Le chant de la mer : La critique
"Longtemps considérés comme des créatures sacrées, les phoques appartiennent depuis des siècles aux légendes celtes. Les marins pensaient qu’ils incarnaient l’âme des disparus en mer. Aujourd’hui leur espèce est menacée et ces légendes sont également en voie de disparition. Pourtant elles ne cessent de donner un sens à notre monde. Le Chant de la mer revisite ces légendes en s’inspirant entre autres de celle des Selkies."
C’est ainsi que Tomm Moore présente son œuvre, en racontant que c’est une vision choquante et malheureusement trop réelle qui l’a inspiré.
"C’est en vacances, sur la côte ouest irlandaise dans le comté de Dingle, avec mon fils Ben, alors âgé de 10 ans, que l’idée du Chant de la mer est née. Un matin, nous avons découvert de nombreux phoques échoués sur la plage. J’avoue que cette vision nous a profondément choqués. Ce massacre avait été perpétré par les pêcheurs qui les tenaient pour responsables de la raréfaction des poissons. Ce raisonnement est non seulement scientifiquement absurde mais le massacre des phoques n’a jamais fait revenir les poissons…"
C’est à partir de ce triste constat que l’envie lui a pris "d’enchanter" un peu les Hommes pour leur faire entendre la douce musique de l’Amour, telle que la vivent les créatures les plus secrètes, enfouies au fond de nous.
“ Viens enfant des hommes, viens. Vers le lac et vers la lande, en tenant la main d’une fée. Car il y a plus de larmes au monde que tu ne peux le comprendre."
Le prologue du Chant de la mer est une invitation universelle. Et le film le reflet œcuménique d’une production internationale, de l’Irlande à la France, en passant par la Belgique, le Luxembourg et le Danemark, qui témoigne de cette universalité du sentiment d’Amour.
Le vecteur du Merveilleux, de l’Enfance, l’âge où tout est possible, l’âge de la Pensée Magique, l’aspect légendaire, autorisent toutes les audaces et les personnages ne s’en privent pas. L’histoire est très belle et émouvante. Elle est racontée avec talent.
Techniquement, l’animation est agréable et l’habillage sonore et musical tout à fait approprié. Envoutant.
(La Bande originale du film est à découvrir chez MERCURY RECORDS / UNIVERSAL.)
Le style est volontairement daté et Moore assume parfaitement sa nostalgie. Et son petit héros a "un petit quelque chose de lui et de son fils à la fois"...
"Avec ses lunettes 3D et sa cape, Ben adopte d’emblée le parfait costume du super-héros. Le fait qu’il porte ces lunettes est également un clin d’œil à la fin des années 1980 et la mode des comics en 3D relief. Aujourd’hui, alors que le cinéma d’animation est dominé par cette technique, Le Chant de la mer est un film traditionnel 2D. J’aime la douce ironie du personnage principal dessiné à la main en 2D portant des lunettes 3D comme si c’était un gadget d’un autre monde !" avoue-t-il.
De quoi ravir et captiver autant les grands que les petits.
Un film charmant dans le véritable sens du terme. Magnifique.
DB
Le chant de la mer est un très beau et poétique dessin animé qui s’inspire des selkies et des légendes celtes. Mais qu’est-ce donc les selkies ? Il s’agit de personnages féériques ayant une apparence de phoques dans la mer et de femmes sur terre. Si un homme dérobe leur peau, ces dernières sont condamnées à rester sur terre jusqu’à ce qu’elles puissent récupérer leur peau et rentrer au pays des ondes. Elles peuvent aussi avoir des enfants de pères humains, mais l’appel de la mer reste toujours très fort.
C’est d’ailleurs sur ce principe qu’est basé le film. En effet, c’est l’aventure des deux enfants d’une selkie et d’un humain que nous conte Le chant de la mer. Les événements se passent pendant Halloween, jour qui permet aux êtres féériques d’arpenter le sol terrestre et de se mêler à la population humaine.
L’histoire est celle de multiples histoires d’amour : celle d’un homme pour sa femme, d’une mère pour ses enfants, d’un frère pour sa sœur. Toutes ces histoires déclinées sous différentes forme et chacune plus belle et poignante que les autres.
Les dialogues ne sont pas en reste, alternant piques humoristiques et traditions celtiques.
L’animation est très belle. Si le design des personnages est quelque fois sommaire, ces derniers sont parfaitement expressifs avec une mention spéciale pour la petite fille muette.
Quant aux décors, ils sont tout simplement somptueux avec des couleurs riches et des visuels enchanteurs. Les dessinateurs se sont inspirés de la campagne irlandaise et des pierres couchées que l’on trouve de ci, de là. L’ensemble crée un rendu magnifique empreint de poésie, de folklore et de voyage. Et si les séquences terrestres sont forts réussies, les séquences maritime sont merveilleuses et nous entraînent dans des spirales joyeuses.
Spirales qui sont d’ailleurs un leitmotiv récurent du film : présente dans le coquillage magique, symbolisme de la mer, marques gravées dans les rochers ou encore poussière de flocon qui guide les deux enfants.
Les personnages sont tous attachant, même ceux qui de prime abords paraissent méchants ou antipathiques. Nous ne nous trouvons pas dans un Disney opposant le noir au blanc, mais dans un film qui se veut un reflet de la réalité, entre ombre et lumière quand parfois les choix que l’on fait se révèlent mauvais à l’insu de notre plein gré. D’ailleurs il n’y a pas de de morale, mais une démonstration de courage, d’amour et de sincérité. Et tous, comme le jeune héros de l’histoire, en sortiront grandis.
La musique quant à elle est omniprésente dans le film. Elle l’est d’ailleurs avec justesse dans le titre du film, car c’est le chant de la mer qui est le départ de l’histoire, et c’est aussi le chant qui délivrera les êtres féériques de leur sort. La musique très belle berce le film et offre de superbes passages qui raviront les spectateurs.
Au final Le chant de la mer est une invitation à faire un voyage enchanteur et dépaysant. Une histoire universelle qui parle au cœur. Une féérie visuelle qui donne envie de (re)découvrir le monde enchanté dans lequel les gens du peuple féérique vivent de petites et grandes aventures, parfois dans le monde des humains.
Un film d’animation parfait en cette fin d’année qui fera rêver petits et grands.
IA
SYNOPSIS
Ben et Maïna vivent avec leur père tout en haut d’un phare sur une petite île. Pour les protéger des dangers de la mer, leur grand-mère les emmène vivre à la ville. Ben découvre alors que sa petite soeur est une selkie, une fée de la mer dont le chant peut délivrer les êtres magiques du sort que leur a jeté la Sorcière aux hiboux. Au cours d’un fantastique voyage, Ben et Maïna vont devoir affronter peurs et dangers,
et combattre la sorcière pour aider les êtres magiques à retrouver leur pouvoir.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 33
– Titre original : Song of the Sea
– Date de sortie : 10/12/2014
– Réalisateur : Tomm Moore
– Scénariste : Will Collins
– Interprètes : David Rawle, Fionnula Flanagan, Brendan Gleeson, Pat Shortt, Liam Hourican, Colm Ó’Snodaigh
– Interprètes version française : Nolwenn Leroy, Jean Stan Du Pac, Nathalie Homs, Frédéric Cerdal, Patrick Bethune, Cyrille Artaux, Pascal Sellem, Célya Ansaldo
– Montage : Darragh Byrne
– Musique : Bruno Coulais
– Producteur : Frederik Villumsen, Claus Toksvig Kjaer, Clément Calvet, Jérémie Fajner, Ross Murray, Stephan Roelants, Isabelle Truc, Serge Umé, Marc Umé, Tomm Moore pour Cartoon Saloon, Digital Graphics, Irish Film Board, Mélusine Productions, Studio 352, Super Productions
– Distributeur : Haut et Court
LIENS
– SITE OFFICIEL
– ALLOCINÉ
– IMDB
PORTFOLIO
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.














