Institut Benjamenta ou ce rêve qu’on appelle la vie humaine : La critique
Institut Benjamenta ou ce rêve qu’on appelle la vie humaine est un étrange film assez envoûtant des frères Quay datant de 1995, mais n’ayant pas pris une ride, qui propose un long métrage tourné en prises de vues réelles, ce qui tranche dans leur filmographie constituée de courts métrages expérimentaux réalisés en animation.
Le scénario d’Alan Passes, Stephen Quay et Timothy Quay présente un jeune homme, souhaitant entrer dans l’institut donnant son nom à l’œuvre, afin de devenir majordome. Au sein de cet établissement particulier, qui forme exclusivement ce type domestique, il va subir une bien étrange formation.
Si ce sont des personnages humains que l’on suit de près, les frères Quay n’hésitent pas à intégrer plein d’objets de décor un peu fantasmatiques, dans celui principal créé par Jennifer Kernke, et à glisser de temps en temps des éléments de mise en scène et de narration dont ils sont coutumiers.
L’œuvre a donc une atmosphère bien particulière et propose des séquences d’un véritable onirisme qui n’est parfois jamais loin, soit du rêve, soit du cauchemar. L’ambiance est donc très prégnante tout du long du récit et permet de s’immerger avec le personnage dans cet institut aux méthodes particulières et à la formation sortant de l’ordinaire.
La superbe photographie en noir et blanc de Nicholas D. Knowland renforce l’impression de se trouver devant un drôle de rêve que l’on partage avec le personnage principal.
À travers cet institut, se dessine aussi une critique sociétale de l’Angleterre avec son système de castes sociales qui a perduré jusqu’à il y a seulement quelques décennies. En effet, le seul espoir de s’élever au-dessus de sa condition du jeune homme est de devenir le domestique d’une personne mieux née en occupant un poste parmi les plus élevés de ce corps de métier.
L’interprétation est très bonne, surtout celle de Mark Rylance qui est impeccable en jeune homme souhaitant une vie meilleure et découvrant un nouveau monde bien perturbant. Gottfried John est très bon en directeur de cet institut. Alice Krige, en seul personnage féminin évoluant au milieu de ce dernier, est non seulement intéressante, mais aussi bien fascinante, voire envoûtante.
La mise en scène est vraiment décalée et permet d’obtenir des tableaux à la limite du surréalisme. De nombreuses séquences font appel au non-sens, laissant l’imagination du spectateur interpréter ce qu’elle a envie d’y voir.
Les effets spéciaux sont vraiment impressionnants et enrobent un ovni cinématographique qui enchantera et saura séduire ceux qui sont sensibles, mais pourrait bien exclure ceux n’y accrochant pas.
Institut Benjamenta ou ce rêve qu’on appelle la vie humaine est un film vraiment atypique qui permet de découvrir une œuvre singulière dans la filmographie des frères Quay, à l’atmosphère particulièrement prégnante. Avec une mise en scène élaborée, de très bons acteurs et une recherche visuelle fort réussie, le long métrage ne s’adresse clairement pas à tout le monde, mais est vraiment un objet cinématographique à découvrir.
Curieux et décalé.
SYNOPSIS
L’institut Benjamenta, delabre et moribond, est une ecole de formation pour majordomes auxquels est perpetuellement enseignee la meme et unique lecon. Jakob, qui vient de s’inscrire, erre parmi les couloirs labyrinthiques de l’institut, essayant de percer les mysteres de la vie des occupants hagards de cet etrange etablissement.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 45
– Titre original : Institute Benjamenta, or This Dream People Call Human Life
– Date de sortie : 04/12/2019
– Réalisateur : Timothy Quay, Stephen Quay, Weiser Quay
– Scénariste : Alan Passes, Stephen Quay, Timothy Quay d’après l’œuvre de Robert Walser
– Interprètes : Mark Rylance, Alice Krige, Gottfried John, Daniel Smith, Joseph Alessi, Jonathan Stone, César Sarachu, Peter Lovstrom
– Photographie : Nicholas D. Knowland
– Montage : Larry Sider
– Musique : Lech Jankowski
– Costumes : Zeb Ibrahim
– Décors : Jennifer Kernke
– Producteur : Karl Baumgartner, Keith Griffiths, Janine Marmot, Katsue Tomiyama pour Image Forum, Koninck Studios, Pandora Filmproduktion GmbH
– Distributeur : Ed Distribution
LIENS
– SITE OFFICIEL
– ALLOCINÉ
– IMDB
PORTFOLIO
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.












