Explosions bénéfiques
NuqneH !
Il y a pas mal de temps, me baladant dans les avenues ensoleillées de Risa, j’eus la surprise de rencontrer un ancien camarade de classe, D’Vos. Des décennies que nous ne nous étions vus ! Je ne le reconnus que par son front bien particulier, les années ayant entièrement transformés ses traits, tout comme les miens d’ailleurs. Nous ne nous étions pas vus depuis l’Académie Impériale !!
Lorsque je lui demandai ce qu’il était devenu, il prit un air tellement gêné que je crus qu’il avait mal tourné, et était devenu mercenaire, voleur ou pire : inspecteur des impôts. Lui promettant le secret et mon indulgence, j’insistai pour obtenir de lui plus de renseignements. Il m’avoua alors travailler sur Terre, comme clown.
Après qu’il m’eût expliqué ce qu’était cette profession, il avoua qu’il était bien conscient de ne pas faire beaucoup avancer l’Empire, ni même la Fédération, mais "c’était sa vocation, et il ne savait rien faire d’autre".
Je le rassurai un peu hypocritement, conscient de la réalité de son inutilité flagrante, mais ne voulus pas le blesser.
Quelques mois plus tard, je fus forcé de passer quelques temps sur Terre, suite à une vilaine maladie contractée sur Glapionis IV, qui ne pouvais être soignée que dans la ville de Paris, dans l’ancien pays de France (Europe). Les soins étant très pénibles et douloureux, j’avais le moral dans le fond des bottes, et le Bath’Leth largement amolli. Des pensées noires m’avaient convaincu que la maladie finirait par m’avoir et que je n’allai pas tarder à mourir sans la moindre gloire, loin du champ de bataille.
J’appris alors que le cirque dans lequel travaillait D’Vos était en tournée dans cette ville de France, et décidai pour me changer les idées de profiter de l’occasion pour aller voir son spectacle, persuadé de perdre mon temps. Mais je n’avais rien de mieux à faire.
Son numéro me fit tant rire et rêver que je ne pensai plus à ma souffrance et fus transporté dans un monde de joie, qui me resta longtemps en mémoire, même lorsque je fus totalement remis sur pied, mon moral retrouvé ayant nettement hâté ma guérison.
Depuis, j’ai revu ma position. Ce clown, comme il disait, était finalement le plus grand des médecins, celui des âmes.
Et comme disait Khaless : "Qu’on leur fasse prendre le train pour Sète, qui part à trois, avant que le mer démontée ne soit remontée ! " (adieu Raymond, tu nous manques)
Qapla’
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