Les Croix de bois : La critique

Date : 10 / 11 / 2014 à 11h00
Sources :

Unification


Ecrit en 1919, au lendemain de la guerre qu’il a vécue lui-même dans les tranchées, le livre de Roland Dorgelès fait figure de document, autant que d’hommage envers les hommes qui se sont battus, quatre années durant, dans des conditions indescriptibles.

Et pourtant, comme voilà bien racontée cette histoire. Dans la grande Histoire. L’histoire simple de quelques hommes, plongés au coeur d’un conflit inepte et horrifiant.

Le film de Raymond Bernard est d’une extraordinaire authenticité. Et pour cause. Tourné sur les lieux même des combats, en Champagne, aux alentours de Reims, sur un vrai champ de bataille entre les ruines du fort de la Pompelle et dans les chaos du Mont Cornillet, dont l’armée sécurisait l’accès au fur et à mesure, sur un terrain encore miné, d’où "remontaient parfois des corps et des obus". Avec des anciens combattants pour acteurs et figurants.
"Nous n’avons pas eu besoin de jouer, nous n’avons eu qu’à nous souvenir" commentait Charles Vanel, à la sortie du film en 1932.

Impressionnante de simplicité et à la fois très travaillée, l’oeuvre a été conçue au tout début du cinéma parlant. Par des équipes qui découvraient de nouvelles façon de filmer.
Les images sont choisies, cadrées avec talent et les personnages dessinés avec soin, pour qu’on se fasse une véritable idée de Qui est parti se battre, à l’époque. Une troupe de jeunes gens, à peine conscients de leur sort... au début, au moins.

Tourné avec les moyens de l’époque, dans les années trente, le film a bénéficié d’une restauration de très haute qualité. Et n’a rien à envier aux meilleurs productions actuelles sur le sujet. Malheureusement universel, le thème de la guerre, fait toujours recette.
C’était ici par devoir de mémoire et avec l’envie de montrer l’horreur, afin "que cela ne recommence jamais"... de ce côté-là c’est raté. Tandis que sur le point de vue historique et documentaire, c’est pour le moins un prodigieux objet.

L’émotion qu’a su si bien partager le réalisateur avec le public en son temps, à "en faire pleurer le Président de la République"de l’époque, à l’avant première ; à en recevoir les honneurs du bataillon qui lui avait servi de modèle ; cette émotion, est intacte encore aujourd’hui.

Beaucoup d’entre nous ont dans leur famille le souvenir d’un aïeul "tombé pour la France". Parfois en allant se recueillir sur sa tombe, nous traversons des régions où s’étalent de macabres champs de croix... certaines encore en bois. Un triste pan de notre Histoire où se mêlent fierté et incrédulité. Dont ce film est porteur et témoin.

C’est fort. Admirablement interprété. Terrible.
Un grand film.
Respect.


SYNOPSIS


Dans la ferveur et l’exaltation du début de la guerre, Demachy, encore étudiant, répond à l’appel sous les drapeaux. Il rencontre Sulphart, Bréval, Bouffioux et les autres, autrefois ouvrier, boulanger, cuisinier, désormais unis sous le nom de soldat.
Ensemble, ils vont rire, ensemble ils vont se battre, ensemble ils vont perdre espoir, noyés sous une tempête de feu, d’acier et d’absurdité. Dans la brume des tranchées défigurées par les canons, les soldats font face à la cruauté de la vie quotidienne, l’attente du courrier qui déchire les coeurs, la terreur des mines cachées, les camarades qui tombent. Tandis que fleurissent les croix de bois sur les tombeaux à ciel ouvert, Demachy finit par perdre ses idéaux.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE


 Durée du film : 1 h 55
 Titre original : Les Croix de bois
 Date de sortie : version restaurée, le 12 novembre 2014
Année de production 1931
 Réalisateur : Raymond Bernard
 Scénaristes : Roland Dorgelès et Raymond Bernard
D’après le roman de Roland Dorgelès
 Interprètes : Pierre Blanchar, Charles Vanel, Raymond Aimos, Antonin Artaud, Paul Azaïs, René Bergeron, Raymond Cordy et Marcel Delaître
 Photographie : Jules Kruger, René Ribault
 Montage : Lucienne Grumberg
 Son : Reginald Campbell, Antoine Archimbaud
 Décors : Jean Perrier
 Producteur : Pathé-Natan
 Distributeur : Pathé Distribution

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