Chala, une enfance cubaine : La critique
Comme le laisse supposer son titre, Chala, une enfance cubaine, se déroule à Cuba mais l’intrigue est en fait centrée sur deux personnages principaux : le jeune cubain et son institutrice Carmela qui l’a pris sous son aile. Le caractère facétieux de Chala, sa vie de rue, ses problèmes familiaux, ses sentiments pour une de ses camarades ou ses manœuvres pour gagner de l’argent occupent la plupart des scènes du film, le reste étant centré sur le quotidien de l’institutrice.
Il est difficile de croire que le réalisateur ait dû laisser une deuxième chance aux auditions à Armando Valdes Freire avant de lui attribuer le rôle de Chala. Lui comme tous les jeunes interprètes du film joue de façon touchante de naturel et de spontanéité. Alina Rodriguez, une comédienne très connue à Cuba incarne Carmela, une institutrice proche de la retraite qui a fait de son métier une véritable façon de vivre. La comédienne décédée d’un cancer en juillet 2015 est tout bonnement époustouflante.
La photographie chaleureuse valorise de très belle manière l’architecture de la ville où se situe l’action du film. On est dépaysé et très vite on a envie de prendre un billet d’avion pour voir tous ces magnifiques paysages urbains de ses propres yeux. Malheureusement, tout n’est pas rose pour les enfants de cette ville, et le film met le doigt sur les aberrances du système d’éducation cubain. Comme pour beaucoup d’enfants du monde entier, les choses sont loin d’être faciles pour ceux étant issus de familles dites classiques. Le combat que mène Carmela pour pousser tous les enfants à poursuivre réussir leur scolarité dans de bonnes conditions est une véritable leçon de vie et fait honneur au travail de nombreux enseignants à travers le monde.
Si les différents enjeux ne manquent pas d’intérêt, le film manque de souffle : les thématiques ont déjà été vues dans d’autres films et peinent à maintenir totalement notre attention. Que l’éducation soit la solution pour sortir de la délinquance est un message maintes fois rabâché et qu’il est un peu lassant de retrouver encore une fois ici. La caractérisation du personnage de Chala, aussi attachant soit-il, est assez clichée (père inconnu, mère absente, combines pour gagner de l’argent...) et peine à nous convaincre totalement.
Les bêtises plus ou moins grosses de Chala s’enchaînent de façon peut-être un peu trop systématique, ce qui peut entraîner une certaine lassitude. Le réalisateur avait-il besoin de nous en montrer autant ? En choisissant de se recentrer plutôt sur le combat de l’enseignante, le film aurait peut être gagner en dynamisme et fluidité.
Chala, une enfance cubaine est film qui ne manque pas d’ambition. Le film est indéniablement dépaysant, doté d’un message politique puissant, mais a du mal à maintenir notre attention tout du long à cause du rythme décousu et des nombreux clichés qui définissent le personnage de Chala. Il n’en reste pas moins un film attachant qui saura trouver son public lors de sa sortie.
SYNOPSIS
Chala, jeune cubain, malin et débrouillard, est livré à lui-même. Elevé par une mère défaillante qui lui témoigne peu d’amour, il prend soin d’elle et assume le foyer. Il rapporte de l’argent en élevant des chiens de combat. Ce serait un voyou des rues sans la protection de Carmela, son institutrice, et ses sentiments naissants pour sa camarade Yeni...
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1h48
– Titre original : Conducta
– Date de sortie : 23/03/2016
– Réalisateur : Ernesto Daranas
– Scénariste : Ernesto Daranas
– Interprètes : Armando Valdes Freira, Alina Rodriguez, Silva Aguila, Yuliet Cruz, Armando Miguel, Miriel Cejas, Idalmis Garcia, Amaly Junco
– Photographie : Alejandro Pérez
– Montage : Pedro Suárez
– Producteur : Mincult, ICAIC (Instituto Cubano del Arte e Industrias Cinematographicas
– Distributeur : Bodega Films
LIENS
– ALLOCINÉ
– IMDB
– SITE OFFICIEL
PORTFOLIO
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.














