Sirāt : La critique
SIRÃT
– Date de sortie : 10/09/2025
– Titre original : Sirāt
– Durée du film : 1 h 55
– Réalisateur : Oliver Laxe
– Scénariste : Oliver Laxe, Santiago Fillol
– Interprètes : Sergi López, Bruno Núñez Arjona, Richard Bellamy, Stefania Gadda, Joshua Liam Henderson, Tonin Janvier, Jade Oukid, Ahmed Abbou
LA CRITIQUE
Sirāt est un très bon film qui fait preuve d’une originalité forte et qui entraîne facilement le spectateur au cœur de magnifiques paysages marocains.
Le scénario du réalisateur Oliver Laxe et de Santiago Fillol se focalise sur un père, et son fils, qui va dans une Rave Party au Maroc pour y retrouver sa fille. Il va sympathiser avec une bande de jeunes gens qui va l’entraîner à travers le pays à la recherche d’une autre fête où elle pourrait être.
Le film d’Oliver Laxe est un surprenant road movie se déroulant au cœur d’une nature somptueuse et traîtresse. Car il s’agit vraiment d’un personnage extrêmement important et entre ses ravines, ses rivières, ses montagnes et ses déserts, l’aventure prend de nombreuses formes.
D’autant que la sublime photographie de Mauro Herce capte parfaitement les paysages et les véhicules des personnages, qui semblent être minuscules au cœur de certains d’entre eux. De nombreuses images, notamment celles nocturnes, sont incroyables et apportent une atmosphère d’une grande densité à une œuvre prenant le temps de s’installer avant d’enchaîner les uppercuts. Ce qui explique d’ailleurs pourquoi elle a remporté le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2025.
Il s’agit aussi d’un véritable thriller horrifique dans lequel des passages d’action sont asphyxiants. Alors que la partie finale est incroyable et laisse exsangue.
Sergi López est excellent en père prêt à tout pour retrouver son enfant. Bruno Núñez Arjona est très bon dans le rôle de son fils. Jade Oukid est formidable en jeune femme adorant tout réparer. Stefania Gadda est sympathique en conductrice n’ayant pas froid aux yeux. Richard Bellamy est remarquable en fêtard adorant passer d’une fête à l’autre. Tonin Janvier est très bon en ami de celui-ci. Et Joshua Liam Henderson vient compléter la petite bande qu’ils forment tous ensemble.
Les deux camions de l’équipe, pouvant passer n’importe où, sont spectaculaires et ils tranchent beaucoup avec le simple véhicule de l’homme qui essaye de les suivre, alors que le danger se trouve partout.
D’autant que le monde est en pleine turbulence, ce dont on prend progressivement conscience à travers la radio. Et ce qui ajoute une couche supplémentaire à l’ambiance délétère planant sur le déroulement de l’aventure des protagonistes.
Il faut aussi parler de la musique de Kangding Ray et du travail sur le son qui sont incroyables. Ils participent pleinement au récit. Ainsi, entre la Rave Part et la musique qui accompagne les péripéties des personnages, certains passages sont vraiment envoûtants. Quelques-uns sont même à la limite du féerique, lorsque les protagonistes traversent des zones désertiques, de jour comme de nuit, imprimant dans la rétine l’image dune caravane roulant vers un but inconnu.
Ce qui trouve une résonance accrue avec la définition du sirāt qui est donnée au début du long métrage et qui correspond à un chemin étroit et tranchant reliant l’enfer au paradis.
Sirāt est un très bon film qui accélère sa dramaturgie progressivement et entraîne le spectateur dans une spirale qu’il ne voit pas venir. Avec son histoire très bien écrite, sa mise en scène magnifique, ses acteurs attachants, ses rebondissements surprenants et sa musique mémorable, n’hésitez pas à vous plonger au cœur de ce voyage qui en met plein les yeux et reste longtemps en mémoire.
Incroyable et puissant.
SYNOPSIS
Au cœur des montagnes du sud du Maroc, Luis, accompagné de son fils Estéban, recherche sa fille aînée qui a disparu. Ils rallient un groupe de ravers en route vers une énième fête dans les profondeurs du désert. Ils s’enfoncent dans l’immensité brûlante d’un miroir de sable qui les confronte à leurs propres limites.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Photographie : Mauro Herce
– Montage : Cristobal Fernandez
– Musique : Kangding Ray
– Costumes : Nadia Acimi
– Décors : Laia Ateca
– Producteur : Pedro Almodóvar, Agustín Almodóvar, Mani Mortazavi, Andrea Queralt pour Oriol Maymo Directeur de, 4 a 4 Productions, El Deseo, Filmes Da Ermida, Uri Films, Los desertores films, Telefonica Audiovisuel Digital
– Distributeur : Pyramide Distribution
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