Le roi de cœur : La critique

Date : 26 / 01 / 2017 à 10h00
Sources :

Unification


Le roi de cœur est un très bon film français qui a bénéficié d’une sortie ratée en France suite à une mauvaise promotion et des critiques n’ayant globalement vus que la folie de la plupart des protagonistes et non la poésie d’un long métrage anti-guerre.

Sorti aux Etats-Unis pendant la guerre du Viêtnam, l’œuvre a tourné dans les universités avant de gagner un statut de film culte anti-guerre.

C’est d’ailleurs à ce pays que l’on doit la magnifique version restaurée qui ressort simultanément en salle et en DVD.

On y découvre, à la fin de la Première Guerre mondiale, une petite ville française évacuée par des Allemands qui l’ont préalablement minée afin d’y faire sauter les habitants et les militaires écossais qui s’apprêtent à reprendre le territoire.

Un soldat anglais parlant français, spécialiste des communications via les pigeons voyageurs, est envoyé seul déminer la cité. Mais ce dernier va se retrouver devant une ville dans laquelle tous les habitants se comportent d’étrange façon.

Un véritable casse-tête pour le jeune homme jusqu’à ce qu’il comprenne que les occupants de l’asile d’aliénés abandonnés ont quitté cet établissement et occupent les lieux vidés de leurs habitants.

Le scénario est une merveilleuse ode à la tolérance et à l’excentricité dans laquelle la folie ne concerne pas ceux que l’on qualifierait de tel de prime abord. La folie est un mot bien fourre-tout derrière lequel, au début du siècle précédent, on classait les inadaptés social, homosexuels, fille-mère, prostitués, personnes différentes. C’est tout un aréopage de gens qui bénéficient de ce label sorti de son contexte médical.

Et le film utilise au mieux cette folie ambiante, joyeuse et drôle pour pointer du doigt la guerre. D’ailleurs, l’une des scènes les plus fortes du film, et ce dernier en regorge, confronte les « fous », aux militaires en train de se faire la guerre. C’est une magistrale démonstration de la véritable folie humaine et les combattants en ressortent méchamment écornés.

Le film bénéficie d’un grand nombre de stars des années 60 dans sa distribution comme Michel Serrault, Pierre Brasseur et Jean-Claude Brialy pour n’en citer que quelques-uns. Ces derniers s’en sont donnés à cœur joie dans leurs rôles d’excentriques et leurs paroles, à l’image de la dernière réplique emblématique de l’œuvre, laissent réellement songeur devant des vérités élégamment enveloppées.

Alan Bates tient le rôle-titre et s’est lui aussi beaucoup investit dans le film, malgré une fracture du pied faite lors d’une cascade au début du tournage. Ce dernier est très touchant dans cet homme envoyé faire un travail qu’il ne connaît pas, et essayant envers et contre tous de sauver l’étrange population du village.

Les relations entre les divers protagonistes sont formidables et ces derniers font planer sur le long métrage un fort beau sentiment de bonheur alors que tous s’inclinent devant le jeune anglais, ce roi de cœur, qui n’en manque assurément pas, venus pour les gouverner.

La musique est vraiment magnifique et les morceaux sont tous plus entrainants et mémorables les uns que les autres. La composition participe beaucoup à l’humeur festive du film et l’opposition apportée par ses notes guillerettes rend encore plus décalées les horreurs de la guerre que s’empresse de détourner la plupart des protagonistes.

Philippe de Broca a mis tout son cœur dans une œuvre à laquelle il tenait beaucoup. Il a fort mal pris l’échec de sa sortie. Mais des années plus tard, grâce à l’engouement profond que suscite le film aux États-Unis, c’est une chance pour nous de la découvrir dans une très belle version.

Le roi de cœur est un très bon film, à la fois fort drôle et divertissant, et d’une grande profondeur. Véritable hommage à la tolérance et pamphlet acerbe contre la guerre, l’œuvre est réellement marquante. Avec une galerie de personnages truculents et attachants, une mise en scène inspirée et une musique entraînante, vous ne serez pas prêt d’oublier cet étrange village français.

Captivant et merveilleux.

Le film est ressorti en DVD le 24 janvier 2017 chez Swashbuckler Films et propose quelques bonus permettant de découvrir le tournage à travers les récits des acteurs, du réalisateur et de sa femme.

  • Entretien exclusif avec Pierre Lhomme (10 minutes)
  • Entretien exclusif avec Michelle de Broca (9 minutes)
  • Les comédiens sur le tournage (6 minutes)
  • Le monde irréel de Philippe de Broca (1 minutes)
SYNOPSIS

Avant d’évacuer Marville, en 1918, les Allemands dissimulent une charge d’explosifs dans la cathédrale. Avertis, les alliés chargent le soldat Plumpick d’en trouver la cachette. Arrivé en ville, tous les habitants ont déserté à l’exception des pensionnaires de l’asile d’aliénés.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Durée du film : 1 h 42
 Titre original : Le roi de cœur
 Date de sortie : 25/01/2017
 Réalisateur : Philippe de Broca
 Scénariste : Daniel Boulanger, Philippe de Broca
 Interprètes : Alan Bates, Geneviève Bujold, Michel Serrault, Pierre Brasseur, Jean-Claude Brialy, Francoise Christophe, Adolfo Celi, Julien Guiomar
 Photographie : Pierre Lhomme
 Montage : Françoise Javet
 Musique : Georges Delerue
 Costumes : Jacques Fonteray
 Décors : François de Lamothe
 Producteur : Philippe de Broca, Jacques Juranville pour Fildebroc, Artistes Auteurs Associés (A.A.A.), Compagnia Cinematografica Montoro
 Distributeur : Swashbuckler Films

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