. Il leur tient la dragée haute.
On s’attache à son personnage d’autant plus qu’il le pare d’une sincérité déconcertante. C’est le combat d’un homme pour préserver ce qu’il a construit, le plus honnêtement possible, dans un monde qui ne connaît pas l’honnêteté.
C’est très bien vu.
La mise en scène et le jeu des acteurs sont d’une grande sobriété. On est pourtant typiquement dans la démesure de ces années "où tout était permis"... ou presque.
Le tout est parfaitement dosé.
La violence du monde "des affaires", qui peut se comprendre ici autant dans l’industrie que dans la gestion mafieuse des capitaux, est terriblement convaincante. Toutes proportions gardées, on s’approche de l’analyse faite sur l’univers des camionneurs et leur syndicat, devenu celui du crime, à la fin des années trente, dans le formidable F.I.S.T. de Norman Jewison. Tourné à la fin des années soixante-dix, ce petit chef-d’oeuvre était emprunt de cette ambiance si particulière, ressentie à l’aube des années quatre-vingt. Difficile à exprimer, mais bien retranscrite par Chandor dans cette si "violente année".
C’est bien écrit, bien réalisé, et remarquablement bien interprété. Et même si un petit côté "déjà vu" s’immisce, on perçoit une petite pointe d’originalité, dans ce tableau d’une société, d’une époque, qui nous semble à la fois si loin et si proche. Dont le décor, d’un New York quasi intemporel nous reste à jamais familier.
Violent, autant qu’a pu l’être la période concernée. Une belle force d’évocation.
Un véritable uppercut.
Très réussi.
SYNOPSIS
1981, l’année la plus violente que New York ait jamais connue. Abel Morales, un self-made man ambitieux, et sa femme Anna, sont sur le point de signer un contrat déterminant pour leur société. Si leur capital provient de sources illicites, Abel tient à s’enrichir en toute honnêteté. Mais rester intègre n’est pas chose facile dans une ville où règnent criminalité, corruption et Mafia…
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 2 h 05
– Titre original : A most violent year
– Date de sortie : 31 décembre 2014
– Réalisateur, Scénariste : J. C. Chandor
– Interprètes : Oscar Isaac, Jessica Chastain, Albert Brooks
– Photographie : Bradford Young
– Montage : Ron Patane
– Musique : Alex Ebert
– Costumes : Kasia Walicka-Maimone
– Décors : John P. Goldsmith, Melanie J. Baker
– Producteurs : Before The Door Pictures, Washington Square Films, Participant Media, magenation Abu Dhabi FZ
– Distributeur : StudioCanal
LIENS
– SITE OFFICIEL
– ALLOCINÉ
– IMDB
PORTFOLIO
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.














