Le Dernier Exorcisme : La critique

Date : 18 / 09 / 2010 à 00h15
Sources :

Source : Unification France


Le Dernier Exorcisme



Date de sortie cinéma : 15 septembre 2010
Titre original : The Last Exorcism


LE FILM


Synopsis :
Quand il arrive dans une ferme, le révérend Cotton Marcus s’attend à réaliser un simple exorcisme sur un fanatique religieux troublé. Cependant, il est contacté en dernier recours pour aider une adolescente, Nell, possédée par un démon.

En arrivant à la ferme, l’exorciste se rend vite compte que rien n’aurait pu le préparer au mal qu’il va affronter alors qu’il s’apprête à filmer un documentaire avec toute une équipe de tournage.
Il est cependant trop tard pour faire marche arrière, les croyances du révérend seront ébranlées quand lui et son équipe devront trouver un moyen de sauver Nell avant qu’il ne soit trop tard pour elle...comme pour eux.

Ce qu’on en pense :
On connaissait le docu-fiction, nouvelle lubbie des scénaristes et réalisateurs en cinéma (District 9, Cloverfield etc), et le docu-fiction-horreur comme avec le ridicule Paranormal Activity, REC ou Blair Witch sensé donner une dimension encore plus réaliste à l’horreur et donc plus de chocottes au spectateur. Le dernier exorciste se veut dans le même registre. Manque de bol, comme son prédécesseur, la fiction est belle et bien là, mais l’horreur inexistante, ou disons le, plutôt déjà vue.

Pourtant l’idée de base est à saluer : un documentaire suivant le Pasteur Cotton ( Patrick Fabian) spécialisé dans les exorcismes, ou soit disant exorcismes, en ayant commis plus d’une trentaine tout en démontrant que ces exorcismes n’étaient que des supercheries causées par des phénomènes d’ordre psychotiques ou psychologiques et non des manifestations certaines de possessions démoniaques.

Ce pasteur va être appelé par une famille en deuil dans un petit village au fin fond de la campagne américaine pour qu’il pratique un exorcisme sur une gamine de 16 ans, qui affirme être enceinte sans avoir eu de rapport sexuels, donc du démon qui la possède (c’est fou on y croit pas dès le début). Elle se comporte donc de manière étrange et violente depuis quelques mois, à en déduire depuis qu’elle a un polichinelle dans le tiroir. Tout le village a peur de cet enfant, et le père de cette dernière est persuadé qu’un démon habite sa pieuse fille, et serait même prêt à la tuer pour la libérer de cette puissance démoniaque.

Le pasteur va nous montrer ses tactiques pour déceler et « guérir » ces supercheries en bon sceptique qu’il est, puisqu’il ne croit plus ni en Dieu ni en Satan. Pour lui la possession est un mythe biblique qui ne peut exister et qui n’a pas été prouvé concrètement. Un peu comme Saint Thomas, le révérend Cotton a besoin de preuves et se refuse de croire que le phénomène de possession existe vraiment. Des scènes de démonstration et explication de ce genre de phénomènes sont données dès le début dans un sorte d’exposé que l’ex-religieux nous fait et qui nous font réfléchir nous spectateurs sur la nature humaine et les dérives psychotiques que la religion s’est souvent appropriée pour en faire un fond de commerce et du prosélytisme.

Et surtout sur la nature même de ce qu’est soit disant la possession : une raison invoquée depuis la nuit des temps pour justifier de comportements « immoraux » tels que la fornication à des âges très jeunes. La thématique de la croyance en ce genre de phénomène étant posée dès le début du film, on s’attend à ce que beaucoup de questions fondamentales sur la nature même et la justification de la religion vis-à-vis de ce qui est clairement de la schizophrénie ou du dénie d’évènements soient posées, et certaines réponses données, mais malheureusement non, toute la seconde partie du film vire dans l’horreur pathos la plus totale.

Outre cette entrée en matière, le film est en soit un ramassis de clichés standards de grands classiques de l’horreur comme dans le célèbre Exorciste, ou des films de séries B des années 80. C’est-à-dire : vomit, contorsions, insultes sexuelles proférées dans un voix bizarre, suave et cynique, cris rauques sensés faire peur, scène d’apparition soudaine des personnages qui font sursauter le spectateur, ou scènes sombres filmées caméra à la main sensée nous désorienter, que ce soit dans la ferme ou la grange (histoire de bien accentuer le cliché que les possessions n’arrivent que chez les bouseux au fin fond de l’Amérique profonde, car bien sur la vie est tellement pourrie dans la campagne qu’on en devient fou, c’est connu !). Bref rien d’exceptionnel pour un film qui été annoncé comme le frisson de cette rentrée.

La fin est complètement tirée par les cheveux et incompréhensible : le pasteur finit par croire à l’existence du démon et redécouvre sa foi suite à une « Messe noire-exorcisme final » d’habitants de la congrégation en cape rouge autour d’un énorme feu de camp : la possédée sera donc libérée en donnant naissance à un fœtus difforme rouge et ensanglanté que le spectateur devra assimiler à la présence démoniaque dans la jeune fille... Une scène complètement sans dessus-dessous qui arrive comme un cheveux sur la soupe, menant vers une tuerie totale (un peu comme la fin de Paranormal Activity) sans entrée en matière et qui clôt un film qui est plus un hymne à l’abstinence sur fond de croyance religieuse et paranormale qu’un film d’horreur, un peu dans la veine de Twilight dans le message mais complètement à l’extrême opposé dans le traitement de ce même message. En gros si vous avez des expériences sexuelles avant le mariage et non protégées, vous risquez fort d’être possédées les filles par un petit démon dans votre ventre, qui excitera vos hormones et vous fera passer pour une psychotique auprès de vos proches. C’est nul d’être une femme enceinte franchement, on nous comprend jamais…

Pour finir, nous rajouterons que le seul frisson que le téléspectateur peut avoir en regardant ce film serait causé éventuellement par la climatisation mise à fond dans la salle de projection, Le dernier exorcisme, ou plutôt le dernier remake du sujet de prédilection pour les amoureux du genre...


LA FICHE TECHNIQUE


 Durée du film : 01h27min
 Réalisateur : Daniel Stamm
 Scénaristes : Huck Botko et Andrew Garland
 Acteurs Principaux : Patrick Fabian, Ashley Bell et Iris Bahr
 Directeur Photo : Zoltan Honti
 Musique : Nathan Barr
 Costumes : Shauna Leone
 Décors : Andrew W. Bofinger
 Producteur : Marc Abraham, Eric Newman, Eli Roth et Thomas A. Bliss pour Strike Entertainment
 Distributeur : StudioCanal




ON EN PARLE


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Asma El Mardi


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