Don’t F**k With Cats : La Review de la Série Documentaire
Cette critique contiendra d’éventuels spoilers et abordera des sujets sensibles .
Si vous possédez une bonne connaissance du World Wide Web, vous savez que ce merveilleux monde parallèle virtuel révèle le meilleur, mais surtout le pire de l’humanité. Il n’est pas question ici de guerres de tranchées des réseaux sociaux, ou encore des vidéos de clashs puérils de célébrité en manque de buzz.
On parle de trafic d’armes, des réseaux de stupéfiants et bien pire encore... Pourtant, même avec ce background, de nombreux passages de Don’t F*** With Cats risquent de vous perturber.
Cette série documentaire britannique a comme point de départ une vidéo virale montrant un jeune homme asphyxiant deux chatons dans un sac sous vide en utilisant un aspirateur. Quelques personnes forment un groupe d’enquêteurs sur Facebook pour trouver des indices à l’intérieur de cette séquence ignoble pour trouver le responsable, que l’on devine à peine sur les images.
Même si vous ne verrez pas l’acte en lui-même, les bruits, les plans hors champs, les descriptifs, auront le même effet si ce n’est pire. L’horreur est présente du moment où l’on se formalise concrètement ces actes.
Ce meurtre sera le premier d’une série de trois. Le tueur de chats prenant un malin plaisir à jouer avec les enquêteurs et, à chaque fois, tout est montré dans ces clips sauf la fin de vie des félins. Mais cela va assez (trop ?) loin.
Mark Lewis a voulu marqué les esprits pour nous faire comprendre toutes les conséquences de tels actes, que ce soit pour les spectateurs, les enquêteurs ou ce psychopathe.
Ames sensibles s’abstenir, d’autant que la suite est pire.
Au fil des épisodes, tous les excès liés à la surexposition médiatique moderne sont abordés. Le fait que cette personne folle recherche clairement cette célébrité, se construisant tout un univers fictif à base de montages photos, faux profils FB, fans imaginaires, à tel point que ça en devient ubuesque, mais il s’agit bien d’une réalité bien moins pittoresque.
Cette surexposition qui exergue également le sentiment de vengeance des enquêteurs qui deviennent plus nombreux au fur et à mesure que les vues grandissent. A tel point qu’un premier coupable présumé est trouvé, à tord, qui entraînera la pire des conséquences.
Mais lorsque l’étau se ressert sur le principal instigateur, que son nom est évoqué, le documentaire prend une tournure dingue : Luka Rocco Magnotta. Le dépeceur de Montréal, rien que ça, mais avant qu’il obtienne ce sobriquet. C’est là que cette traque prend toute sa profondeur. Le réalisateur a eu l’intelligence de construire un crescendo scénaristique, de la petite enquête faite maison aux gros titres des journaux tout autour du monde.
D’autant que le focus est porté sur deux des protagonistes ayant une logique toute épistémologique. De la recherche de la preuve, de l’obstination, de réels détectives online. Deux d’entre eux, Deanna Thompson et John Green, absolument fascinants, servent de narrateurs. Ils travaillent avec un peu de gens, partageant leurs méthodes, et tentent par tous les moyens d’alerter les autorités du danger de Magnotta.
On peut sentir une réelle tendresse de la culture Geek, la vraie. Celle qui se socialise derrière les écrans, qui s’unit dans des passions communes, qui vivent en WWW et en sont très heureux. Une bienveillance agréable pour ses citoyens révoltés voulant que justice soit faite.
D’autant que les autorités n’entendent pas leur avertissement, tous sentant que l’étape supérieure sera le meurtre. Dont acte, quelques mois après. C’est là que le point de rupture dans DFWT peut arriver. C’est le premier meurtre en ligne volontaire, mis en scène et diffuser en masse. Magnotta réalise alors une légende urbaine, un Snuff Movie, les fameuses morts filmées qui existeraient dans les abysses du Dark Web. Le doc ne nous épargne pas avec les mêmes méthodes. Libre à vous d’entendre les détails sordides que vous pourrez entendre.
Tout est remarquablement construit, la narration est rapide, mais précise, le montage brillant. On pourra regretter une fin qui tombe trop rapidement et quasiment devinable. Mais si vous êtes prêts à vous confronter au monstre qui sommeille en l’homme, dans une échelle bien plus grande qu’habituellement sur Netflix, Don’t F** With Cats saura vous contenter par son intelligence et la multiplicité des thèmes justement abordés.
EPISODE
– Episode : 1.01 à 1.03
– Titre : Le Chat et les Souris ; Un Meurtre pour des Clics ; Coup de Filet sur la Toile
– Date de première diffusion : 18/12/2019
– Réalisateur : Mark Lewis
BANDE ANNONCE - EXTRAITS
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