La braconne : La critique
SYNOPSIS
Driss, pas vingt ans, vit de petits rackets et d’expédients. Il croise la route de Danny, voleur fatigué, qui arpente les zones commerciales au volant de sa vieille Merco. Sous la houlette de Danny, le jeune Driss, frimeur et naïf, fait ses classes et apprend quelques ficelles. Le monde violent où l’emmène peu à peu le vieux truand va mettre un terme à l’insouciance du jeune homme…
NOTRE AVIS
Le premier long métrage de Samuel Rondiere est prometteur et assez original. Montrer ainsi, à travers deux générations, décidément bien différentes de voyous, combien la délinquance a changé entre ce siècle et le dernier, était une gageure.
Pas si facile à réaliser.
Rondiere le fait en toute simplicité et nous livre une réalisation brute de décoffrage pour un récit tout aussi brutal. Ah... la vie est dure pour le menu fretin !
Le choix de Patrick Chesnais pour le rôle de Danny, "fripouille désabusée et hors du temps" est le véritable atout du film. Le personnage crève l’écran.
"Une Rolls qui roule en Merco" (comprenez Mercédes, en argot)... Patrick Chesnais porte littéralement le film sur ses épaules de frêle arnaqueur, "vieux briscard" dépassé par la nouvelle génération de criminels... violents et sans honneur.
Un autre personnage lui dit à un moment qu’il lui trouve un petit air "noir et blanc"... c’est vrai et assumé, qu’il fait penser à la génération des voyous qui parle encore à la Audiard, chère à Lautner, sauf que lui n’est pas vraiment du genre à "flinguer" et qu’il préfère la "méthode douce", enfin presque...
Son business commence à sérieusement décliner face à la concurrence agressive et belliqueuse de ses nouveaux rivaux. La pression qu’il subit, tant de leur part que de celle de la police, pas vraiment montrée sous son meilleur jour, ne l’empêche pas de prendre sous son aile, cette sorte d’apprenti. A qui on se demande, si au bout du rouleau, il cherche en fait à lui inculquer le métier plus pour en faire son héritier qu’un simple complice.
Le reste du casting s’en sort plutôt bien dans un registre plus contemporain, dans le style des reportages télé "sur le malaise des banlieues". Incarnant le "milieu" actuel dans toute sa violence, sans nuance, et pour tout dire terrifiant.
Le film affiche une forme assez académique avec un chapitrage qui classe les séquences comme on le ferait pour une leçon de choses.
C’est ici plus une leçon de Vie.
Le style est épuré. Brut. En totale adéquation avec le sujet. Seul le final "en forme de volute" apporte un semblant de poésie dans ce monde de brutes. Comme la morale de la fable. Imagée, et à méditer.
Prometteur.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 22
– Titre original : La Braconne
– Date de sortie : 2 avril 2014
– Réalisateur Scénariste : Samuel Rondiere
– Interprètes : Patrick Chesnais, Rachid Youcef, Audrey Bastien
– Photographie : Nathalie Durand
– Montage : Thomas Glaser, Yann Dedet & Jeanne Oberson
– Son : Mathieu Villien
– Costumes : Laurence Forgues-Lockhart
– Décors : Nathalie Rousseau & Astrid Tonnelier
– Producteur : Bandonéon - Dominique Crèvecoeur
– Distributeur : Rezofilms
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