
Blackbird : La critique
SYNOPSIS
Sean, adolescent tourmenté, est rejeté par les élèves du collège de sa petite ville canadienne. Isolé et mal dans sa peau, il se sert d’Internet comme exutoire et imagine des scénarios de vengeance virtuels.
Alertée, la police fait irruption dans la maison où elle trouve les armes de chasse de son père. Accusé de planifier un crime, Sean va devoir faire face à l’hostilité de la communauté et affronter une machine judiciaire obsédée par le principe de précaution.
NOTRE AVIS
C’est auréolé de prix prestigieux que Blackbird sort en France :
– Prix du meilleur premier film canadien (Festival de Toronto),
– Prix du meilleur film canadien (Festival International de Vancouver),
– Meilleur film canadien (Prix Claude Jutra), et
– Grand Prix du Jury Jeune (Cannes Junior 2013).
Et tous ces prix, même s’ils ne nous dirons peut-être pas grand chose car majoritairement canadiens, sont mérités tant le film de Jason Buxton, qui en a également écrit le scénario, est juste.
Juste dans son propos (un adolescent mal-aimé qui va se retrouver cloué au piloris pour ses écrits), dans son interprétation (magistral Connor Jessup, vu dans Falling Skies) et dans son ton (réaliste, sans recours au mélo, aux stéréotypes ni à la dramatisation), Blackbird porte à merveille son titre.
Si Sean est tourmenté c’est parce que ce garçon de la ville a échoué de manière peu classe dans cette petite ville canadienne. Gothique assumé, son look lui vaut d’être la tête de turc de ses camarades du lycée, avec à leur tête les ’stars’ de l’équipe de hockey (on est au Canada, aux USA on aurait eu les ’stars’ de soccer ou encore de basket) et forcément il s’intéresse à la mauvaise personne. Mais si ce film se déroule dans le milieu du lycée, c’est toute la société canadienne et son principe de précaution qui sont visés.
Car oui, si Sean a écrit comment il massacrerait tout ce petit monde, il n’a jamais eu l’intention de passer à l’acte et de transformer son lycée en nouveau Colombine.
Mais le système canadien est connu pour son excès de précaution, oubliant au passage de prendre en compte le récit des jeunes (ils sont donc de fait tous coupables), ne tenant compte que de l’avis des autorités, des médias, de la police et des établissements scolaires. Une formidable machine à briser la jeunesse car il ne faut pas se leurrer, si on devait prendre au pied de la lettre tout ce qui est posté sur internet (preuve légal pour la justice canadienne), les villes seraient des prisons à ciel ouvert.
Dans les œuvres qui ont influencé son écriture, Jason Buxton cite Les Sorcières de Salem, Le Cercle des Poètes Disparus ou encore Les Évadés. Des œuvres fortes dans lequel le héros peine à faire entendre sa voix.
Et c’est exactement ce à quoi est confronté Sean : une société qui ne l’écoute pas et de fait risque de le transformer en ce délinquant qu’il n’est pas en l’envoyant dans un centre où il va, là encore, faire face à l’adversité.
Avec Blackbird, Jason Buxton signe un thriller psychologique fort, mettant en vedette un adolescent pur et intègre qui va bouleverser les codes établis en restant lui-même, refusant ce système qui n’a pas de sens.
Mais au final, Sean réussira, en restant lui même, à ressortir grandi de cette expérience.
Sans avoir un final ’tout est bien qui finit bien’, Blackbird montre qu’une autre voie est possible ...
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 43
– Titre original : Blackbird
– Date de sortie : 12 juin 2013
– Réalisateur : Jason Buxton
– Scénariste : Jason Buxton
– Interprètes : Connor Jessup, Michael Buie, Alexia Fast et Alex Ozerov
– Directeur photo : Stephanie Weber Biron
– Musique : Zan Rosborough
– Producteurs : David Miller pour A71 Productions, Marc Almon pour Story Engine Pictures, Jason Buxton, Festina Lente Productions
– Distributeur : Zed
LIENS
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PORTFOLIO
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