The Lost Bus : La critique au cœur des flammes

Date : 03 / 10 / 2025 à 14h00
Sources :

Unification


THE LOST BUS
AU CŒUR DES FLAMMES

 Date de sortie : 03/10/2025
 Plateforme de diffusion : Apple TV+
 Titre original : The Lost Bus
 Durée du film : 2 h 09
 Réalisateur : Paul Greengrass
 Scénario : B. Ingelsby, P. Greengrass
 Interprètes : Matthew McConaughey, America Ferrera, Yul Vazquez

Un chauffeur de bus, Kevin McKay et une institutrice, Mary Ludwig, guident un bus rempli d’enfants à travers un incendie dévastateur.

LA CRITIQUE

The Lost Bus est un film de Paul Greengrass, qui, s’il à réalisé les films Jason Bourne, est un grand amoureux des adaptations de réels faits divers (il fut journaliste). Il a ainsi tourné Vol 93 (les attentats du 11 septembre) et Capitaine Philips (la prise d’otages d’un bateau par des pirates somaliens, avec Tom Hanks), par exemple.

Son nouveau film est cette fois-ci inspiré de l’incendie de Camp Fire de 2018, l’un des plus impressionnants de la Californie, une région du globe pourtant très coutumière du fait. Toute une ville fut évacuée, et le bilan humain le plus lourd jamais enregistré dans l’état.

Et c’est dans cet enfer que nous suivons un chauffeur de bus, formidablement incarné par Matthew McConaughey (à fond dans son rôle, crasseux et très proche d’un de ces white trash).
En effet, bien qu’il y ait des vues d’autres groupes d’humains ailleurs (la coordinatrice des transports scolaires, un premier groupe de survivants, les différents secours...), c’est bien Kevin, le chauffeur de bus, que nous suivons dans la quasi-totalité des plans, à hauteur d’homme, caméra à l’épaule, jusqu’à avoir l’impression de sentir la sueur sous sa casquette. Même l’institutrice Mary, les enfants embarqués, ou le bus lui-même, ont une présence amoindrie pour ce type de film.

En se rapprochant ainsi de son personnage principal, et en s’intéressant à ses réactions face au danger (rappelez-vous Capitaine Philips si vous l’avez vu), le réalisateur peut laisser tomber une bonne partie des scènes de pathos, des dialogues indigents et des envolées épiques du genre.

Bien entendu, il reste des cendres incontournables des films de survival catastrophe, à commencer par le profil même du personnage, un père défaillant, au bout du rouleau, qui n’arrive pas à communiquer avec son ex-femme ou sa patronne, et rongé par la culpabilité (non, lui, il ne boit pas, il est conducteur de bus scolaire). Mais on lui oppose une maîtresse d’école très responsable, rangée et empathique. Dans l’une des rares scènes de communication sur la vie réelle qu’auront les deux personnages (occupés à sauver les enfants, ce qui est tout de même plus important), ils verront l’autre comme une sorte d’exemple à suivre finalement, dans un croisement des objectifs. Mary aimerait voyager et Kevin commence à comprendre qu’il a besoin de s’attacher aux autres. Là où d’autres films auraient verbalisé la chose, et insisté lourdement, le film le laisse deviner dans les regards des personnages.
Une scène aurait pourtant pu être évitée, alors que le bus semble condamné, notre duo révèle son passé (que l’on avait deviné) avec des larmes que l’on avait judicieusement évitées jusque-là. Mais nous sommes très loin du pathos de toutes les autres productions du genre tout de même.

Dans d’autres films catastrophes, on aurait aussi multiplié les personnages et exploiter à fond les enfants, ou les pillards, avec des péripéties inutiles. Ici, on se concentre vraiment sur l’action, qui est au centre de tout le film, et dès le début. En effet, le film commence vite et fort grâce à un procédé qui rappellera 24h chrono ou The Killing US par exemple. En plus des problèmes que tentent de gérer le personnage principal, là, sous ses yeux, d’autres problèmes (familiaux ou professionnels) arrivent par son téléphone. Kevin, déjà dépassé dans sa vie normale, se retrouve noyé de périls dont il semble impossible de se sortir.

Le bus 9.6.3. doit donc échapper aux flammes de la ville bien mal nommée Paradise (son vrai nom dans la vie réelle), ce genre de ville moyenne des USA que tous les jeunes veulent quitter pour de plus grands ensembles, et chaque instant est une tension totale et prenante. Celle-ci est servie par une impression de réalisme jusque dans le casting (les pompiers ne sont pas stripteaseurs), sous un chaos total.

Les scènes de feu, très nombreuses, sont parfaites, ultra dangereuses sans convoquer de gigantisme catastrophique.

Réaliste, parfaitement tourné, évitant bien des tropes et du pathos du genre, The Lost Bus est un film vraiment réussi grâce à des choix pertinents pour s’éloigner des poncifs du genre et donner de l’importance à autre chose, plus proche de l’homme.

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