The Last Days of American Crime : La review du film Netflix
The Last Days of American Crime est un film de casse un décevant et très long qui est l’adaptation, visiblement pas vraiment fidèle, du comics éponyme de Rick Remender et de Greg Tocchini qui d’après les amateurs est bien recommandable.
Aux États-Unis, un signal a été créé, qui permet d’empêcher le cerveau des malfaiteurs de fonctionner et donc à ces derniers de commettre des crimes. Trois d’entre décident de s’unir afin de commettre le dernier casse des USA juste avant la propagation définitive du signal sur tout le territoire.
Le scénario de Karl Gajdusek s’appuie sur ce postulat de départ, mais curieusement, malgré pratiquement 2h30 de long métrage, réussit à intégrer un très grand nombre d’ellipses dans le récit. Ainsi, de nombreux passages ne sont pas très intéressants et ne mènent à rien, alors que celui suivant propose une grande avancée dans l’intrigue sans que l’on comprenne ce qui a bien pu se passer. Sans parler des retournements de situation improbables qui sortent de nulle part.
Je n’ai pas eu l’occasion de lire le comics initial, mais le casse du film est vraiment mal monté, et le niveau d’amateurisme des protagonistes, menés soi-disant par un individu très bon dans son domaine, laisse perplexe. Surtout la partie finale qui semble presque s’écrire en même temps que ce que l’on voit.
Les personnages sont aussi très caricaturaux, pas franchement sympathiques et ne permettent pas vraiment de s’attacher à eux. Les dialogues sont parfois très basiques et la place de la femme, forcément fatale, est plus années 80 que 2010, sans lui apporter l’effet nostalgique lié au rétro.
Les comédiens ne marquent pas non plus durablement les esprits. Édgar Ramírez semble vraiment monolithique est sans beaucoup d’émotion. Ce qui va bien dans son rôle, notamment au début, mais devient très lassant après plus de deux heures. Un taiseux n’est pas forcément quelqu’un d’inintéressant, mais le protagoniste manque franchement de nuance pour que l’on s’attache à lui.
Son compère, incarné par Michael Pitt, est tout l’opposé. Exubérant, irritant, le comédien en fait franchement trop, ce qui au contraire d’une prestation telle qu’on a pu le voir sur un joker dans l’univers de Batman, le rend de plus en plus détestable et fatiguant. Anna Brewster en femme fatale offre la prestation la plus nuancée de l’histoire. La comédienne ne peut éviter les très nombreux clichés, et le sexisme, liés à son personnage, mais réussi en faire quelqu’un à qui on s’intéresse un peu. Ce qui n’est pas évident vu la galerie de protagonistes esquissé au burin. Peut-être est-ce voulu dans le comics, mais ce qui se passe sur papier n’est souvent pas transposable sur grand écran.
Le film d’Olivier Megaton a eu des moyens et propose des séquences spectaculaires et impressionnantes. Elles sont néanmoins noyées au milieu de grandes longueurs qui n’apportent pas grand-chose ni à l’intrigue ni à l’intérêt que l’on peut porter aux personnages. C’est même dommage de faire un film de 2h30, alors qu’il aurait pu être résumé en 1h30 et qu’il aurait sans doute gagné en consistance. La fin est impressionnante, mais l’action n’arrive pas à masquer les trous scénaristiques et le manque de cohérence de ce qu’il se passe. On croit de moins en moins et à la vraisemblance du casse, ce qui n’aide pas à garder l’attention éveillée.
The Last Days of American Crime est une œuvre longue et peu marquante qui bénéficie de quelques scènes vraiment sympathiques, mais pâti d’un scénario bancal, d’une interprétation peu convaincante et d’ellipses dont on ne comprend pas l’existence, tant il y a des passages qui ne servent à rien à côté. On peut néanmoins y trouver un certain plaisir, car il ne demande pas beaucoup d’attention et offre des éléments visuels, quelques cascades et fusillades qui sont plutôt agréables à découvrir.
Décevant et longuet.
SYNOPSIS
Dans un futur proche, le gouvernement américain prépare son ultime réponse au crime : l’utilisation d’un signal rendant impossible pour chacun de commettre le moindre acte illégal. Pour détourner l’attention du peuple américain, le gouvernement met en place un nouveau système de cartes monétaires digitales rechargeables via des stations spécialisées. Graham Brick, un criminel professionnel, prépare un plan pour dévaliser l’une de ces stations avant de quitter le pays. Mais il apprend ce que prépare le gouvernement et il ne lui reste plus qu’une semaine pour commettre son délit avant que le signal anti-criminalité ne soit mis en place.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 2 h 28
– Titre original : The Last Days of American Crime
– Date de sortie : 05/06/2020
– Réalisateur : Olivier Megaton
– Scénariste : Karl Gajdusek d’après l’œuvre de Rick Remender, Greg Tocchini
– Interprètes : Édgar Ramírez, Michael Pitt, Anna Brewster, Sean Cameron Michael, Inge Beckmann, Nathan Lynn, Robert Hobbs
– Photographie : Daniel Aranyó
– Montage : Mickael Dumontier
– Musique : The Limiñanas, David Menke
– Costumes : Reza Levy
– Décors : Sébastien Inizan
– Producteur : Jason Michael Berman, Jesse Berger, Barry Levine pour Netflix, Radical Studios
– Distributeur : Netflix France
LIENS
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