Un vrai faussaire : La critique

Date : 01 / 03 / 2016 à 10h07
Sources :

Unification


Un vrai faussaire dont le talent, lui très authentique, est reconnu jusqu’au tribunal ! Voilà le personnage au centre de ce documentaire atypique et profondément humain, que nous livre un Jean-Luc Léon visiblement charmé. De fait, le bonhomme, comme taillé pour la fiction, à la gouaille loubarde, nous raconte sa vie avec la verve d’un Audiard, et un humour style "années soixante".

Sa vie est un vrai roman ... qui nous est étrangement familier, tant il rassemble d’images ayant marqué le cinéma d’après guerre et des "trente glorieuses"... époque fort propice au genre d’existence qu’il a menée, clandestine et aventurière.

Un véritable scénario pour "série noire" :
"Né à Riorges, près de Roanne (Loire) le 17 juillet 1948 dans une maison close (l’hôtel du Cheval Blanc) de parents proxénètes, Guy Ribes passe son enfance et sa jeunesse dans la région lyonnaise. Son père, Jean-Baptiste Ribes, est un colosse mesurant plus de deux mètres ; sa mère, « Madame Jeanne », une gitane originaire de Murcie, en Espagne. Quand ceux-ci, qui possèdent aussi un cinéma, sont absents, ce sont les prostituées qui s’occupent du jeune Guy. Suite à la loi Marthe Richard, l’hôtel ferme, et ses parents sont arrêtés, jugés et emprisonnés. Il se retrouve alors en internat, où un père jésuite lui fait, à l’âge de huit ans, découvrir et travailler la peinture.
À onze ans il aide son père, sorti de prison, sur les marchés ; à douze ans il travaille en usine, à treize il dort dans la rue, et à seize il est apprenti dans un prestigieux atelier de dessins de soierie à Lyon, mais continue de peindre et vend ses toiles et aquarelles sur les marchés. Il garde néanmoins un pied dans le milieu, faisant même le portrait de la mère de Mémé Guérini, sur commande de ce dernier.
Après un passage dans la Marine nationale, il vit à Athènes, où il essaye de vivre de son art, peignant notamment deux décors pour le théâtre national grec, et fréquente la jet set locale. Il commence, en 1975, à copier des chefs-d’Tmuvre. Sa rencontre en 1984 avec un marchand de tableaux le fait devenir faussaire professionnel. Installé à Saint-Mandé dans un atelier, il réalise alors, souvent sur commande, des faux Chagall, Picasso, Dalí, Léger, Bonnard, Modigliani, Renoir, Laurencin, Braque, Vlaminck ou Matisse, ne faisant jamais de copie de tableaux existants, préférant peindre dans le style de l’artiste copié. Certaines de ses oeuvres sont même authentifiées comme vraies par des experts sincères, ou publiées dans la Gazette de l’Hôtel Drouot ; la propre fille de Marc Chagall s’y laisse aussi prendre, croyant d’un faux être une toile de son père. Il déclare avoir peint un millier de faux."

Rare sont les faussaires qui se livrent... évidemment, c’est après être passé par la case prison que Guy Ribes accepte des entretiens avec Jean-Baptiste Péretié. Avec lequel il signe en mars 2015 le livre « Autoportrait d’un faussaire », paru aux Presses de la Cité.

De son côté Jean Luc Léon, cherche depuis longtemps à explorer le sujet.
"L’idée m’est venue du film d’Orson Welles, F For Fake (Vérités et mensonges), que j’ai vu à sa sortie en 1973." explique-t-il "Comme son nom l’indique c’est un film qui joue sur la frontière ténue entre réalité et mensonge qui évoque des faussaires, en peinture mais aussi en littérature.
A la fin du film, une question vient immédiatement à l’esprit : « Et si un faux avait plus ou autant de valeur qu’un vrai ? ». Pas financièrement bien sûr… Le film de Welles sème le doute sur cette question, et personnellement je préfère les films qui sèment le doute plutôt que ceux qui assènent des vérités. En 1994, j’ai réalisé un documentaire sur le marché de l’art (Le Marchand l’Artiste et le Collectionneur) et j’ai tenté, sans succès, de trouver un faussaire qui se laisse filmer. Il a fallu le procès de Guy Ribes en 2010 pour que cela devienne possible."
Et c’est tant mieux. Quelque-part.

Le film se regarde comme une fiction. Passionnant témoignage d’une époque et d’un "art de vivre de l’arnaque", perdus. Qui nous entraîne dans un univers à part et hors du temps, qu’on pourrait croire imaginaire et pourtant bien réel...
Pour les nostalgiques et les curieux.

Vraiment bon !


SYNOPSIS


Peintre de talent et voyou, Guy Ribes, 65 ans, est le plus prolifique des faussaires français recensés à ce jour ayant inondé le marché de l’art pendant 30 ans. En 2005, la police a saisi plus d’une centaine de ses « faux » et en 2010 le Tribunal de Créteil l’a condamné à trois ans de prison, dont un an ferme. Guy Ribes n’a jamais rien copié. Ses Picasso, ses Matisse, ses Chagall, et autres Léger ont l’apparence trompeuse du « vrai » et égalent leurs inspirateurs. Mais combien de faux de sa main, authentifiés par des experts, vivent encore aux murs des collectionneurs, des galeries ou des musées ? Et dans les pages de catalogues raisonnés ?
Guy Ribes nous livre les secrets de fabrication de ses « balourds » contant, avec une gouaille de marlou, une vie de flambe, de plaisir et d’arnaques. La dernière, celle qui l’a fait tomber, sort tout droit d’une série noire. On y croise une veuve bidon, de faux héritiers, un « pigeon » suisse collectionneur et des marchands sans scrupules. Le policier qui l’a arrêté, le procureur, l’expert judiciaire et un collectionneur floué révèlent les autres facettes de ce personnage incroyable, qu’on pourrait croire sortir tout droit d’une fiction...
Tout au long du film, le pinceau de Guy Ribes crée sous nos yeux une toile qui semble être de la main des maitres qui l’ont inspiré.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE


 Durée du film : 1 h 30
 Titre original : Un vrai faussaire
 Date de sortie : 2 mars 2016
 Réalisateur, Photographie : Jean-Luc Leon
 Avec : Guy Ribes
 Montage : Ersnt Machpro
 Musique : Krishna Levy
 Producteur : Sylvie Faguer-ALBUM Productions
 Distributeur : Pretty Pictures

LIENS


 SITE OFFICIEL
 ALLOCINÉ
 IMDB

PORTFOLIO

Un vrai faussaire


Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.



 Charte des commentaires 


L’Enfant bélier : La critique
Elfie et les Super Elfkins : La critique
Hokum : La critique
Polvo serán : La critique
Drunken Noodles : La critique
Ted Lasso : Le teaser et la date de sortie de la saison 4
Unif’ TV : Visionnez Hans Zimmer - Le compositeur d’Hollywood
Enola Holmes 3 : Une date de sortie et des premières images
Il était une fois les séries : Homicide
Cinéma - Bandes annonces : 29 avril 2026
Star Wars - The Mandalorian & Grogu : Un retour aux sources (…)
Man Of Tomorrow : Des tournages dans une prison qui suscitent la (…)
John Rambo : Noah Centineo pense avoir triché pour obtenir son rôle
Paris Police 1910 : Critique des deux premiers épisodes Canal+
Avengers - Endgame : Jon Favreau reconnaît qu’il a eu tort
Unification france est copyright (c) 1997 - 2026 Unification France. Tous droits réservés.