Ça - Bienvenue à Derry : Analyse détaillée 1.04 La vaste et tourbillonnante mécanique qui anime notre planète
ÇA - BIENVENUE À DERRY
– Date de diffusion : 17/11/2025
– Plateforme : HBO Max
– Épisode : 1.04 La vaste et tourbillonnante mécanique qui anime notre planète
– Créée par : Andy Muschietti, Barbara Muschietti, Jason Fuchs
– Interprètes : Jovan Adepo, Taylour Paige, Chris Chalk, James Remar, Stephen Rider, Madeleine Stowe, Rudy Mancuso et Bill Skarsgård.
Note préliminaire : Cette analyse est conçue pour être lue après visionnage du 4ème épisode de la série.
Elle vous fournira, pas à pas, beaucoup d’explications sur ce qui s’y passe, mais s’élargira régulièrement pour vous expliquer le monde de Ça, de Stephen King, de l’Amérique des années 60 et de bien d’autres choses.
Vous pouvez retrouver l’avis critique de cet épisode, sans spoiler, ici.
L’ANALYSE AVEC SPOILERS
Minute 00 - Le Poste de Police :
Le Chef Bowers est l’incarnation de l’âge adulte, aveugle à ce que voient et ressentent les enfants. Il ne voit rien de ce que voient les enfants sur les photos. L’imaginaire des enfants ("les goules et les gobelins") se télescope à la vie de tous les jours des policiers, bornés. La scène permet de rebondir sur l’espoir, vite douché du groupe d’enfants. Ils devront lutter seuls.
Élargissement au monde de Stephen King et de Ça :
Grand classique de l’horreur, ce décalage est particulièrement présent dans les œuvres de Stephen King, parce que lui-même l’a fortement ressenti, comme il l’a expliqué plusieurs fois. En particulier dans Ça, la ville semble comme prise sous un brouillard qui empêche de voir et de se souvenir.
Minute 05 - Le Salon de Thé :
Ingrid, l’infirmière de Juniper Hill, qui semble plus ouverte à les croire et à les aider, parle d’enfants disparus dans les années 30 (ce qui sera développé dans la saison 2). Son apparente compassion rentre en opposition avec son regard froid et calculateur. Bien entendu, elle aura une importance dans la suite, avec les révélations qui tomberont sur elle. Quand elle parle que les anciennes disparitions d’enfants n’ont rien à voir avec ce que lui raconte Lilly, le titre des journaux dans la scène suivante nous rappelle qu’elles sont aussi, dans les années 60 dissimulées par des actes plus anodins. Est-ce le fameux brouillard ou la volonté des adultes de cacher les choses ?
Élargissement au monde de Ça :
Dans les différentes versions antérieures de Ça, c’est Mike Hanlon, qui met ceci en avant, en parlant des incidents étranges tous les 27 ans, et personne ne semble vraiment au courant. Au début de l’épisode, c’est son père, Will, qui suggère de regarder dans le passé de la ville.
Minute 09 - Le futur lieu de perdition :
La jeep qui arrive, dans le lieu paumé mis à disposition par l’armée à Hallorann et ses amis, accompagné de l’air What’d I Say (Ray Charles - 1959) ne fait aucune doute. Il s’agit bien du futur lieu de fête réservé aux noirs, le Black Spot.
Élargissement au monde de Ça :
Cet élément est un des principaux repris par la série depuis le livre de Stephen King et ses adaptations. Il est donc inutile de cacher que cet endroit brûlera sous l’assaut d’un groupe issu de La Fierté Blanche, apparenté au KKK. Comme nous vous l’avons dit dans l’Analyse de l’épisode 2, dans le roman Ça, Will Hanlon, sur son lit de mort, confie à son fils Mike qu’Hallorann l’avait aidé à échapper au dévastateur incendie du Black Spot. Ce moment est certainement l’un des grands moments à venir, dans les deux derniers épisodes de la saison 1 de la série.
Notez que l’endroit est aussi cité dans le roman Insomnie de Stephen King.
Élargissement au monde de la musique :
Si la carrière de Ray Charles avait vraiment commencé plus de 10 ans plus tôt, c’est bien avec le titre What’d I Say qu’il est aussi adoubé par le public blanc, faisant de ce titre son premier Disque d’Or, il est alors surnommé The Genius. L’origine de ce titre (inspiré du gospel, mais avec des paroles rythm and blues) est une expérimentation qu’il fit à l’un de ses concerts, sous l’enthousiasme du public. Il est aujourd’hui comme l’une des chansons fondamentales du Rock and Roll Hall of Fame. Dans l’histoire de l’intégration des noirs dans la société américaine, ce moment fut l’un des plus importants, sans aucun heurt ni "combat".
Élargissement au monde du cinéma :
Après avoir fait un clin d’œil au fillm Get Out (Jordan Peele - 2017) dans le premier épisode, la série s’attaque cette fois-ci à Sinners (Ryan Coogler - 2025) dans lequel les jumeaux incarnés par Michael B. Jordan montent un club réservé aux noirs.
Minute 11 - Retour aux enfants :
Nous retrouvons le petit film Duck and Cover, la campagne de prévention scolaire des risques d’une attaque nucléaire, cette fois-ci projeté en classe. Le parallèle avec le risque que fait subit Ça à Derry est toujours si évident (en plus du rapprochement entre Bert et Maturin, les tortues). Mais les enfants semblent vouloir agir et ne pas plonger au sol et "faire ’l’autruche". Lilly et Marge se jaugent du regard.
Will rentre chez lui et parle à sa mère. Il s’agit de la première vraie collusion entre le monde des parents et des adultes. Charlotte, qui ne semble pas encore touchée par la ville, aura sans doute un grand rôle dans l’histoire, autant que son mari, surtout qu’elle a constamment l’œil tourné vers l’importance de l’éducation des enfants. La séance de pêche qui suit entre en contraste avec la figure du père, celui qui punit, et qui ne rattrape pas cette distance avec une partie au grand air. Lui, ne vois pas la menace de Ça sur son fils, parce qu’il en est trop éloigné. Son prenant travail lui accaparant son attention. La scène choc qui suit est aussi l’occasion de reparler d’être brûlés, comme si Ça avait déjà des plans pour l’incendie à venir. Ce détail qui revient est singulier, car, dans les autres adaptations, le clown parle plutôt de les faire "flotter" (référence au puits des lumières mortes et les êtres qui y sont suspendus). On peut toujours croire que Ça joue avec la peur de Will de voir son père mourir comme il l’aurait dû à la guerre de Corée, dans son avion en flamme, mais il y a sans doute plus. Quoi qu’il en soit, Leroy semble enfin plus enclin à croire son fils (symbolisé par le fait qu’il semble aussi voir le ballon rouge).
Élargissement au monde des séries :
On peut sans doute faire un rapprochement entre Charlotte et Joyce Byers incarnée par Winona Ryder dans Stranger Things, qui est la première adulte de la série des frères Duffer à se rapprocher du monde des enfants.
Minute 23 - Le flash de Dick Hallorann :
Alors qu’il se trouve à nettoyer les lieux du futur Black Spot, Hallorann voit une succession d’images qui font penser aux égouts et à un incendie, on lui conseille de "garder le couvercle fermé". Cela fait visiblement référence à ce que Dick fera pour sauver Will.
Élargissement au monde de Ça :
On sait depuis le roman que le Black Spot, pourtant assez éloigné du cœur de la ville de Derry, communique avec les égouts, et a notamment un accès direct depuis les fondations de la maison de la rue Neibolt, l’entrée du repaire de Ça dont nous parlerons plus tard.
Élargissement au monde de l’Amérique des années 60 :
Lilly a l’idée d’utiliser du Valium pour atténuer les peurs, précisant que sa mère donnait à ce médicament un surnom, qui est repris dans le morceau des Stones de 1966 Mother’s Little Helpers.
Élargissement au monde de Stephen King :
L’auteur lui-même en fit une forte consommation au moment les plus aigues de ses nombreuses addictions aux drogues. Dans Tommyknockers, Bobbi tente d’éliminer Gard en le forçant, sous la menace d’une arme, à avaler une dose mortelle.
Minute 30 - L’entrevue :
Cette partie de l’intrigue, voyant Hank qui révèle avoir été avec une femme blanche le soir de la disparition de Matty, est certainement le moment le plus faible jusqu’à maintenant (même si, plus tard, cela prendra un peu d’intérêt quand on saura de qui il s’agit). En effet, même si cela va parfaitement avec l’époque, cet élément, bassement terre-à-terre (tout comme l’engagement dans les droits civiques de Charlotte), nous éloigne de l’ambiance plus subtile qui régnait jusque-là.
Minute 37 - À l’école :
Marge tente de renouer avec Lilly. Visiblement, elle le fait pour se faire bien voir des Pattynettes, mais le personnage est plus profond que cela.
Élargissement au monde de Ça :
Un garçon nommé Tim Flanagan, passe dire bonjour. Son nom fait référence au réalisateur Mike Flanagan, qui réalisa entre autres, des films adaptés de Stephen King, Jessie (2017), Doctor Sleep (2019) et The Life of Chuck (2025). C’est lui aussi qui s’occupera de la série Carrie à venir. Dans la série, ce garçon est censé être l’appât d’une blague cruelle, référence évidente à cette même Carrie.
Notez que, dans le livre, la belle-mère de Stan fait référence aux fiançailles d’une certaine "Stella Flanagan", mais c’est sans doute un hasard tant le nom est répandu.
La peur de Marge, qui se développe après le visionnage du cours sur les parastites, nous amène sur une scène choc, peut-être la plus incroyable jusque-là.
Minute 45 - La chambre de Will Hanlon :
Subtilement, la lumière orangée des lampes du garçon éclaire les saynètes du papier peint, rappelant un incendie. Il aperçoit aussi la silhouette du clown dehors. Ça est donc bien là, et ne se contente pas de diluer la peur pour toucher le plus de monde possible, il cible délibérément certains enfants, dont bien entendu, ceux du nouveau groupe formé.
Minute 50 - Mon esprit dans ton esprit :
Hallorann utilise son pouvoir pour pénétrer dans l’esprit de Taniel.
Élargissement au monde cinématographique :
De nombreuses œuvres utilisent ce genre de pouvoirs. Nous pouvons penser, par exemple, au Mind Meld vulcain ou aux pouvoirs Betazoïdes. L’histoire que fait raconter tante Rose à Taniel fait aussi penser à celle de Prey, dans la série de films Predator.
Élargissement au monde de Stephen King :
La vision des portes pourrait faire penser aux portes que Ça, dans le roman et dans les films, propose d’emprunter aux membres du Club des Ratés. Mais celles-ci se rapprochent plutôt de celles de la plage du roman La Tour Sombre II : Les Trois Cartes, quand Roland serpente dans les consciences. Elles représentent, à ce moment-là, les souvenirs les plus importants de Taniel.
Élargissement au monde de Ça :
Si l’histoire racontée de génération en génération dans le peuple amérindien de la région, et que son origine extra-terrestre soit confirmée ici, le déroulé qu’en a fait les films, puis la série, en sont plus détaillés. 13 fragments sont censés contenir Ça dans la forêt. Ils sont enfouis dans la terre protégée par des carapaces de tortues (une nouvelle référence à Maturin). Chose intéressante, on précise ici enfin l’origine préhistorique de Ça sur Terre, comme dans le roman, alors que les soldats américains font remonter cela à 300 ans en arrière, dans la série.
Élargissement au monde occulte :
Il semble donc que Ça ait pris l’apparence de ce qui terrorisait le plus les autochtones, le Galloo, (ou Gallu en akkadien, dérivé du sumérien galla), la progéniture du diable chargée d’attirer des gens vers l’Enfer (on comprend le parallèle avec les tentations de Ça).
Minute 60 - Neibolt Street :
Tout mène donc à la maison hantée de Neibolt Street.
Élargissement au monde de Ça :
Dans le roman, la maison est l’endroit où le Club des Ratés affrontent vraiment pour la première fois Ça. Dans le téléfilm, il s’agit du château d’eau où convergent les égouts. Encore plus important, dans les films, elle devient une ancienne maison, maintenant abandonnée et réputée hantée, construite à l’emplacement de l’ancien puits de Derry et théâtre de la disparition de 91 colons. Cet endroit est une des entrées qui mènent au repaire de Ça. C’est donc cette dernière que nous voyons dans la série.
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