Lovelace : La critique

Date : 05 / 01 / 2014 à 17h20
Sources :

Unification


SYNOPSIS


A la fin des années 60, Linda étouffe au sein de sa famille que sa mère, aussi rigide que ses principes religieux, dirige d’une main de fer. C’est une belle fille de 20 ans, prête à embrasser la vie avec enthousiasme malgré sa timidité et sa naïveté. 
Quand elle rencontre Chuck Traynor, elle ne résiste pas à son charisme viril, quitte le domicile familial pour l’épouser et fait auprès de lui l’apprentissage d’une liberté qu’elle soupçonnait à peine. 
Chuck la persuade de ses multiples talents et l’incite à se laisser filmer lors de leurs ébats. Amoureuse et soumise, elle accepte de jouer quelques scènes d’un film pornographique. 
Quelques mois plus tard, en juin 1972, la sortie sur les écrans de GORGE PROFONDE fait d’elle du jour au lendemain une star unique. 
Vivement encouragée par Chuck, Linda saisit à bras-le-corps sa nouvelle identité de reine de la liberté sexuelle. 

NOTRE AVIS


En réalisant un biopic sur l’icône Lovelace, Rob Epstein et Jeffrey Friedman vont prendre le parti de moins s’intéresser sur la création du personnage publique Lovelace que sur la vie privée de son interprète, Linda Boreman. De ses jeunes années à la sortie de son livre revenant sur son expérience première star du porno, le film va retracer une vie faite de désillusions, de violence autant physiques que morales et pourtant de paillettes. Pour incarner l’actrice, Amanda Seyfried a choisi de miser sur sa terrible naïveté pour faire ressortir la réalité de sa vie. A ses côtés, Peter Sarsgaard incarne son mari Chuck, aussi charmant que tyrannique. Autour de ces deux personnages en gravitent d’autres bien plus secondaires incarnés par des acteurs plus ou moins connus. On retrouvera ainsi Juno Temple, James Franco ou Chloe Sevigny pour des rôles parfois à la limite du caméo.

Dans sa structure, la narration de Lovelace est assez particulière. Il faut savoir que l’image publique de Lovelace s’est construite en deux temps : lorsque Gorge Profonde est sorti sur les écrans, Lovelace a d’abord été considéré comme l’icône de l’émancipation sexuelle de la femme, la rendant aux yeux du public l’incarnation d’une forme de vie libérée et heureuse. Plus tard, Lovelace décide de quitter le milieu du cinéma pornographique. Encore plus tard, Linda publie un livre revenant sur sa courte carrière de pornstar et surtout sur la relation qu’elle entretenait – pardon, endurait - avec son mari tyrannique. Aujourd’hui encore, certains pensent que Lovelace a exagéré cette période de sa vie afin de revenir sur le devant de la scène. Ce qui importe, c’est que les scénaristes ont trouvé un moyen de ne prendre parti ni pour les pro, ni pour les anti-Lovelace. En effet, le film présente au départ la vie de Lovelace en masquant la violence du mari, rendant donc à l’image la vision de Lovelace que pouvait avoir le public à l’époque de son apogée. Arrivé à plus de la moitié du film, la violence de Chuck est remise en avant par l’emploi d’une savante série de flash-backs, offrant donc une seconde lecture sur la vie de la femme. Dès lors, il restera au public de choisir la version qui lui semblera la plus plausible, pensée.

De fait, Lovelace est un film particulièrement réfléchi. Il saura rendre hommage à la femme qu’avait été Linda Boreman en proposant quelque chose qui ira dans le sens qu’elle a voulu donné à sa vie tout en gardant une certaine distance.

BANDE ANNONCE


LOVELACE - Bande annonce officielle - Au cinéma... par HeliosFilms

FICHE TECHNIQUE

 Durée du film : 1 h 33
 Titre original : Lovelace
 Date de sortie : le 8 janvier 2014
 Réalisateur : Rob Epstein et Jeffrey Friedman
 Scénariste : Merritt Johnson et Andy Bellin
 Interprètes : Amanda Seyfried, Peter Sarsgaard, Sharon Stone, Robert Patrick, Juno Temple, Chris Noth, Bobby Cannavale
 Direction artistique : William Arnold
 Décors : David Smith
 Costumes : Karyn Wagner
 Photographie : Eric Alan Edwards
 Montage : Robert Dalv et Matthew Landon
 Ingénieur Son : Stephen Trask
 Producteur : Heidi Jo Markel, Laura Rister, Jason Weinberg et Jim Young
 Distributeur : Helios Films

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