Empires : La critique du tome 4
EMPIRES
4. LA COMPAGNIE DES ÉCORCHÉS
– Date de sortie : 25/06/2025
– Éditeur : Oxymore Éditions
– Scénario : Nicolas Jarry
– Dessin : Ornella Savarese
– ISBN : 978-2385610975
– Nombre de Pages : 66
– Prix : 17,95 euros
DESCRIPTION
Une Dark Fantasy implacable, entre le réalisme brut de "La compagnie noire" et l’épique flamboyant de David Gemmell.
Samara la sauvage, l’envoûtante Kahanë et Mira l’indomptable sont des libre-lames, des sœurs aux liens trempés dans le sang de leurs ennemis. Toutes trois ont juré dans les profondeurs d’Abîmes, avec les ténèbres pour seules témoins, de se venger de leur capitaine qui les a trahies afin de sauver sa peau. Elles ne le tueront pas, pas avant de lui avoir pris tout ce à quoi il tenait : son honneur, sa fortune et sa compagnie… Alors seulement, elles lui ouvriront la gorge et le laisseront se noyer dans son propre sang…
LA CRITIQUE
Samara la sauvage, Kahanë l’envoûtante et Mira l’indomptable sont déterminées à se venger de leur capitaine déserteur, décidées à lui ôter honneur, fortune, compagnie… et enfin la vie. Découvrez pourquoi et découvrez comment elle vont préparer et mettre à exécution leur vengeance.
L’intrigue, bien que relativement classique, s’avère efficace. Jarry y applique les recettes qui ont fait le succès de ses sagas Elfes et Nains (chez Soleil) : une narration omniprésente en voix off et de nombreux retours en arrière. Un procédé parfois un peu pesant, mais qui permet de creuser la psychologie des trois héroïnes. La narration polyphonique est d’ailleurs plutôt bien maîtrisée : en alternant les points de vue des sœurs, le récit gagne en profondeur et évite le piège du protagoniste unique et omnipotent. Chacune suit sa trajectoire, avance ses pions, et cette dynamique renforce la tension dramatique. Les personnages féminins, sont loin des stéréotypes. Samara, Kahanë et Mira forment un trio solide, aux caractères affirmés et bien différenciés.
Pourtant, malgré cette richesse de construction, le lecteur aura du mal à s’attacher réellement à elles — comme si une certaine froideur émotionnelle persistait tout au long du récit. La densité du scénario, parfois un peu trop condensé, associée à une voix off très présente et à des passages narratifs proches du roman illustré, peut nuire au rythme. À force d’accumuler les descriptions et les introspections, l’ensemble finit par donner une impression de surcharge qui freine parfois la lecture.
Ornella Savarese offre un graphisme riche et ciselé : paysages variés, ambiances nocturnes intenses, traits soignés, visages expressifs tandis que Silvia Fabris, aux couleurs, magnifie le tout par des jeux de lumières et d’ombres qui soulignent la violence et la tension dramatique. Chaque case est étudiée pour créer une immersion totalisante, à la fois visuellement et émotionnellement.
ET FINALEMENT ?
Et finalement, La Compagnie des écorchés propose une immersion brute et génératrice de tension, portée par un trio féminin complexe et un graphisme richement stylisé. Un épisode intense, certes un peu dense, mais pleinement en phase avec l’esprit brutal de la série. À réserver aux fans hardcore de la série dont ce quatrième tome est le maillon faible.
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