Entre le ciel et l’enfer : La critique
Carlotta Films ressort en salle 9 long métrages d’Akira Kurosawa qui ont fait l’objet d’une restauration image et son par Wild Side à partir d’une numérisation HD de la Toho. Les films seront disponibles en coffrets collector édités par Wild Side et sortiront durant l’année 2016.
Entre le ciel et l’enfer est un excellent thriller, anxiogène et passionnant qui mélange état d’âme, enquête policière et critique acerbe des grandes industries.
L’histoire est adaptée du roman d’Ed McBain, Rançon sur un thème majeur portant sur l’enlèvement d’un jeune garçon et la demande de rançon exorbitante à son père riche. Un thème classique si ce n’est qu’il s’agit en fait de l’unique enfant du chauffeur. Ce postulat permet de montrer les interrogations du père qui en payant se retrouve ruiné et en ignorant la demande risque la mort du garçonnet.
Ainsi la première partie du film se concentre sur l’enlèvement et les atermoiements du père. En effet, ce dernier doit aussi s’employer à résister aux manigances de ses collègues essayant de faire une OPA sur l’entreprise qui les emploie tous. Les manipulations et le cynisme de ces hauts dirigeants est montré sans compromis et requin parmi les squales, le spectateur ne sait pas si l’homme d’affaire saura faire preuve de cœur et de compassion.
Quant à la deuxième partie, elle se concentre sur les enquêteurs qui essayent de retrouver le kidnappeur dans un jeu de chasse à l’homme grandeur nature.
Si la séquence du train est un grand moment épique de l’histoire qui s’achève de façon haletante, la mise en scène de Kurosawa s’éloigne fortement d’Hollywood dans cette traque méticuleuse et passionnante du kidnappeur. D’ailleurs les deux heures et demie du film semblent n’en durer que la moitié tant l’intrigue est palpitante et les multiples rebondissements captivants.
Les acteurs sont tous excellents. Toshirō Mifune est formidable en riche homme d’affaire rattrapé par la moralité. Tatsuya Nakadai est extrêmement convaincant dans le rôle de l’enquêteur opiniâtre. Ces deux acteurs fétiches de Kurosawa apportent tout leur talent à une histoire que n’aurait pas renié Alfred Hitchcock lui-même.
Entre le ciel et l’enfer est un magnifique thriller qui ne laisse pas de temps mort et brosse le portrait de deux individus opposés, un homme d’affaire volontaire et un kidnappeur brillant et méticuleux. Avec une critique acide du capitalisme et une réflexion poussée sur l’humanité, l’œuvre est fascinante et poignante de bout en bout. Akira Kurosawa montre un immense talent dans la réalisation d’une œuvre policière addictive qui n’a pas pris une ride malgré ses 50 ans.
Un film tout simplement magnifique !
SYNOPSIS
Industriel au sein d’une grande fabrique de chaussures, Kingo Gondo décide de rassembler tous ses biens afin de racheter les actions nécessaires pour devenir majoritaire. C’est à ce moment-là qu’il apprend que son fils Jun a été enlevé et qu’une rançon est exigée. Se produit alors un véritable coup de théâtre : ce n’est pas Jun mais Shin’ichi, le fils de son chauffeur, qui a été enlevé. Gondo est désormais face à un dilemme : doit-il dépenser toute sa fortune pour sauver l’enfant d’un autre ?
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 2 h 23
– Titre original : Tengoku to jigoku
– Date de sortie : 09/03/2016
– Réalisateur : Akira Kurosawa
– Scénariste : Eijiro Hisaita, Ryuzo Kikushima, Akira Kurosawa, Hideo Oguni d’après l’œuvre d’Ed McBain
– Interprètes : Toshirō Mifune, Chiaki Minoru, Eijirô Tôno, Masao Shimizu, Yutaka Sada, Masahiko Shimazu, Koji Mitsui, Kyu Sazanka, Susumu Fujita
– Photographie : Asakazu Nakai, Takao Saitô
– Musique : Masaru Satô
– Costumes : Miyuki Suzuki
– Décors : Yoshirô Muraki
– Producteur : Ryuzo Kikushima, Tomoyuki Tanaka pour Toho, Kurosawa Production
– Distributeur : Carlotta Films
LIENS
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– ALLOCINÉ
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PORTFOLIO
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