Diamant noir : La critique
Dans son aspect sombre et dramatique, Diamant Noir est une réussite.
Hommage marqué au cinéma "Noir" américain, le film des frères Harari est un superbe exercice de style qui renvoie de manière assumée à la facture cinématographique des classiques du genre, notamment de Vincente Minnelli (Celui par qui le scandale arrive et d’Elia Kazan La fièvre dans le sang), que le réalisateur, Arthur, évoque comme références.
Et de références il n’en manque pas !
Il explique son choix d’une image qui "ait quelque chose de tranché, à la fois lyrique et incarné", parfaitement compris et mis en lumière par son frère, Tom, chef-op inspiré par les mêmes maîtres...
"... nous nous sommes aperçus que même chez quelqu’un que l’on adore comme John Cassavetes, dans Opening night, Love streams ou Meurtre d’un bookmaker chinois par exemple, il y a un héritage fort de ce courant formel du mélodrame américain, où les contrastes sont très marqués, les directions de lumière très affirmées et les couleurs éclatantes. A mes yeux, il n’y a aucune opposition entre une certaine inspiration réaliste et la stylisation la plus osée. Le lyrisme que l’on cherchait s’est aussi nourri d’influences plus baroques voire maniéristes, de De Palma à Sergio Leone en passant par Verhoeven et Fassbinder... "
De fait, le film a un côté rétro, pas si désagréable, qui plonge en effet le spectateur dans une atmosphère pour le coup assez familière, et relativement intemporelle, qui ravira les cinéphiles et leur rappellera peut-être, quelques souvenirs. Habillé par une musique personnelle "...transmise (en la sifflant !) au compositeur Olivier Marguerit", s’amuse le réalisateur, qui lui rend avec enthousiasme la paternité des différents thèmes qu’il lui a inspirés.
La distribution cosmopolite et la situation internationale de l’action, renforcent le sentiment d’isolement du protagoniste, perdu entre envie de vengeance et découverte d’un milieu qui le fascine...
Un scénario conventionnel, dont l’idée est extraite à l’origine, telle une pierre brute, de l’actualité : "Elle vient d’un producteur, Grégoire Debailly, qui avait lu un article dans Libération sur la recrudescence des braquages en Europe" souligne Harari, qui vient la tailler avec une envie de ciseler un récit plus classique. "Avec l’aide d’Olivier Séror, réalisateur, puis des scénaristes Vincent Poymiro et Agnès Feuvre, j’ai fait dériver la proposition en partant sur l’idée d’une variation autour du thème d’Hamlet, l’histoire d’un jeune homme qui veut venger son père en détruisant sa famille et qui, pour cela, entre dans un milieu qu’il ne connaît pas."
Une belle "affaire de famille"... un cinéma révérencieux et léché, qui montre à quel point les "frangins" sont eux mêmes fans du grand écran.
A apprécier... "sous tous les angles".
SYNOPSIS
Pier Ulmann vivote à Paris, entre chantiers et larcins qu’il commet pour le compte de Rachid, sa seule « famille ». Son histoire le rattrape le jour où son père est retrouvé mort dans la rue, après une longue déchéance. Bête noire d’une riche famille de diamantaires basée à Anvers, il ne lui laisse rien, à part l’histoire de son bannissement par les Ulmann et une soif amère de vengeance.
Sur l’invitation de son cousin Gabi, Pier se rend à Anvers pour rénover les bureaux de la prestigieuse firme Ulmann. La consigne de Rachid est simple : « Tu vas là-bas pour voir, et pour prendre. »
Mais un diamant a beaucoup de facettes…
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1h 55
– Titre original : Diamant Noir
– Date de sortie : 8 juin 2016
– Réalisateur : Arthur Harari
– Scénaristes : Arthur Harari, Vincent Poymiro, Agnes Feuvre
– Interprètes : Niels Schneider, August Diehl, Hans Peter Cloos
– Photographie : Tom Harari
– Montage : Laurent Senechal
– Musique : Olivier Marguerit
– Costumes : Sophie Lifshitz
– Décors : Véronique Sacrez
– Producteur : Les Films Pelléas
– Distributeur : Ad Vitam
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