Danish Girl : La critique
Danish Girl est l’adaptation du livre éponyme de David Ebershoff portant sur l’histoire de la première transsexuelle. Un livre qui a pris une certaine latitude par rapport à la véritable vie de Lili Elbe, mais en a préservé l’essence.
Le scénario est une adaptation réussie de l’œuvre de papier, bien que les quelques scènes ajoutées par rapport au roman m’aient un peu moins convaincues. Néanmoins, la progression de l’histoire est bien maintenue et l’alternance des chapitres montrant les points de vue des deux protagonistes principaux a été très bien géré à l’écran. Pas de flash back, une réduction du nombre de personnages, mais la caméra suit discrètement Einar/Lili et permet au spectateur de le/la côtoyer de près.
La reconstitution des années 20 de Copenhague, Paris et l’Allemagne est bien faite et permet en plus de se transposer dans le milieu de l’art de cette décennie. Les décors et costumes sont aussi soignés, tant pour les hommes que pour les femmes, les tenues de Lili étant notamment très bien trouvées.
Tom Hooper livre une belle réalisation qui sait s’effacer devant la vie, l’amour et la force des personnages. Point de misérabilisme ni de mélodrame, mais une mise en scène sobre qui met en valeur les deux protagonistes principaux et la relation très forte qui les unis.
Alexandre Desplat a lui aussi livré une belle composition qui s’estompe derrière les acteurs mais resurgit de belle manière dans les moments les plus emblématiques et poignants du film.
Le travail sur la lumière a lui aussi été très réussi, permettant d’offrir entre autre une palette de différentes saisons crédible, l’histoire se déroulant sur plusieurs années.
Mais c’est vraiment les comédiens qui illuminent le film. Si les rôles secondaires sont très bien interprétés avec un Matthias Schoenaerts en pleine forme, Eddie Redmayne et Alicia Vikander crèvent l’écran lorsqu’ils sont présents.
Certes, la véritable Lili était considérée comme une petite femme très frêle, mais finalement le physique plus imposant d’Eddie Redmayne passe bien et il n’a jamais l’air ridicule lorsqu’il porte une robe. A vrai dire, l’acteur incarne parfaitement cette femme enfermée dans un corps d’homme qui lui parait de plus en plus contraignant. Il est d’ailleurs difficile de ne pas tomber sous le charme de cette dame fragile et timide qui a des rêves simples et un grand courage.
Alicia Vikander est très bonne dans le rôle d’une épouse artiste, qui par amour pour son mari va l’aider à devenir ce qu’il veut alors que la société s’oppose à toutes « déviances ». Elle fait aussi preuve d’un grand courage et d’une immense abnégation dans le soutien indéfectible qu’elle porte à son conjoint.
Les deux acteurs se complètent à merveille et leur alchimie fonctionne parfaitement à l’écran. Ils réussissent à rendre justice aux deux véritables individus qu’étaient Gerda et Lili qui ont réussi en leur temps à faire évoluer les mentalités et ont ouvert une voie aux opérations de changement de sexe.
Danish Girl est un très beau film, fort et poignant sur des personnes hors du commun. Avec une belle réalisation, une musique délicate et des acteurs formidables, c’est une magnifique histoire qui se déroule devant nos yeux. Et pour la véritable histoire, Gerda a continué de peindre Lili, son modèle fétiche qui lui a permis de devenir célèbre, jusqu’à sa mort.
Émouvant et sensible, une histoire vraie qui méritait bien un film de qualité pour être contée.
SYNOPSIS
The Danish Girl retrace la remarquable histoire d’amour de Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, l’artiste danoise connue comme la première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930. Le mariage et le travail de Lili et Gerda évoluent alors qu’ils s’embarquent sur les territoires encore inconnus du transgenre.
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 2 h 00
– Titre original : Danish Girl
– Date de sortie : 20/01/2016
– Réalisateur : Tom Hooper
– Scénariste : Lucinda Coxon d’après l’œuvre de David Ebershoff
– Interprètes : Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Ben Whishaw, Amber Heard, Sebastian Koch, Matthias Schoenaerts, Tusse Silberg, Adrian Schiller
– Photographie : John Evans
– Montage : Melanie Oliver
– Musique : Alexandre Desplat
– Costumes : Paco Delgado
– Décors : Eve Stewart
– Producteur : Tim Bevan, Eric Fellner, Gail Mutrux, Anne Harrison, Tom Hooper pour Working Title Television, Pretty Pictures
– Distributeur : Universal Pictures International France
LIENS
– SITE OFFICIEL
– ALLOCINÉ
– IMDB
PORTFOLIO
Les illustrations des articles sont Copyright © de leurs ayants droits. Tous droits réservés.














