Nous trois ou rien : La critique

Date : 31 / 10 / 2015 à 09h25
Sources :

Unification


Le public connaît surtout Kheiron pour son rôle pivot dans la série Bref, où il jouait le rôle du « meilleur ami » du héros (ceux ayant vu la série comprendront l’utilisation des guillemets). Après un passage très remarqué dans le film Les gamins avec Max Boublil, et un one-man show qui a très bien fonctionné auprès du public, l’acteur et humoriste s’est lancé dans la réalisation pour raconter la destinée hors du commun de ses parents.

L’acteur a fait preuve de beaucoup d’ambition pour son premier film qui est à la croisée de plusieurs genres. Il est donc important de ne pas trop en dire sur le contenu afin de se laisser surprendre. Si l’histoire d’amour entre les parents du réalisateur constitue le fil conducteur du récit, le film bascule très habilement du drame historique à la chronique sociale de banlieue. Ainsi dans la première partie du film on a une reconstitution très juste de l’Iran sous le régime du Shah et celui de l’ayatollah Khomeini. Ensuite l’intrigue se déroule dans une cité de la ville de Stains en Seine-Saint-Denis, où nos héros y font des rencontres assez savoureuses.

Le choix des acteurs contribue énormément à la réussite du film. Keiron qui joue son propre père et Leïla Bekhti, sa mère, sont tous deux habités par leur rôle, ce qui rend leur histoire d’amour très convaincante. Alexandre Astier est très drôle dans son interprétation d’un Shah avide et incompétent. Gerard Darmon est lui aussi très bon dans le rôle du beau-père bourru au cœur tendre. Et que dire des interprètes jouant les proches de nos deux héros que ce soit en Iran ou dans la cité de Stains : tous apportent une humanité et une fraîcheur qui contribuent énormément à la crédibilité de l’histoire.

Si de nombreux moments tragiques jalonnent le destin de nos deux héros, Kheiron a su injecter un humour très percutant qui empêche le film de devenir trop larmoyant. En vérité, l’exploit notable du jeune réalisateur est d’avoir réussi à trouver l’équilibre délicat pour mettre en place une crédibilité historique, tout en y insufflant beaucoup de fantaisie, sans que cela ne devienne trop caricatural. Les running gags sont très réussis (« J’ai honte ! », « J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle... »), et certaines situations sont à mourir de rire (le cours de sexualité pour les mamans de la cité).

Vous l’aurez compris, pour un premier film, Nous trois ou rien est une vraie réussite. Un film unique à placer entre Persepolis et Argo. Le parcours des parents de Kheiron est un appel au mieux-vivre ensemble et sera peut-être à l’origine de nombreuses vocations. C’est un film parfaitement dans l’air du temps, riche de nombreux messages politiques, mais toujours amenés avec subtilité. On ressort de la salle, ravi, le sourire aux lèvres et ému d’avoir partagé ce bout de vie avec ces parents exceptionnels au parcours exemplaire.

SYNOPSIS

D’un petit village du sud de l’Iran aux cités parisiennes, Kheiron nous raconte le destin hors du commun de ses parents Hibat et Fereshteh, éternels optimistes, dans une comédie aux airs de conte universel qui évoque l’amour familial, le don de soi et surtout l’idéal d’un vivre-ensemble.

BANDE ANNONCE


FICHE TECHNIQUE

 Durée du film : 1 h 43
 Titre original : Nous trois ou rien
 Date de sortie : 4/11/2015
 Réalisateur : Kheiron
 Scénaristes : Kheiron
 Interprètes : Kheiron, Leïla Bekhti, Gérard Darmon, Zabou Breitman, Alexandre Astier, Arsène Mosca, Kyan Khojandi
 Photographie : Jean-François Hensgens
 Producteurs : Simon Istolainen, Benjamin Drouin
 Distributeur : Gaumont Distribution

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