Cowboys & envahisseurs : La critique

Date : 22 / 08 / 2011 à 00h05
Sources :

Source : Unification


Cowboys & envahisseurs



Date de sortie cinéma : 24 août 2011
Titre original : Cowboys & Aliens


LE FILM


Synopsis :
Arizona, 1873. Un homme qui a perdu tout souvenir de son passé se retrouve à Absolution, petite ville austère perdue en plein désert. Le seul indice relatif à son histoire est un mystérieux bracelet qui enserre son poignet. Alors que la ville est sous l’emprise du terrible colonel Dolarhyde, les habitants d’Absolution vont être confrontés à une menace bien plus inquiétante, venue d’ailleurs...

Ce qu’on en pense :
L’excellente surprise de l’été ! Là où on attendait un « gentil bolckbuster », à la limite de la parodie si on se fie au titre, qui se veut aussi racoleur que les bonnes vieilles séries Z des années cinquante … on découvre en fait, un très bon western, agrémenté d’une sacrée dose d’imagination !

Mêler Science Fiction et classique de l’ouest, façon « âge d’or d’Hollywood », je ne pense même pas que c’est le défi que s’était lancé les scénaristes en s’emparant de l’histoire de Steve Oedekerk ; qui a parallèlement inspiré un roman graphique, réalisé par Scott Mitchell Rosenberg (aux éditions Platinium Studios).

Pourtant le résultat est là.

Le film débute sur un panoramique de toute beauté qui me rappelle vraiment les films de mon enfance. Je m’attendais à voir apparaître John Wayne sur son fier destrier … A la place, et je ne m’en plains pas, c’est Daniel Craig, (à mon humble avis beaucoup plus crédible en cow-boy taciturne qu’en James Bond), sur les genoux, dans un état pitoyable, qui va nous entraîner dans une aventure phénoménale ; le mot est faible si on veut se replacer honnêtement dans le contexte - un dix-neuvième siècle, certes industrieux et ouvert à la technologie, mais là …

Parfaitement maîtrisé du début à la fin le postulat de départ, à savoir : « on est dans un western », est respecté à la lettre. Les codes sont parfaitement observés et habilement utilisés. Les personnages sont admirablement bien dessinés et chacun des acteurs, de la tête d’affiche au dernier des figurants est clairement investi dans son rôle.

C’est un véritable plaisir de constater l’intelligence et la générosité de deux « aussi grosses vedettes » que Daniel Craig et Harrison Ford, dont on aurait pu craindre une visible rivalité à l’écran … la rivalité est bien là, dans le scénario … et finement jouée par les deux « garnements » qui semblent, en fait s’être plutôt bien entendus sur le tournage. Un grand respect mutuel anime les deux hommes qui ont choisi de se glisser dans la peau de leur personnage respectif, en ajustant leur jeu à l’histoire, avant tout. Humblement dissimulés derrière leur chapeau à large bord, ils nous livrent l’un comme l’autre un formidable numéro d’acteur.

Le film est bien écrit, la photo plutôt léchée, le rythme est idéal. On ne s’ennuie pas un instant, et comme je l’aime, à la fin on pense « déjà ! oh … »

Les effets spéciaux comme on pouvait s’y attendre à la pointe du progrès, spectaculaires, parviennent néanmoins à conserver à l’ensemble « la couleur western » … l’ambiance, qui sied à ce genre de film. Les paysages sont bien entendu magnifiques, les acteurs sont justes, la musique élégante et appropriée … même si, il faudra attendre longtemps pour trouver le digne héritier d’Ennio Morricone. C’est le compositeur Harry Gregson-Williams, qui a signé les Chroniques de Narnia, entre autres, qui s’attaque à la lourde tâche de mette en musique l’un des tous premiers véritables « westerns de science fiction ».

Car si l’on se souvient d’avoir vu apparaître des cow-boys dans les films de SF, comme Mondwest ou Wild Wild West, l’histoire était souvent plus SF qu’autre chose … On est loin de Retour Vers le Futur ici, où aucun scientifique n’est là pour expliquer quoi que ce soit. Débrouillez-vous les gars !

Nos pauvres cow-boys, plutôt desperados, et c’est tant mieux, (qui mieux que des têtes brûlées pour affronter une telle menace) vont devoir s’adapter à ce nouveau genre d’ennemi, aidés en cela par leur ennemis naturels … les indiens (qui auraient bien mérité d’être nommés dans le titre, à ce compte-là – [ou pas ] , on en reparlera- eux aussi frappés par l’aspect surnaturel de leurs visiteurs belliqueux … mais on s’en doute, moins étonnés, parce que plus aptes à admettre que des visiteurs puissent venir des étoiles.

Du pur western donc, avec des aliens dedans … une part de Science Fiction assumée, présentée sans ostentation. Les décors sont loin d’être extravagants. On imagine aisément la population des pionniers américains s’interroger, mais toujours prêts à affronter l’indicible … après tout, ils sont déjà venus dans un pays neuf, où tout est possible ! Pour le coup, ils sont servis ! Et nous aussi.

Je vais rester volontairement discrète sur l’aspect et le comportement des aliens … pour vous laisser la surprise. Juste un avertissement : âmes sensibles … préparez-vous. Très réussi.


LA FICHE TECHNIQUE



 Durée du film : 1h57
 Réalisateur : Jon Favreau
 Scénariste : Roberto Orci, Alex Kurtzman, Damon Lindelof, Mark Fergus et Hawk Ostby d’après l’oeuvre de Scott Mitchell Rosenberg
 Acteurs : Daniel Craig, Harrisson Ford, Olivia Wilde, Paul Dano, Sam Rockwell, Keith Carradine, Noah Ringer et Clancy Brown
 Directeur photo : Matthew Libatique
 Musique : Harry Gregson-Williams
 Décors : Scott Chambliss
 Costumes : Mary Zophres
 Producteur : Brian Grazer, Ron Howard, Alex Kurtzman, Damon Lindelof, Roberto Orci et Scott Mitchell Rosenberg pour Universal Pictures et DreamWorks Pictures
 Distributeur : Paramount Pictures France


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