Blind Sun : La critique
Blind Sun est un film français qui commence bien, mais ne tient malheureusement pas la durée.
Il se focalise sur un étranger qui doit surveiller une riche villa en Grèce pendant une canicule interminable. C’est donc sur un huis clos que le scénario est basé. Et si les contacts du personnage principal avec les autres se font rare, l’histoire touche au genre quand des ombres se mettent à apparaître et l’angoisse à monter.
La scénariste, et réalisatrice, Joyce, A. Nashawati veut livrer un thriller lumineux, ce qu’elle réalise en partie. En effet, le soleil est aveuglant et écrasant et son omniprésence entraîne la dégradation mentale du protagoniste principal. Mais passé le premier tiers du film, ce dernier tourne en boucle n’apportant plus rien de surprenant à une histoire pas complètement maîtrisée. Ainsi, une certaine vision politique et économique s’invite dans le récit concernant le traitement de l’eau et la pénurie de cette denrée, mais la réalisatrice n’en fait rien.
La vision de l’étranger est aussi intéressante et sert de ressort à l’intrigue, mais là aussi cet élément s’essouffle et peine à convaincre sur du long terme.
Ziad Bakri est la vraie bonne surprise du film. L’acteur réussit à très bien incarner un personnage taiseux et tourmenté. Il porte littéralement le film sur ses épaules et sait faire monter la tension quand des événements indésirables arrivent.
La photographie est très belle et marque les esprits. Entre ce magnifique décor constitué par une villa cossue et un paysage aride écrasé par le soleil, les ombres sont encore plus inquiétantes.
Blind Sun est un thriller qui a un début accrocheur délivrant des promesses intéressantes, mais la dynamique de l’histoire ne se renouvelant pas, la lassitude émerge dans un dernier tiers qui traîne en longueur, d’autant que la fin laisse sceptique. À n’avoir pas vraiment su relier harmonieusement film de genre et psychologique, Joyce A. Nashawati réalise une œuvre inachevée, ce qui est d’autant plus dommage que le potentiel est présent. Toujours est-il que la photographie et la mise en scène sont vraiment intéressantes et que l’acteur principal est plus que convaincant.
J’adore les films de genre. En voir réalisés par des Français me rend toujours heureuse tant ce type de film est difficile à faire en France et les œuvres n’y sont pas soutenues. Il faut donc du courage pour se lancer dans une telle entreprise. Si l’œuvre de Joyce A. Nashawati ne m’a pas vraiment convaincue, j’irais découvrir son prochain film avec plaisir car la réalisatrice montre un véritable talent pour essayer quelque chose de différent.
À vous de voir si le sujet vous happe et vous fait oublier les redondances du long métrage.
Le film a eu le Prix de la Critique Internationale au Festival de Thessalonique 2015.
SYNOPSIS
Grèce. Futur proche. Une station balnéaire frappée par une vague de chaleur. L’eau se fait rare et la violence est prête à exploser. Ashraf, immigré solitaire, garde la villa d’une famille française en son absence. Dans ce paysage aride, écrasé par le soleil, il est arrêté par un policier pour un contrôle de papiers…
BANDE ANNONCE
FICHE TECHNIQUE
– Durée du film : 1 h 28
– Titre original : Heatwave
– Date de sortie : 20/04/2016
– Réalisateur : Joyce A. Nashawati
– Scénariste : Joyce A. Nashawati
– Interprètes : Ziad Bakri, Louis-Do de Lencquesaing, Yannis Stankoglou, Laurène Brun, Mimi Denissi, Yiorgos Gallos, Gwendoline Hamon, Vangelis Papatzanakis
– Photographie : Giorgos Arvanitis
– Montage : Sébastien Prangère
– Musique : Pierre Yves Casanova, Cédric Pilooski Marszewski
– Costumes : Agis Panagiotou
– Décors : William Mordos
– Producteur : Philippe Akoka, Vincent Brançon, Fenia Cossovitsa, Lionel Guedj, Dominique Marzotto, Alain Peyrollaz pour Good Lap Production, Movie Partners in Motion Film, To Be Continued, Blonde Audiovisual Productions
– Distributeur : Pretty Pictures
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