
Que Justice soit faite : La critique
Date de sortie cinéma : 22 décembre 2010
Titre original : Law abiding citizen
LE FILM
Avertissement : interdit -12 des scènes, des propos et certaines images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs, notamment des plus jeunes.
Synopsis :
Clyde Shelton a tout pour être heureux. Jusqu’au jour où sa femme et sa fille sont sauvagement assassinées. Les meurtriers sont arrêtés mais suite à un marchandage judiciaire, l’un d’entre eux n’écope que d’une peine légère.
Dix ans plus tard, Clyde n’a qu’une seule obsession : se venger d’un système qu’il juge corrompu et obtenir enfin justice…
Ce qu’on en pense :
Ca faisait bien longtemps qu’on n’avait pas eu de thriller qui s’annonçait digne de cette appellation, de film d’action à l’état pur. Pour un film indépendant, on s’attend au-delà d’une technique maitrisée et peut être innovante, à un scénario digne de ce nom, mais le spectateur risque d’être bien déçu.
L’intrigue et simple : Un homme qui souhaite venger les siens d’un système judiciaire corrompu et bien loin de la justice au sens propre du terme. Mais très vite, plus nous suivons le film, plus le spectateur finit par se rendre compte que tout justice n’est pas nécessairement celle qu’on pense être la bonne, et qu’elle peut mener vers des chemins bien sombres.
L’histoire commence 10 ans plus tôt : Clyde Sheldon (Gerard Butler), jeune père de famille moyenne assiste suite à un cambriolage chez lui au meurtre et viol de sa femme et sa fille. Effondré, il attend que le système judiciaire américain fasse son travail et punisse les meurtriers de sa femme. Malheureusement, seul un des deux criminels sera puni lors du procès. Clyde choqué par l’issu de ce système judiciaire sur lequel il avait basé toute sa peine et son envie de vengeance va décider de prendre les choses en mains. Retour en 2009, lors de l’exécution, Sheldon réapparait, et tente bien faire justice par lui-même, punir non seulement ceux qui ont ôté la vie aux êtres qu’il aimait mais surtout punir ceux qui n’appliquent pas la justice telle qu’elle doit être appliquée pour ce dernier.
« Œil pour œil, dent pour dent », on connait tous ce vieil adage, et on peut dire que ce film en est l’illustration parfaite. Avec ce scénario assez pauvre et ce défilé de scènes de tueries sordides, ce film est presque une célébration au meurtre et à la mort plus qu’un film qui traite de la notion de justice comme veut bien l’impliquer le titre. Dans le désordre et en vrac, nous assistons plus ou moins progressivement à un massacre sanglant mis en scène par le « héros » ( qui n’a rien d’héroïque d’ailleurs) , avec scalpels et tout le toutim, une exécution qui n’en fini pas avec un condamné qui se tord de douleur, des explosions à tire à larigot….des brulés vifs, un condamné qui gicle de son sang après avoir été poignardé à la carotide etc…
Tout cela après avoir assisté déjà à une scène de viol et d’effraction assez intense. On s’attend quand même à un développement dans les dialogues d’ordre éthique, à que des questions sur les notions de « justice », « vengeance », de « bien » de « mal », soient traitées creusées, développées, qu’une dimension politique se dégage et qu’on se questionne sur l’application de la loi, de la justice dans un système où les accords tacites entre gouvernants sont monnaie courante. Et bien non ! Cet homme qui parait prêt à tout pour dénoncer ce système se révèle complétement psychotique et assoiffé par son besoin de veangeance.
Même si le film se veut presque aussi gore que Saw (puisque conceptuellement parlant c’est la même idée de base et la même notion que les deux tueurs défendent), on se rend très vite compte que le scénariste ne sait pas trop sur quel pied danser ni où mener sa barque : le scénario devient vite inconsistant, voire insipide, parsemé de tirades risibles du type « qu’est il arrivé au bien et au mal ? ». Alors que contrairement à Saw, ce film avait toutes les clés en main pour être plus que bon, grâce non seulement à son casting plus que réussi qui ferait pâlir plus d’un réalisateur, et une trame de fond qui pouvait mener vers une réflexion sur la nature humaine et ce qui peut nous faire basculer vers l’ignominie et l’abysse de nos comportements les plus malsains et primaires
Au final, plus le film avance, plus l’on sombre dans une succession de tueries qui deviennent illégitimes et inexplicables. Alors que le spectateur pouvait s’identifier au tueur et veuf meurtri en souffrance, comprenant sa peine et ses choix au début du film, très vite il se retrouve perdu au milieu de ce jeu plus du tout maitrisé par les scénaristes, sombrant dans la tuerie gratuite et une conception de la vengeance de plus en plus vague . Bien que Gérard Butler soit très bon et presque jouissif (oui vous lisez bien le mot jouissif …) dans son rôle de tueur en série que personne ne peut arrêter, Jamie Foxx lui est …lisse. Son personnage ne se met pas du tout en avant, il est presque inintéressant, et les quelques pauvres confrontations que l’on a pu avoir entre les deux protagonistes sont presque d’une tristesse et d’une pauvreté dans les dialogues que cela donne presque envie de piquer un somme.
Bref, pour finir, un film qui s’annonçait sur les chapeaux de roue et qui s’est révélé être une véritable déception. A voir, si vous avez pensez que vos tripes peuvent supporter près de deux heures de massacres sanglants.
LA FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 01h48min
– Réalisateur : F. Gary Gray
– Scénaristes : Kurt Wimmer
– Acteurs Principaux : Gerard Butler, Jamie Foxx, Leslie Bibb, Bruce McGill et Colm Meaney
– Directeur Photo : John Baer
– Musique : Brian Tyler
– Décors : Alex Hajdu
– Costumes : Jeffrey Kurland
– Producteur : Gerard Butler, Lucas Foster, Mark Gill, Robert Katz, Alan Siegel et Kurt Wimmer
– Distributeur : Wild Bunch Production
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Asma El Mardi
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