
Le Grand Soir : La critique
SYNOPSIS
Les Bonzini tiennent le restaurant ’la Pataterie’ dans une zone commerciale. Leur fils ainé, Not, est le plus vieux punk à chien d’Europe. Son frère, Jean Pierre, est vendeur dans un magasin de literie. Quand Jean Pierre est licencié, les 2 frères se retrouvent. Le Grand Soir, c’est l’histoire d’une famille qui décide de faire la révolution... à sa manière
NOTRE AVIS
Les habitués des frasques Grolandaises de Michael Keal et Gustave de Kerven ne seront pas étonnés. Les deux compères Benoît Delépine et Gustave Kerven enfoncent le clou avec cette comédie douce amère, véritable hymne révolutionnaire traité à la sauce extra-extravagante.
Déjà habitués aux road-movies on se souvient de Aaltra (2004) et Mammuth (2010), entre autres petits bijoux, les réalisateurs nous on concocté ici une mémorable révolution cinématographique. Qui si elle ne les mène pas bien loin entraîne nos héros dans un sacré périple !
Car même si l’objet reste un film, un vrai, fabriqué dans les règles de l’art, l’inspiration foutraque des deux citoyens Grolandais est bien au rendez-vous. Mais ne vous y trompez pas, derrière ses airs déjantés et son rythme « échevelé » (et je pèse mes mots), ce film est bel et bien un des pamphlets révolutionnaires les mieux tournés que j’ai eu l’occasion de voir.
Maniant l’absurde avec autant de style qu’un Queneau et de poésie qu’un Devos on dirait que nos joyeux lurons ont décidément à faire avec les Raymond ! Tout un symbole quand on sait que ce prénom d’origine germanique signifie « celui qui protège par conseil éclairé ».
Et de conseil, vous êtes invités à en prendre en allant voir ce film habile et bourré de talent. Sur le fond d’abord, cette chronique d’une famille peu ordinaire est un délice d’intelligence. Sur la forme, le film est un véritable trésor d’inventivité et de technique. Admirablement illustré par une bande son qui « déchire ». On en attendait pas moins.
L’interprétation est tout bonnement "scotchante", surtout celle de Benoît Poelvoorde.
Un régal de cinéphile. Bien plus construit qu’il en a l’air, le récit qui nous plonge dans le délire le plus total est en fait parfaitement maîtrisé. Les « surprises » artistiquement distillées en petites touches comme dans un tableau de maîtres.
Des maîtres de l’insensé, ces deux-là ! Qui nous conduisent à réfléchir en nous amusant. C’est ce que j’aime le plus au cinéma. On s’en « paye une bonne tranche » et ça ne nous empêche pas de ressortir plus intelligent !
Une réflexion brillante en fait sur comment « ne pas rentrer dans le moule » tout en continuant à vivre dans une société qui aurait bien besoin d’être révolutionnée ! Évidemment, ça n’est pas une surprise quand on connaît les zigotos. Mais c’est toujours un régal de les regarder faire !
Personnellement, j’adore le côté « gros sabots » quand il est employé avec autant de finesse.
Il y a des années que les deux associés nous mettent en garde contre « l’assoupissement des consciences » dans notre si belle société. Je trouve leur méthode pour nous réveiller des plus réjouissantes.
A vous donner envie de demander l’asile politique à Groland !
Ce film présenté en Sélection Officielle – Un Certain Regard au Festival de Cannes 2012 a remporté le Prix du Jury. Amplement mérité.
Excellentisssime. A ne surtout pas rater !
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1h32
– Date de sortie : 06 juin 2012
– Titre original : Le Grand Soir
– Réalisateurs, scénaristes : Benoît Delépine, Gustave Kervern
– Acteurs : Benoît Poelvoorde, Albert Dupontel et Brigitte Fontaine
– Directeur photo : Hugues Poulain
– Décors : Paul Chapelle
– Costumes : Florence Laforge
– Musique : Brigitte Fontaine, Areski Belkacem
– Producteur : Jean-Pierre Guérin pour Panache Productions, GMT Productions, No money productions et Compagnie Cinématographique Européenne
– Distributeur : Ad Vitam
LIENS
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PORTFOLIO
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