Herbes Flottantes : La critique

Date : 16 / 07 / 2019 à 11h15
Sources :

Unification


Herbes flottantes est le très bon premier film en couleur de Yasujirô Ozu qui fait, 25 ans après, le remake de son film sorti en 1934 Histoire d’herbes flottantes.

Une troupe de théâtre ambulant de kabuki, une spécialité du théâtre japonais, arrive dans un petit village de pêcheurs. C’est là où l’acteur vedette a un fils illégitime qui ignore qu’il est son père.

Le scénario de Kogo Noda et de Yasujirô Ozu tourne autour des liens existant à la fois dans une troupe de théâtre itinérante, et aussi dans un petit village dans lequel tout le monde se connaît. Les interactions entre ces deux mondes opposés sont très bien décrites, tout comme l’histoire concernant le jeune homme sur lequel sa propre famille porte de nombreux espoirs.

Les comédiens sont vraiment très bons. Ganjirô Nakamura campe admirablement un acteur ne sachant rien faire d’autre. Machiko Kyô est formidable en mère célibataire au grand cœur. Hiroshi Kawaguchi est très juste en jeune homme brillant. Haruko Sugimura est touchante en jeune comédienne. Et Ayako Wakao est brillante en maîtresse jalouse.

Yasujirô Ozu décrit avec subtilité un milieu presqu’en vase clos sur lequel la fin de la Deuxième Guerre mondiale plane encore. Il brosse le portrait vivace d’une société en pleine mutation dans laquelle le mode de vie change inexorablement et les activités, telles que le théâtre ambulant, sont vouées à disparaître de la forme qu’elles avaient depuis des siècles.

Sa mise en scène est brillante. Il maîtrise parfaitement le passage à la couleur, jouant avec cette dernière. Ses mouvements de caméra, l’utilisation de l’espace, la gestion du hors champs, notamment sonore, pour renforcer l’impact de ses scènes ont une grande influence sur la qualité de l’œuvre, renforçant la sensation d’immersion dans une époque surannée.

Il faut souligner le fort beau travail sur les décors de Tomoo Shimogawara, ainsi que celui réalisé sur les costumes. Les environnements sont très beaux et véridiques. Le long métrage se transforme parfois en documentaire portant sur une décennie révolue et permet de s’immiscer à la fois dans la vie d’une troupe de théâtre et dans celle d’un petit village loin de toutes grandes villes.

Herbes flottantes est un très bon film qui est mâtiné d’une étude sociétale recherchée qui présente à la fois le fonctionnement d’une troupe de kabuki, ce qui ne peut que réjouir les amateurs de théâtre, mais aussi le drame humain dans toute sa grandeur avec un focus plus intime sur une famille dont les membres sont séparés.

Avec une mise en scène remarquable, de grands acteurs impeccables et une histoire universelle, le long métrage n’a pas vieilli et permet, grâce à sa restauration, d’être (re)découvert dans toute sa splendeur.

Impressionnant et passionnant.

SYNOPSIS

Une petite troupe de théâtre kabuki débarque dans un village de pêcheurs au sud du Japon. Il y a des années, leur meneur, Komajuro, avait eu une aventure avec l’une des habitantes. De leur brève union est né un garçon, Kiyoshi, qui ignore tout de l’identité de son père. Mais ce dernier n’est pas le seul à qui Komajuro a caché la vérité. Lorsque Sumiko, sa maîtresse actuelle et comédienne de la troupe, découvre l’existence de Kiyoshi et de sa mère, elle décide de se venger…

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Durée du film : 1 h 59
 Titre original : Ukigusa
 Date de sortie : 17/07/2019
 Réalisateur : Yasujirô Ozu
 Scénariste : Kogo Noda, Yasujirô Ozu
 Interprètes : Ganjirô Nakamura, Machiko Kyô, Ayako Wakao, Hiroshi Kawaguchi, Haruko Sugimura, Hitomi Nozoe, Chishu Ryu, Koji Mitsui
 Photographie : Kazuo Miyagawa
 Montage : Toyo Suzuki
 Musique : Kojun Saito
 Décors : Tomoo Shimogawara
 Producteur : Masaichi Nagata pour Daiei
 Distributeur : Carlotta Films

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Herbes Flottantes


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